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lundi, 09 juillet 2018 06:00

Turquie Nouvelles purges avant l’investiture d’Erdogan

Écrit par Anis Remane
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Plus de 18 000 fonctionnaires ont été limogés en Turquie parmi lesquels de nombreux membres des forces de l’ordre, mais aussi des enseignants et universitaires, avant l’investiture aujourd’hui lundi du président Recep Tayyip Erdogan et une probable levée de l’état d’urgence en vigueur depuis deux ans après le coup d’Etat manqué.

Au total, 18 632 personnes, dont plus de 9 000 fonctionnaires de police et 6 000 membres des forces armées, ont vu leurs noms publiés dans le décret-loi publié avant-hier dimanche dans le Journal officiel. Par ailleurs, environ 1 000 employés du ministère de la Justice et 650 du ministère de l’Education ont également été renvoyés. Ce décret-loi est présenté comme le dernier pris sous l’état d’urgence instauré au lendemain du putsch manqué de juillet 2016 et sans cesse renouvelé depuis. La dernière période se termine officiellement le 19 juillet.
Les médias turcs, eux, affirment que ce régime d’exception sera levé aujourd’hui lundi après la prestation de serment du président Erdogan réélu le 24 juin pour un nouveau mandat, et dont la levée de l’état d’urgence était l’une des promesses de campagne.
Cette journée marquera également l’entrée en vigueur d’un système présidentiel en vertu d’une révision constitutionnelle adoptée par référendum en avril 2017.
Sous ce nouveau système, l’ensemble des pouvoirs exécutifs reviennent au président, qui pourra notamment promulguer des décrets présidentiels. « Le nouveau gouvernement sera annoncé lundi, le cabinet commencera à travailler et l’état d’urgence va être levé », a déclaré la semaine dernière le Premier ministre sortant, Binali Yildirim.
En ce qui concerne les purges ordonnées par le président Erdogan, 112 679 personnes avaient été limogées au 20 mars 2018, dont plus de 8 000 dans les forces armées, environ 33 000 parmi le personnel du ministère de l’Education et 31 000 au sein du ministère de l’Intérieur, dont 22 600 au sein de la Direction générale de la Sûreté. Selon l’ONG Human Rights Joint Platform (Ihop), qui a fourni ces chiffres, des milliers d’autres personnes ont été suspendues. Pour les justifier, les autorités turques ont accusé le prédicateur musulman Fethullah Gulen basé aux Etats-Unis d’avoir orchestré le coup d’Etat et ont procédé à des limogeages de personnes accusées de liens présumés avec lui.
Le gouvernement qualifie le mouvement d’«organisation terroriste Fethullah» ce que le prédicateur nie en insistant sur le caractère pacifique de l’organisation. Selon le gouvernement, 77 000 personnes ont été arrêtées pour des liens présumés avec Gulen et la répression ne semble pas faiblir avec des mandats d’arrêt émis vendredi contre 346 membres des forces armées soupçonnés de liens avec les instigateurs présumés du putsch manqué. Des milliers de personnes ont été également suspendues, renvoyées ou arrêtées pour liens présumés avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) qui mène une rébellion sanglante contre la Turquie depuis 1984. Le PKK est considéré comme une organisation terroriste par Ankara, mais aussi par l’UE et les Etats-Unis.
Par ailleurs, 12 associations, 3 journaux et une chaîne de télévision ont été fermés par décret dimanche. Parmi les journaux sanctionnés figurent le quotidien en langue kurde Welat édité dans la province de Diyarbakir (sud-est) ainsi que le journal prokurde Ozgurlukcu Demokrasi dont les locaux à Istanbul avaient été perquisitionnés par la police en mars.

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