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lundi, 14 janvier 2019 06:00

Arts plastiques : Noureddine Chegrane s’expose à la Fondation Asselah

Écrit par Sihem Bounabi
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La Fondation Asselah accueille, jusqu’au 22 janvier prochain, une exposition d’une quarantaine d’œuvres  de l’un des plus grands artistes-peintres algériens Nourredine Chegrane.

A travers les toiles de différents formats, Nouredinne Chegrane, avec sa touche si personnelle, convie les visiteurs à pénétrer dans un univers aux couleurs chaudes, dans des lignes fluides qui se meuvent dans une symphonie de tons, signes et de symboliques. Captivant le regard et l’esprit, cette symphonie picturale enveloppe tous ceux qui franchissent le seuil de la Fondation dans une douce ambiance d’émerveillement et de sérénité.
Présent sur place, échangeant avec les visiteurs, sourire aux lèvres et d’une voix posée, l’artiste humble et généreux nous explique qu’«il y a des périodes où on a besoin de s’émerveiller et de rêver. Surtout en ce moment. Ce n’est pas spécialement l’Algérie qui est concernée, mais nous sommes dans un contexte où tous les citoyens du monde ont besoin de partager, de pouvoir rêver et surtout de paix». Il précise à ce sujet que «c’est surtout à cela que j’aspire à travers les œuvres que je présente dans cette exposition. Je considère que l’art peut avoir aussi cet effet thérapeutique. Surtout, lorsqu’on est face à une œuvre qui invite à la contemplation et à la sérénité. Et plus important encore, cela invite à rêver. Car, aujourd’hui, l’humain a vraiment besoin de renouer avec sa capacité à rêver et de nourrir l’espoir».
A propos de la musicalité qui ressort de ses œuvres, tant dans les différentes gammes de la palette des couleurs que dans le mouvement et l’harmonie des lignes et des symboles, Chegrane nous confie avec un large sourire : «J’aime la musique et j’écoute toutes les musiques qui sont agréables à l’oreille. La peinture c’est la même chose, c’est quelque chose qui plaît à l’œil et qui éveille les sens. C’est comme la musique, mais il faudrait qu’elle ait un sens. C’est ce qu’il faut prendre en considération, œuvrer à aller vers l’explication de ce sens.» Tout en précisant que le message à travers son exposition «Feeling» est avant tout un message d’amour et de paix, l’artiste-peintre précurseur dans l’introduction des signes et symboliques du patrimoine culturel algérien dans l’art contemporain, notamment avec le mouvement «Aouchem», confie à «Reporters» à propos de sa démarche esthétique, que «la touche Chegrane est l’expression. C’est une gestuelle où le signe devient symbole. Le père du symbole, c’est le signe. Tout est signe dans la vie, un signe à partir du moment où vous le symbolisez, il devient porteur d’un sens. Quand on argumente, on entre dans toute une philosophie. Certes, il peut paraître simple au départ, mais cela raconte beaucoup de choses».

La femme, le signe et le symbole
Dans la série d’œuvres visible pour le grand public jusqu’au 22 janvier prochain, à la Fondation Asselah, située juste en face du Parc Sophia d’Alger-Centre, la femme, ou plutôt la symbolique de la femme, est omniprésente, en tant que thème central qu’élément faisant partie d’un ensemble de signes. A ce propos, l’artiste explique que «dès mes débuts, j’ai été très influencé par Mohamed Issiakhem, où la femme est fortement présente dans ses œuvres». Il précisera toutefois que le terme influence signifie inspiration, c’est-à-dire s’imprégner de cet héritage d’Issiakhem et se le réapproprier avec son propre langage pictural. Ainsi, les silhouettes féminines d’Issiakhem sont transcendées dans les œuvres de Chegrane dans une composition de symboles et d’écritures. L’artiste-peintre illustre sa conception de la représentation de la femme avec le tableau représentant une femme qui danse, en soulignant que «la femme ici est schématisée, donc elle devient un symbole. C’est une manière de transposer l’image classique de la femme, son anatomie et sa beauté pour que ne demeure que l’essence de cette figure féminine». Il ajoutera à propos de la fluidité des lignes et de la palette de couleurs de cette œuvre : «Je veux que beaucoup de chaleur se dégage de mes œuvres et je les veux aussi musicales. En vérité, il n’y a pas de grande différence entre la peinture et la musique.» A propos de l’importance de l’échange avec le public, l’artiste-peintre, riche d’une carrière prolixe de plus d’une quarantaine d’années, estime que «l’échange avec le public est très important. En art, dès que l’œuvre est accrochée, elle n’appartient plus à l’artiste mais au public. Car il n’y a pas un seul public, mais plusieurs, avec des visions et des tendances différentes. Et nous, en tant qu’artistes, on a besoin de cela car c’est avec la vision de l’autre que nous pouvons agrémenter un peu notre travail». Il poursuit en précisant qu’«à l’instant présent, l’impression de l’autre est très importante, car l’artiste peut recevoir et percevoir des idées qui peuvent l’enrichir mentalement et techniquement, car l’art est en perpétuelle quête non pas du parfait mais du fait dans l’instant présent». Nourredine Chegrane nous confie également : «Je suis quelqu’un de très curieux et très gourmand, dans le sens culturel et artistique du terme et cela se nourrit également de l’échange avec l’autre, même si ce sont des critiques constructives. Je reconnais, que je reçois beaucoup de compliments, mais la véritable reconnaissance est celle du public.»

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