Pokemon Go app download for android. Get Prisma app for android and edit pics. prisam apk.
dimanche, 11 novembre 2018 06:00

Maya Ouabadi, fondatrice de la revue «Fassl» : «L’envie de faire de la critique littéraire»

Écrit par Fayçal Métaoui
Évaluer cet élément
(0 Votes)

Fassl est la première revue algérienne bilingue de critique littéraire. Publiée, fin octobre 2018, par les éditions Motifs, à Alger, la revue est dirigée par Maya Ouabadi. Des exemplaires étaient disponibles au 23e Salon international du livre d’Alger (Sila).


Reporters : A l’occasion du 23e Salon international du livre d’Alger, vous avez lancé «Fassl», une revue de critique littéraire. La première du genre. Elle se distingue autant par la forme que par le fond. Comment est né ce projet ?
Maya Ouabadi : J’avais une envie de faire de la critique littéraire. L’idée m’est venue après avoir activé longtemps dans le domaine de l’édition. J’ai travaillé sur les livres avant leur publication. J’étais frustrée de ne pas lire assez de critiques une fois les livres publiés. J’avais donc envie de combler ce vide en lançant moi-même une revue littéraire. J’ai sollicité des personnes qui écrivent en général sur la littérature dans des sites ou dans des journaux et qui avaient envie d’avoir plus d’espace et plus de temps pour écrire. La revue le permet. «Fassl» est une revue trimestrielle ; cela laisse le temps d’écrire des articles de fond. Il n’y a aucune restriction de longueur : les collaborateurs écrivent des articles aussi longs qui le souhaitent. Idem pour les entretiens. Ils ne sont pas obligés de couper. Ils ne sont pas obligés de s’adapter au format journal (limitation des signes et des mots pour les articles). Comme j’avais l’intention d’éditer peu d’exemplaires, bien que le public pour ce genre de revues est restreint et que les prix d’impression sont exorbitants, j’ai opté pour la fabrication maison de «Fassl» pour des raisons pratiques. Les designers du studio Graf-M ont proposé que la fabrication soit artisanale avec l’utilisation d’une petite imprimante et du papier pas cher. Le papier est ensuite cousu et collé à la main. Le travail se fait en groupe.

Pour le numéro 0 de cet automne 2018, vous avez choisi de publier un dossier sur «La décennie 1990 dans la littérature». Pourquoi ce choix ?

Déjà, on est en 2018, trente ans après les événements d’octobre 1988. Les romans parus récemment reviennent sur la période des années 1990, alors qu’auparavant, il n’y avait pas ou peu d’écrits. Mais, ce choix est venu un peu par hasard.
J’ai demandé aux contributeurs d’écrire sur le livre qu’il souhaitait. J’ai eu des propositions qui allaient toutes dans le même sens. On m’a proposé une interview de Adlène Meddi (auteur du roman «1994» sur les années de violences), un papier critique sur le roman «Dédales, la nuit de la grande discorde» de Hmida Layachi. Forcément, on a décidé de faire un dossier constitué d’entretiens, de critiques et des lectures comparées qui traitent de la même thématique.

Vous proposerez, donc, un dossier pour chaque numéro ?

Oui. C’est ce que nous comptons faire. Le dossier est commun à la langue arabe et française. Tous les entretiens sont traduits. Il y a des livres qui sont écrits en arabe et en français et qui sont réunis dans le même dossier. Mais, les critiques ne sont pas traduites. Il y a des critiques pour chaque langue. L’idée est de faire un contenu plus riche.

«Fassl» s’intéresse-t-elle uniquement à la littérature algérienne ?

Pour ce numéro 0, des auteurs étrangers apportent leur contribution comme le Marocain Mahi Binebine ou le Congolais In Koli Jean Bofane, etc. Donc, les littératures de l’Algérie, du Maghreb et de l’Afrique seront abordées par la revue, essentiellement.

Et pour le nom de la revue, «Fassl»?
Chapitre et saison en même temps, puisque le mot «fassl» en arabe a les deux significations. Une saison dure trois mois et la revue paraît chaque trois mois.

Comment est la critique littéraire en Algérie ?

La critique littéraire dans les journaux et dans les sites d’information est assurée par des journalistes culturels qui couvrent tous les domaines et qui ont peu d’espaces. Il y a chez eux une forme de frustration de n’avoir pas suffisamment d’espace et de temps pour écrire et surtout de se spécialiser en littérature. En lisant, on sent que certains journalistes, qui écrivent sur tout, ont un penchant pour la littérature, pour la musique ou autre. La revue permet de se spécialiser dans la critique littéraire. C’est ce qui manque chez nous.

Ce n’est donc pas de la critique académique ?

Nous avons avec nous Lynda-Nawel Tebbani qui est chercheuse, mais qui est également romancière. Il y a aussi Salah Badis qui est auteur et qui écrit pour les journaux, Sara Kharfi qui est journaliste... Le principe est que tout le monde écrive différemment de ce qu’il fait habituellement. La chercheuse va écrire d’une manière moins académique et la journaliste d’une manière plus approfondie et plus long. En fait, c’est vraiment une écriture adaptée au format revue.

Laissez un commentaire