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mercredi, 05 décembre 2018 06:00

Union européenne : Frontex, Bruxelles appelle à adopter la réforme avant les élections

Écrit par Salim Bennour
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La Commission européenne a appelé, hier, à  une adoption avant les élections européennes  du projet de renforcement des gardes-frontières sous bannière de l’UE, malgré les réticences de certains pays s’inquiétant d’une perte de souveraineté. La proposition mise sur la table  en septembre par l’exécutif européen vise à intensifier la montée en puissance de Frontex, l’agence européenne chargée des frontières extérieures de l’UE, en mettant à sa disposition 10 000 agents mobilisables.


La Commission souhaite la doter de son propre équipement et d’un mandat élargi, avec notamment la possibilité d’intercepter des personnes traversant une frontière irrégulièrement, et propose aussi que l’agence participe à la coordination des expulsions. Elle «appelle le Parlement européen et les Etats membres à adopter la réforme avant les élections européennes», prévues fin mai 2019, selon un communiqué. Mais les projets de Bruxelles inquiètent des pays comme l’Italie, l’Espagne, la Grèce ou encore la Hongrie, soucieux de préserver leur souveraineté dans la gestion de leurs frontières. Le Premier ministre hongrois Viktor Orban, qui s’illustre régulièrement pour son hostilité assumée à l’accueil de migrants, a ainsi jugé «inacceptable» de céder aux «bureaucrates de Bruxelles» une part de souveraineté sur les frontières hongroises. Les opérations des gardes-frontières européens devront toujours se faire sous le contrôle des autorités nationales. Mais une disposition controversée du projet donnerait à la Commission le pouvoir de décider une intervention dans un pays jugé défaillant dans la protection des frontières extérieures, même si cet Etat membre ne le demande pas. Outre les épineuses questions de souveraineté, «il reste beaucoup de questions sur l’augmentation des effectifs, sur son rythme», a souligné un responsable européen.
La Commission a par ailleurs appelé hier à une adoption rapide de plusieurs pans de la réforme du système d’asile européen, en cours de négociation depuis la mi-2016, sans attendre de compromis sur la refonte conflictuelle et toujours bloquée du règlement de Dublin. Cette législation confie actuellement aux pays de première entrée dans l’UE la responsabilité principale du traitement des demandes d’asile. Pour alléger cette charge disproportionnée, la Commission propose de pouvoir à l’avenir déroger à ce principe en période de crise, avec une répartition ponctuelle des demandeurs d’asile dans l’UE depuis leur lieu d’arrivée. Mais des pays comme la Hongrie et la Pologne, soutenus par l’Autriche, s’y opposent frontalement, plaidant pour d’autres formes de solidarité entre Etats membres. «Notre proposition est encore vivante», a assuré le commissaire chargé des migrations, Dimitris Avramopoulos, lors d’une conférence de presse, appelant à une réforme qui pourrait «soulager les pays sous pression».

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