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jeudi, 20 avril 2017 06:00

chronique des 2 Rives :La France à la croisée des chemins : Dernière ligne droite et flou total (4)

Écrit par Abdelmadjid KAOUAH
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En France, c’’est la dernière ligne droite de la campagne électorale de la présidentielle 2017. Le premier tour du scrutin de l’élection présidentielle se déroulera le 24 avril ! C’est dire qu’il n’y a plus de temps à perdre. Les 11 candidats multiplient les meetings, les rencontres et les interventions dans les médias. Grands ou petits candidats, ils bénéficient dans cette dernière ligne droite du même temps d’intervention médiatique.

C’est ainsi que du jour au lendemain, le candidat du NPA est devenu une icône dont l’aura populaire rayonne jusqu’aux Etats-Unis. Bien sûr, M. Poutu et ses compagnons ne se font pas d’illusion sur leur score final. Au contraire de l’iconoclaste Jean Lassalle dont on retiendra les saillies et l’accent rocailleux qui sent bon la France profonde. Le berger qu’il fut aura fait entendre son message et ses adages. D’autres croient, ou donnent du moins l’impression, de croire en leur bonne étoile et prédisent des surprises. C’est le cas de Nicolas Dupont-Aigneau de « Debout la France», qui navigue entre horizon souverainiste et gaullien et dont certaines mesures ne dénotent pas avec les antiennes du Front national… Critique vis-à-vis de l’Europe, il n’envisage pas pour autant d’en sortir. Toujours chez lesdits «petits candidats», Jacques Cheminade de «sensibilité socialiste» est à sa manière un eurosceptique. Il appelle à un programme spatial pour coloniser d’autres planètes de l’univers. Ce qui ne manque pas de lui attirer des piques ironiques. Mais c’est un homme d’une grande culture. Nathalie Arthaud de Lutte Ouvrière poursuit vaillamment ses appels du « camp des travailleurs ». Cette enseignante, qui a succédé à l’emblématique Arlette Laguiller, a pris de l’étoffe et ses réparties cinglantes sur le capital procèdent du rêve révolutionnaire du « Grand soir »…


Benoît Hamon, un air de Hamlet
Benoît Hamon, le candidat officiel PS – devenu quasi-officieux par le lâchage de son parti - rame sur le terrain et dans les sondages. Rattrapé puis dépassé par Jean-Luc Mélenchon de «La France insoumise», il se retrouve dans une situation pathétique qu’il affronte stoïquement, soutenu par des auditoires et des partisans jeunes et motivés par son projet de « Revenu universel». Une utopie de gauche qu’il se sent fort de concrétiser. Mais les sondages restent implacables et le théâtre d’ombre, les «trahisons » dans son camp ont de quoi lui donner une dimension à la Hamlet.
Dans ce panorama des ambitions électorales se détache en relief un «quatuor de présidentiables ». En tête, l’enfant prodige de cette joute électorale, donné, en quelque sorte, favori au berceau. Dès le lancement de sa longue marche hexagonale. A la dynamique de ses partisans de base, il a collectionné une myriade de ralliés politiques en provenance de la gauche comme de la droite. Lui se déclare ni de droite ni de gauche au point qu’à plusieurs reprises il a exprimé son étonnement. Les Français savent depuis le XVe siècle le fameux adage qui dit : Qui trop embrasse mal étreint. Ou plus clairement, selon le commentaire de Montaigne : «Nous embrassons tout, mais nous n’étreignons que du vent». En l’occurrence, les intentions de vote et de soutien, M. Macron en a fait moisson. Au tableau du mérite sondagier, nombreux sont les sondages qui le donnent en pointe devant la candidate du Front national qui trouve le programme de son adversaire d’un vide sidéral. Il est vrai après les moments d’enchantement, le leader de «En marche» voit son programme disputé à droite comme à gauche. François Fillon qui a repris du poil de la bête lui décoche l’une des formules dont il a fait le miel de ses discours. Macron ? : C’est le chantre du marketing du vide ! A noter que l’ancien banquier n’a pas hésité à qualifier la politique de mystique. Le flou artistique par endroit de son programme s’expliquerait ainsi… Comparé à la radicalité (Alain Juppé a parlé de brutalité) du programme de François Fillon, celui de Macron peut paraître une douce potion pour l’électorat populaire qui a eu durant le quinquennat de François Hollande sa ration.


