Pokemon Go app download for android. Get Prisma app for android and edit pics. prisam apk.

francealgerie

mardi, 10 juillet 2018 06:00

entretien : Entretien avec l’architecte Meguellati Hanane : « J’ai pris conscience de l’état de notre patrimoine et du risque de le perdre à jamais »

Écrit par JUBA RACHID
Évaluer cet élément
(0 Votes)

Pourquoi ailleurs et pas chez nous ? C’est l’une des questions que s’est posée, depuis le début de sa formation, la jeune architecte Hanane Meguellati. Après son diplôme de mastère 2 en architecture décroché récemment dans une école à Paris, cette jeune passionnée de patrimoine a choisi de s’intéresser au thème de l’écotourisme et de la réhabilitation du patrimoine architectural.

Son centre d’intérêt est la région de Ghouffi, un site près de Batna, mondialement connu pour sa beauté et la singularité de l’hôtel Transat, datant de l’époque coloniale, incrusté à même la roche. Après avoir effectué des recherches sur le site dans son ensemble et sur cet établissement, en particulier, préoccupée par l’état de dégradation dans lequel il se trouve, Hanane Meguellati estime qu’une réhabilitation du lieu est possible. La jeune architecte dit être prête à relever le défi. Entretien

Reporters : Pourquoi le choix du thème patrimoine éco touristique et ce projet en ce moment ?
Hanane Meguellati : L’intitulé exact du mémoire est «Le patrimoine éco touristique au pays chaoui, quand l’espace architectural retrace l’évolution et la dynamique d’une civilisation». Cela s’applique partout et c’est très tendance dans le monde entier et pour moult raisons. Je me suis dit pourquoi pas chez nous. Sachant que la pratique est ancestrale, le Berbère des Aurès construisait déjà avec des matériaux pris sur les lieux et qui répondent aux besoins de l’habitant, en plus de s’intégrer pour être en harmonie avec l’environnement, voire même le paysage. Si l’esthétique n’est pas recherchée, elle y est car on ne détecte aucune agression envers la nature.


L’idée donc est nouvelle ?
L’idée de promouvoir l’écotourisme auressien par la réhabilitation m’est venue en 1re année de mastère. Mon projet de recherche était comment promouvoir l’écotourisme auressien dans le cas El Kantara ? En faisant mes recherches, j’ai réellement pris conscience de l’état de notre patrimoine et du risque de le perdre à jamais, et c’est là que j’ai eu un déclic. Je me suis dit que cela ne peut pas continuer ainsi, il faut faire quelque chose pour sauver ce patrimoine identitaire.


Pourquoi spécialement le Ghouffi ?
Ce n’est qu’un retour aux origines, ou faut-il encore attendre que d’autres le fassent à notre place ? J’ai constaté que des jeunes à travers le pays chaoui s’intéressent sérieusement au patrimoine, aussi bien matériel qu’immatériel. Il y a pleines de nouvelles productions écrites, dictionnaires, grammaire, toponymie, chants et poésies, alors j’apporte ma contribution à ce réveil et renaissance dont je suis fière d’en faire partie, après tant d’années de silence.


Vous avez bénéficié d’une aide ou d’une contribution quelconque ?
Je ne sais pas ce que vous entendez par aides. Les citoyens m’ont indiqué l’ancienne route de l’ancien hôtel de Ghouffi, d’autres qui m’ont invité ou m’ont aidé à transporter mon matériel. C’est la meilleure et la plus saine des aides que je puisse attendre, celle de la compréhension des habitants et leur accueil. J’ai entamé mes études et je continue ces études à mes frais, il n’est plus question d’attendre, le temps presse. Je veux profiter de cette dynamique et de cet élan pour démontrer que nous avons un patrimoine inestimable et aussi un circuit touristique qui peuvent créer une richesse et faire vivre, en réalité revivre, toute une région qui connaît, ou du moins, a une idée de la culture du tourisme et du touriste.


Y a-t-il une démarche que vous avez entamée dans ce sens ?
Bien sûr, j’ai informé l’autorité locale, en l’occurrence le wali de Batna, M. Sayouda, à qui j’ai fait parvenir mon étude détaillée. Mais je compte me déplacer dès mon retour au pays pour voir les responsables locaux de la commune de Ghaissira. Et surtout les citoyens qui sont mes partenaires dans cette démarche, afin d’impliquer les plus proches de ce site, c’est-à-dire ses habitants, sans quoi rien ne se fera.


Vous allez avoir du travail, beaucoup de travail ?
Je ne demande que ça et je ne le crains pas, car j’ai constaté que les habitants et citoyens de Ghoufi ont gardé le savoir-faire de comment bâtir en terre, comment faire une agriculture en banquette, comment irriguer avec économie… Je suis optimiste et nous allons certainement êtres pionniers en la matière et si nous ne le sommes pas nous aurons le mérite d’avoir contribué.

Laissez un commentaire