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lundi, 17 septembre 2018 06:00

Pétrole L’Iran mécontent… de l’Opep

Écrit par Farid Messaoud
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L’Iran est mécontent au sujet de l’Opep, estimant que l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis en ont fait un outil au service des Etats-Unis. « C’est un fait que l’Opep perde de sa substance, son crédit, en tant qu’organisation, et devient un forum», a déclaré Hossein Kazempour Ardebili, le représentant de l’Iran à l’Opep, dans une interview à l’agence de presse Shana, qui dépend du ministère du Pétrole iranien. Il est clair que l’Iran n’est pas en odeur de sainteté avec ces deux pays-là. Téhéran les accuse de se ranger du côté des Etats-Unis pour déstabiliser le marché pétrolier et, du coup, affaiblir l’économie iranienne.

Dans cette région, les velléités hégémoniques de ces deux Etats sont de mise, le but étant de faire plaisir à l’administration de Trump et de gagner ses faveurs, une administration qui juge élevés les prix du pétrole dans un marché pas assez approvisionné, de son point de vue. Le président américain Donald Trump a exigé à plusieurs reprises que l’Opep augmente sa production et estimé que les autres pays devaient cesser d’acheter du pétrole venant d’Iran ou alors risquer des sanctions américaines. Il a même demandé à Riyad de faire le nécessaire de façon à ce que les prix du brut reviennent au niveau souhaité par les Etats-Unis. Le royaume s’est exécuté, il s’est empressé d’annoncer au président américain qu’il pourrait augmenter si nécessaire sa production de pétrole, affirmant qu’il disposait de capacités de production supplémentaire de l’ordre de deux millions de barils par jour (bpj). Que le sort s’acharne, Téhéran ne veut pas pour autant baisser les bras dans cette guerre diplomatique, menée à distance.
Tantôt, il a dû hausser le ton pour être certain que ces pays comprennent ce qu’il avait à dire sur ce qui se disait à son sujet de l’autre côté de l’Atlantique. L’Iran avait, par exemple, indiqué, il y a quelques semaines, que le pays allait baisser le prix de ses hydrocarbures à destination de ses clients asiatiques en prévision du rétablissement des sanctions américaines, lançant ainsi un pavé dans la mare. Tantôt, il a dû regarder vers le futur, empruntant des voies conciliantes, demandant le soutien de l’Opep pour affronter les sanctions américaines.
En effet, dans une lettre adressée au président en exercice de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole, l’Emirati Souhaïl al Mazrouei, le ministre iranien du Pétrole, Bijan Zanganeh, a appelé au respect de l’accord conclu en juin dernier avec des pays non membres de l’organisation pétrolière. Il a souligné que toute augmentation de production par un pays membre au-delà des engagements stipulés dans les décisions de l’Opep constituerait une violation de cet accord. « Je sollicite par la présente, Votre Excellence, pour rappeler aux pays membres de l’Opep d’adhérer à leurs engagements, de s’abstenir de toute mesure unilatérale qui nuirait à l’unité et à l’indépendance de l’Opep », a poursuivi le ministre. L’Organisation pétrolière et ses partenaires qui n’en sont pas membres, dont la Russie, s’étaient mis d’accord fin juin pour augmenter leur production, après un précédent accord fin 2016 pour limiter leur offre en visant une remontée des prix, une inflexion critiquée vigoureusement par l’Iran. L’Iran, membre fondateur de l’Opep, s’est ainsi opposé à cette décision, prise au moment où le pays fait face à de nouvelles sanctions américaines, après la décision de Washington de se retirer de l’accord de 2015 sur le nucléaire iranien, qui a réveillé les soucis sur l’offre, sur les marchés mondiaux. Il a estimé que c’était la responsabilité de l’Opep de restaurer l’équilibre entre l’offre et la demande plutôt que de boycotter ses membres fondateurs. Cependant, la production pétrolière iranienne a touché ses niveaux les plus bas depuis juillet 2016, de grands clients comme l’Inde ou la Chine prenant leurs distances avec Téhéran, en raison de sanctions américaines qui pourraient se concrétiser d’ici le 5 novembre prochain, selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE).

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