La droite en quête de rassemblement
François Fillon s’est refait une santé après le scandale de soupçon d’emploi fictif de son épouse. Ce feuilleton loin de se refermer sur le plan judiciaire s’est éclipsé de l’avant-scène électorale. Fillon s’est dit être de la trempe des combattants. Alors que les sons des casseroles à son passage se sont atténués, il s’emploie à rassembler sa famille politique pour affronter le dernier quart d’heure. En commençant à faire l’éloge du Mouvement de « manif pour tous » (Sens commun, notamment), voire à envisager son inclusion dans la majorité et au gouvernement, il n’est pas certain que cela fera unanimité dans la famille de la droite et du Centre… Ce mercredi, il devait retrouver Alain Juppé à Paris pour une photo de famille. Ce dernier s’était fait discret depuis la révélation du « Canard enchaîné » sur l’affaire de l’emploi fictif. Famille rassemblée, une urgence pour François Fillon supplanté dans les sondages par Jean-Luc Mélenchon ! Un défi inattendu et lourd de conséquences !
A droite, on avait eu des mots affables en début de campagne. On trouvait que Jean-Luc Mélenchon avait mûri, changé de style, mis en avant le drapeau tricolore à la place du rouge, entonné plutôt la Marseillaise que l’Internationale. Le rebelle rentrait dans le grand jeu de la politique. Mais quand les sondages lui sont devenus favorables, le masque des amabilités a commencé à tomber. Aux propos patelins, a succédé la charge contre l’ogre ! Syrie, Otan, Venezuela : la géopolitique de Mélenchon sous le feu des critiques !, titre la presse. C’est sur l’international et son attachement à l’Amérique latine que Jean-Luc Mélenchon subit le plus de critiques. Mélenchon trouve que cela relève de la caricature, signe de désarroi de ses contempteurs… « Je n’ai pas l’intention de faire Cuba en France », a-t-il précisé. Le président sortant, François Hollande, qui est monté au créneau ces derniers temps contre le péril des extrêmes, a mis en garde contre Jean-Luc Mélenchon, lequel «a des facilités qui quelquefois tombent dans le simplisme». Il a toutefois tenu à souligner qu’il ne mettait pas sur le même plan le leader de La France insoumise et Marine Le Pen…


Remonté dans les sondages, les critiques fusent de partout contre Jean-Luc Mélenchon
Mais les jugements de valeur, les critiques fusent de la droite comme d’une partie de la gauche. Laurent Berger, numéro un de la CFDT, qui ne partagerait aucune position avec Jean-Luc Mélenchon, a mis en garde contre sa « vision assez totalitaire».
Le Figaro consacre un sondage pour savoir si Mélenchon était d’extrême gauche. Jack Dion, directeur adjoint de la rédaction de Marianne, fait le tour de la question et des charges contre Mélenchon : « Et voilà comment on oublie l’extrême droite pour concentrer le tir sur le candidat de la révolution citoyenne, soudain devenu l’ennemi public numéro 1.
Jean-Luc Mélenchon a beau expliquer qu’il ne confond pas la Russie et son président, on le transforme en petit agent de Poutine. Propose-t-il de s’inspirer du général de Gaulle en quittant l’Otan, on l’assimile à un agent de Moscou la rouge, pourtant morte en 1991.
Se dit-il partisan d’en finir avec l’Europe de l’austérité, on le transforme Europhobe partisan d’une alliance fantasmatique avec des pays d’Amérique Latine, comme s’il était acceptable de vendre des armes à l’Arabie saoudite et interdit de commercer avec le Venezuela et Cuba, comme le fait l’actuel gouvernement.
Un intellectuel médiatique, connu pour être l’époux d’Arielle Dombasle, est même allé jusqu’à suggérer que Mélenchon était un antisémite à peine caché. Est-on sûr qu’il ne mange pas de petits enfants en même temps qu’il déguste du quinoa ?
Les boules puantes et les mises à mort médiatiques pernicieuses participent de l’art électoral dans les compétitions démocratiques. Mais le dernier mot reviendra aux Français.

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