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samedi, 08 décembre 2018 06:00

«Frères ennemis» de David Oelhoffen : Reda Kateb et Ahmed Benaïssa, vedettes d’un polar français

Écrit par Fadila Djouder
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Le réalisateur et cinéaste français David Oelhoffen, proposant une approche différente du polar avec son dernier-né «Frères ennemis», est entré dans la compétition du 9e Festival international du cinéma d’Alger (Fica), à l’occasion de la projection de son long métrage de fiction mercredi dernier à la salle Ibn Zeydoun de l’Office Riadh El Feth en présence du comédien Reda Kateb.

« Frères ennemis» se base sur l’histoire dramatique qui réunit deux amis d’enfance, l’un est devenu trafiquant, alors que l’autre est flic. Ce film inverse les rôles et démonte qu’un fils d’immigré n’est pas forcément un criminel.
Le nombreux public présent a ainsi découvert l’histoire de Manuel Marco (Matthias Schoenaerts) et Driss (Reda Kateb), capitaine dans la brigade des stups, qui ont grandi comme deux frères inséparables dans la même cité. Mais, aujourd’hui, tout les oppose. Manuel est à la tête d’un trafic de drogue, alors que Driss est devenu flic. Quand celui-ci est promu aux stups, son retour bouleverse les équilibres et mettra Manuel en danger. Manuel, enfant orphelin, a trouvé une famille au sein d’un foyer de trafiquants, où son parrain n’est que Raji, dont le rôle est interprété par le brillant comédien algérien Ahmed Benaïssa.
Un jour, alors que Manuel part avec ses complices livrer des paquets de cocaïne, ils se font intercepter par d’autres trafiquants, dont on ne saura pas l’identité. Ses coéquipiers se feront descendre et Manuel réussira à s’échapper. Ce dernier sera en planque et trouvera de l’aide chez son ami d’enfance, mais cela le mettra tout de suite en danger. Manuel suspectera son parrain et le tuera avant qu’il ne soit assassiné lui aussi par un inconnu.
Lors du débat qui a succédé la projection, l’acteur franco-algérien Reda Kateb confie aux présents que «c’est ma deuxième expérience avec le réalisateur, c’est un ami. J’ai fait beaucoup de débats avec lui. J’avoue que j’aime beaucoup la série « Gomora », j’aime beaucoup le film, « l’Ecriture». Il ajoute que «David Oelhoffen est vraiment parti d’une enquête où il a interrogé des trafiquants. Il s’est rendu compte qu’il y avait une vraie différence entre les gens qu’il a rencontrés et l’image un peu d’Epinal qu’on a des trafiquants de drogue, ce sont des films différents. Le réalisateur a aussi enquêté dans le milieu de la police». 
A propos de l’esthétique du film, marquée par un rythme soutenu et réaliste, caméra à l’épaule, «nous l’avons tourné avec un petit budget, il fallait trouver une esthétique qui corresponde à notre plan de travail ou encore à une forme d’urgence. Donc la caméra à l’épaule était vraiment la plus appropriée et pour cette légèreté aussi qu’elle nous permettait dans le jeu», dira Reda Kateb. Avant d’expliquer : «Avec une caméra à l’épaule, on peut de temps en temps changer de mouvement. On est moins dans des marques et des bouts de scotchs par terre. Et cela donne quelque chose de très incarné et très nerveux. De très instable. Comme la vie de ses personnages qui ne se posent jamais.»
Quant au rôle interprété par le rappeur à succès Fianso, incarnant, le personnage de Fouad, le complice assassiné de Manuel, le comédien algérien affirme que «David l’a remarqué lors d’un essai.
Sofiane a passé un casting très simplement sans venir comme une vedette et en plus, c’était peu avant qu’il n’explose comme c’est le cas en ce moment. David Oelhoffen l’a vraiment choisi comme acteur parce qu’il était bon et convaincant dans ses essais».
En ajoutant qu’«il a beaucoup apporté au film. Dès le début, il a fait des propositions de dialogues avec des choses plus réalistes sur le langage de la génération aujourd’hui, étant donné que David et moi, nous appartenons à la génération d’avant».

Les criminels ne sont pas toujours arabes
Par ailleurs, Reda Kateb a rappelé que dans certains films, les bandits sont toujours les Arabes. «J’ai trouvé intéressant, dans ce film que le flic des stups soit un enfant d’immigrés algériens et que le voyou, un orphelin, présumé portugais, ou même pourquoi pas, flamand, qui a trouvé une famille chez ces bandits-là, chez Raji qu’il considère comme un père. Son attachement est vraiment d’ordre familial», a-t-il précisé. «C’est ce qui fait qu’on n’a pas voulu faire juste un polar, un film de flic et de voyou mais de raconter vraiment une tragédie avec tous ses éléments. Un destin de personnages prédestinés, car dès le départ, on sait que les dés sont jetés et que cela finira mal», a-t-il noté. Selon lui, «ce film parle de la condition et de l’affranchissement, un des sujets principaux », est de se demander « ce qui se passera quand on essaye de changer de case dans la société, ou changer de milieu d’origine et quel prix doit-on payer ?» Reda Kateb met ainsi en exergue, à ce propos, que «très souvent dans des films, nous avons l’impression que les flics vivent comme des flics et les voyous que comme des voyous mais, en fait, ce sont des gens qui ont des sentiments… c’est entremêlé». Avant de poursuivre. «Le réalisateur a, cependant, cherché à leur prêter des raisons à chacun d’entre eux. Qu’est-ce qui fait qu’à un moment donné, Driss devienne flic et Emmanuel voyou ? Les rôles auraient pu être inversés. Qu’est-ce qui fait, à un moment, que les choses basculent d’un côté ou de l’autre ? C’est cela qu’a voulu traiter le film. » D’autre part, l’intervenant dira : «Il n’y a pas de romantisme de voyou ou de flic, en fait. Une des plus belles choses qu’on nous a dites, lors des débats, dans les banlieues en France après que des jeunes aient assisté à ce film, cela ne leur donne aucune envie de mener de telles vies. Le cinéma a quelque chose d’un peu cynique. Il peut parfois générer des carrières dans le banditisme mais en donnant une fausse image de la réalité». Il renchérit en estimant que «la réalité, c’est que c’est pourri… Et même celui qui a réussi, habite encore en bas de la cité. Il gagne beaucoup d’argent mais il ne peut même pas le dépenser. Il y a la paranoïa et tout ce qui va avec», a-t-il poursuivi. Lors de cette rencontre avec les cinéphiles présents au 9e Fica, Reda Kateb a également fait part de ses prochains projets en annonçant : «Je vais bientôt tourner dans un film intitulé ‘‘Le chant du loup’’. Ce sera le premier film de sous-marin. Un film de grand spectacle. C’est avec Omar Sy et Mathieu Kassovitz. » Il a aussi rappelé : «J’ai également participé au film les ‘‘Intouchables’’ d’Eric Toledano et Olivier Nakache, dont le tournage s’est achevé il y a seulement une semaine.»

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