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mardi, 03 juillet 2018 06:00

Iran Hassan Rohani, tournée européenne pour «parler de l’accord» sur le nucléaire

Écrit par Salim Bennour
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Le président iranien Hassan Rohani a entamé, hier lundi, un voyage, en Suisse et en Autriche, jugé «d’une importance capitale» à Téhéran pour la coopération entre la République islamique et l’Europe après le retrait américain de l’accord sur le nucléaire iranien.

Attendu à Zurich, M. Rohani s’est envolé de Téhéran, en début d’après-midi d’hier, à la tête d’une importante délégation, selon la télévision d’Etat iranienne. La visite en Suisse se poursuivra aujourd’hui, et, selon les autorités autrichiennes, M. Rohani sera demain à Vienne, où a été scellé en juillet 2015 l’accord international sur le nucléaire. Ce voyage sera «l’occasion de parler de l’avenir de l’accord», a déclaré M. Rohani avant de monter à bord de son avion. «Dans le contexte actuel du retrait des États-Unis (...) et des négociations intenses entre l’Iran et l’Europe pour trouver les moyens de préserver cet accord», ce voyage «est d’une importance capitale en ce qu’il pourra fournir un tableau plus précis de la coopération entre l’Iran et l’Europe», avait indiqué, samedi, l’agence semi-officielle Isna, citant le porte-parole des Affaires étrangères iranien, Bahram Ghassemi. En Suisse, le dirigeant iranien doit rencontrer le président de la Confédération helvétique, Alain Berset. Durant sa visite doit se tenir un forum économique irano-suisse sur l’alimentation et la santé. Selon l’agence officielle Irna, le voyage devrait également être l’occasion de signer des accords de coopération économique. A Vienne, M. Rohani doit rencontrer son homologue autrichien, Alexander Van der Bellen, et le chef du gouvernement, Sebastian Kurz. Selon la presse autrichienne, plusieurs mémorandums de coopération économique doivent être signés dans l’idée d’apporter des gages à la préservation de l’accord de 2015. L’Autriche assure, depuis dimanche dernier, pour six mois la présidence tournante de l’Union européenne (UE), et la Suisse représente les intérêts des États-Unis en Iran, en l’absence de relations diplomatiques entre ces deux pays. Avec son ministre des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, M. Rohani a été le principal artisan iranien de l’accord de Vienne, dont il a fait la pierre angulaire de sa politique d’ouverture vers l’Occident, qui lui vaut d’être sévèrement critiqué par le camp ultraconservateur iranien.
En mai dernier, le président américain Donald Trump a sorti unilatéralement son pays de l’accord, s’attirant les critiques des autres parties (Iran, Allemagne, Chine, France, Grande-Bretagne et Russie) à ce pacte validé par une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU. Berlin, Pékin, Paris, Londres, Moscou, et l’UE (associée au suivi de l’accord) ne cessent de proclamer leur attachement au texte, qu’ils présentent comme une victoire diplomatique en matière de la lutte contre la prolifération des armes nucléaires.
Alors que Téhéran se plaint du non- respect des promesses d’investissements auxquels il s’attendait après l’accord de Vienne, plusieurs grands groupes étrangers ont annoncé en juin leur intention de cesser toute activité en ou avec l’Iran par peur des sanctions à venir.
Le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, a enjoint l’Europe de fournir des «garanties» de nature économique qui permettraient à l’Iran de rester partie à l’accord. Faisant monter la pression, il a ordonné des préparatifs en vue d’une reprise rapide des activités nucléaires, suspendues par l’Iran en vertu de l’accord de Vienne, en cas d’échec des négociations avec l’UE. Début juin, M. Rohani s’était rendu en Chine pour des discussions sur l’avenir du texte avec ses homologues russe et chinois en marge d’un sommet international.

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