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lundi, 02 juillet 2018 06:00

Batna La fête de «Thifsouine», succès et effet boomerang sur le patrimoine architectural

Écrit par Juba Rachid
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Différentes associations de valorisation et de protection du patrimoine de la ville de Menaâ tirent la sonnette d’alarme sur l’état de lieux du patrimoine architectural des villages célébrant la fête de « Thifsouine», des sites classés patrimoine naturel, mais non protégés, en quête d’une véritable implication et engagement des pouvoirs publics.

En effet, la ville de Menaâ, située entre Batna et Biskra, grâce à la relance de la fête du printemps «Thifsouine», impulsée par les différentes associations, s’inscrit aujourd’hui sur le circuit des guides touristiques, mettant en valeur ses atouts naturels, architecturaux, culturels et historiques. Cependant, grâce ou à cause de ce succès, Menaâ subit aujourd’hui un effet boomerang accentuant la dégradation du patrimoine naturel et architectural de la région. En effet, depuis une quinzaine d’années, œuvrant pour la promotion du tourisme culturel de la région, la fête millénaire « Thifsouine » est devenue un rendez-vous incontournable pour les habitants des Aurès, mais aussi des wilayas limitrophes. Aussi bien les citoyens que les autorités font le déplacement à Menaâ lors de chaque printemps pour assister à cette fête plurimillénaire, où un legs matériel et immatériel est au centre de toutes les attentions. Mettant ainsi en relief la beauté des rituels, des chants, des danses, des jeux traditionnels, de l’art culinaire, ainsi que l’organisation de plusieurs conférences et activités culturelles autour de cet héritage patrimonial.


Classée mais non protégée
Toutefois, une fois que la poudre du baroud festif se soit dissipés et les parures de la fête remisées, le revers de la médaille est dévoilé au grand jour. En effet, loin des festivités conjoncturelles marquées par des campagnes de nettoyage et fardage, l’état des lieux est peu reluisant, au point même où les membres des différentes associations pour la protection de la séculaire dechra pensent mettre fin à célébration de la fête du printemps. Nabil, architecte et membre de l’une des associations de la ville, affirme à ce sujet que «la fête du printemps fait plus de mal que de bien au patrimoine que nous essayons de protéger. Nous ne tirons aucun avantage concret pour sa protection», expliquant avec beaucoup de tristesse «qu’aucun projet de protection des lieux ou du moins d’un périmètre de protection qu’on nous promet depuis des années n’a été réalisé». Face à ce constat, le directeur de la culture de la wilaya de Batna, M. Kabour, nous déclare sans aucun détour : «Nous sommes dans l’embarras. Menaâ est classée patrimoine naturel. Mais classée ne signifie pas protégée, soyons clairs. » Le premier responsable de la direction de culture de Batna explique ce paradoxe entre classement et protection qu’à «Menaâ il y a trois villages qu’on doit protéger et sauvegarder des intempéries mais surtout de la main de l’homme. Le souci est technique plus qu’autre chose. Le site est partagé entre le tourisme et la culture. Les Assemblées populaires ne bénéficient cependant d’aucun budget et nous sommes incapables d’engager un topographe pour faire un relevé des lieux car la question qui se pose et qui va le payer ? » Face à cette triste réalité du désengagent des autorités locales, au moment où les discours officiels des hautes autorités est d’œuvrer à la dynamisation du secteur du tourisme et de l’agriculture, les citoyens retroussent leurs manches et prennent les choses en main, armés de leur volonté et peu de moyens.
Cependant, le mouvement associatif pointe du doigt les lourdeurs administratives et les nombreuses entraves qu’ils subissent dans leurs différentes actions pour une réelle prise en charge de la dynamisation du tourisme dans la région. Ainsi, parmi les récentes initiatives citoyenne, la réalisation en cours d’une effigie de Germaine Tillon par un ancien élève de l’Ecole des beaux-arts et à titre gracieux. Les membres de l’association pour la protection du patrimoine matériel à Menaâ espèrent qu’une fois l’effigie de Germaine Tillon achevée, les entraves administratives seront levées et que la procédure soit simplifiée pour pouvoir ériger cette œuvre. Elle sera certainement un élément attractif pour les touristes tout en rendant hommage à l’ethnologue qui a marqué l’histoire de cette région.
En effet, au milieu des années trente, l’ethnologue française a séjourné pendant longtemps dans la région de Menaâ, où elle a notamment appris la langue chaoui et recueilli un grand nombre de contes et légendes. Aujourd’hui, les films mis en ligne sur les réseaux sociaux viennent étayer ces dires et témoigner de l’amour qu’avait cette dame centenaire pour Menaâ et sa région, mais aussi sa prise de position pour l’indépendance de l’Algérie. Autant d’éléments en faveur de la promotion de la région pour peu que les pouvoir publics s’impliquent réellement à travailler main dans la main avec les associations locales dans un partenariat gagnant/gagnant.

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