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mercredi, 09 janvier 2019 00:20

Turquie-Etats-Unis : Imbroglio politique diplomatique sur fond de bourbier syrien

Écrit par Anis Remane
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Les relations entre Washington et Ankara vont-elles connaître une nouvelle tension ? Après l’affaire du prédicateur en exil aux Etats-Unis Fethullah Gülen, accusé par Ankara d’avoir organisé la tentative de putsch de juillet 2016, c’est le dossier syrien qui risque d’opposer cette fois les deux parties. Le point de discorde, on le devine, concerne la question kurde et les milices actives en Syrie que la Turquie considère comme « terroristes ».


Hier mardi, Ankara a indiqué qu’elle attendait de Washington qu’elle récupère les armes livrées à des milices kurdes syriennes soutenues par la Maison Blanche contre les jihadistes, mais considérées comme «terroristes» par les autorités turques. «Ce que nous attendons, c’est que toutes les armes livrées soient récupérées», a déclaré le porte-parole de la présidence turque Ibrahim Kalin lors d’une conférence de presse à Ankara, après une rencontre avec le conseiller américain à la sécurité nationale John Bolton. «Ils nous ont dit qu’ils étaient en train d’y travailler, mais les détails deviendront plus clairs dans les prochains jours», a poursuivi M. Kalin, ajoutant qu’il n’y avait pour la Turquie «aucune alternative acceptable» à la récupération de ces armes.
M. Bolton et Kalin se sont entretenus mardi à Ankara au sujet du retrait américain du nord de la Syrie brusquement annoncé le mois dernier par le président américain Donald Trump. Leurs échanges n’a pas manqué de générer une nouvelle polémique puisque M. Kalin a catégoriquement démenti que le chef de l’Etat turc Recep Tayyip Erdogan s’était engagé auprès de Donald Trump à garantir la sécurité des milices kurdes après le retrait américain de Syrie, comme l’a affirmé lundi Mike Pompeo. «Le président Erdogan a pris un engagement auprès du président Trump lorsqu’ils ont discuté tous les deux de ce à quoi cela devrait ressembler - (un engagement selon lequel) les Turcs continueront la campagne contre l’EI après notre départ et feront en sorte que les gars avec qui nous avons combattus, qui nous ont assistés dans la campagne contre l’EI, soient protégés», a affirmé M. Pompeo à la chaîne CNBC lundi 7 janvier. «En ce qui concerne les déclarations de Pompeo, il n’est absolument pas question d’une telle assurance donnée lors des entretiens (entre Erdogan et Trump) ou via d’autres canaux», a déclaré M. Kalin. «Que personne n’attende de la Turquie qu’elle donne des assurances à une organisation terroriste», a-t-il lâché avant que John Bolton n’essuie l’ire du président turc Recep Tayyip Erdogan pour avoir défendu une milice kurde syrienne que la Turquie entend mettre en déroute. Lors d’un déplacement en Israël dimanche, le conseiller américain à la sécurité avait déclaré que le retrait des Etats-Unis de Syrie, annoncé le mois dernier par le président Donald Trump, serait notamment conditionné à des garanties concernant la sécurité de leurs alliés kurdes. Ces propos «sont pour nous inacceptables et impossibles à digérer», a déclaré M. Erdogan lors d’un discours, peu après la fin de l’entretien entre M. Bolton et Ibrahim Kalin. «Alors que ces gens sont des terroristes, certains disent «Ne touchez pas à ceux-là, ils sont kurdes». (...) Ils pourraient aussi bien être turcs, turkmènes ou arabes. D’où qu’ils viennent, si ce sont des terroristes, alors nous ferons le nécessaire», a lancé le président turc. «Nous allons très bientôt passer à l’action pour neutraliser les groupes terroristes en Syrie», a-t-il insisté. Le quotidien américain New York Times a publié lundi une tribune de M. Erdogan présentant la stratégie turque pour «stabiliser» la situation en Syrie et y éliminer les «racines» de la radicalisation après le retrait américain.
«Rythme adapté»
La Turquie, qui menace de lancer une nouvelle offensive dans le nord de la Syrie pour en éliminer les YPG, a envoyé ces dernières semaines des renforts militaires à la frontière syrienne. M. Kalin a affirmé la semaine dernière que les autorités turques attendaient d’obtenir de
M. Bolton, venu avec le chef d’état-major Joseph Dunford et l’envoyé spécial pour la coalition internationale antijihadiste James Jeffrey, des détails sur le plan de retrait des Etats-Unis qui comptent 2 000 hommes sur le terrain syrien. Depuis l’annonce de Donald Trump, le gouvernement américain multiplie en effet les messages destinés à gommer l’impression initiale de départ précipité. «Nous quitterons (la Syrie) à un rythme adapté tout en continuant en même temps à combattre l’EI et à faire ce qui est prudent et nécessaire pour tout le reste», a ainsi tweeté M. Trump lundi. L’annonce surprise du retrait américain et le flou qui entoure ses modalités et son calendrier ont poussé la Turquie à surseoir à l’offensive qu’elle semblait sur le point de déclencher mi-décembre dans le nord de la Syrie. «L’opération militaire turque est très peu probable tant que la question de la domination de l’espace aérien dans le nord-est de la Syrie n’a pas été résolue», estime selon l’AFP l’analyste militaire Metin Gürcan. Selon lui, il n’est pas encore clair si les Etats-Unis vont aussi se retirer de l’espace aérien syrien et, le cas échéant, si la Russie, alliée du régime syrien, va permettre à Ankara de mener des raids aériens en territoire syrien. L’EI «est actuellement à 350 km de la frontière turque. Comment est-ce que l’armée de l’air turque est censée les atteindre ? Sans le feu vert de Moscou, cela est impossible», explique-t-il. A l’issue de pourparlers en Russie fin décembre, Ankara et Moscou avaient annoncé vouloir «coordonner leurs actions» en Syrie après le retrait américain. M. Gürcan estime que la Turquie sera en mesure d’éradiquer l’EI si elle peut opérer sans entrave dans l’espace aérien syrien, mais d’autres experts sont plus sceptiques. «Pour que la Turquie réussisse cet exploit, elle aura besoin d’un soutien important de l’armée américaine, à tel point que cela reviendrait à un maintien de l’armée américaine en Syrie», affirme ainsi Nicholas Heras, expert du Center for a New American Security.n

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