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dimanche, 13 août 2017 06:00

Libye Khalifa Haftar avance ses pions

Écrit par Anis Remane
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L’homme fort de l’Est libyen, Khalifa Haftar, était attendu, hier samedi à Moscou, pour discuter d’une «éventuelle rencontre» avec son rival Fayez al-Sarraj, chef du gouvernement d’entente nationale, a annoncé avant-hier, vendredi, en soirée, Lev Dengov, à la tête du groupe russe de contact sur la Libye.


Dengov avait d’abord annoncé la venue des deux hommes à l’agence de presse russe Interfax, avant de se raviser.
« Demain à Moscou, le maréchal Khalifa Haftar arrive de Tobrouk et lors de cette rencontre à Moscou, la question de son éventuelle rencontre avec le Premier ministre du gouvernement reconnu (par la communauté internationale, ndlr) Fayez al-Sarraj, sera au menu », a-t-il déclaré à Interfax.
« Lors de cette réunion, les questions relatives à la réconciliation des parties en conflit seront évoquées », a-t-il affirmé, sans préciser la date de cette réunion, ni qui participera à cette rencontre. Selon lui, cette réunion permettra aussi de discuter des « questions relatives à la sécurité nationale, à la lutte contre les groupes terroristes, qui tentent de pénétrer en Libye, ainsi que la question des immigrés qui arrivent en Europe et Asie à travers la Libye ».
La Russie souhaite « discuter avec toutes les parties du conflit et tenter de les réconcilier, et c’est à cela que sera (consacrée) la rencontre », a affirmé M. Dengov, dont le groupe a été mis en place conjointement par la Douma (chambre basse du Parlement russe) et le ministère russe des Affaires étrangères.
La visite du maréchal Haftar à Moscou en l’absence de son rival Fayez Sarraj, chef du gouvernement d’union nationale pose à nouveau la question du leadership en Libye et de la capacité des parties libyennes en conflit à s’entendre sur un programme d’action commun pour sortir leur pays de la crise dans laquelle il se trouve aujourd’hui. A la fin du mois de juillert dernier, Khalifa Haftar et Fayez al-Sarraj se sont mis d’accord sur une déclaration en dix points dans lesquelles ils s’engagent notamment à un cessez-le-feu et à organiser des élections le plus rapidement possible, lors d’une rencontre en région parisienne sous l’égide du président français Emmanuel Macron. Mais rien n’indique aujourd’hui que cet accord est réellement en cours d’application alors que les agendas internationaux pour la crise libyenne – objet d’une grande crainte de la diplomatie algérienne- ne cessent de se multiplier.
Par ailleurs, le maréchal Haftar ne rate aucune occasion pour se présenter comme le véritable homme de la situation. Dans un entretien au quotidien italien Corriere della Sera publié hier, a de nouveau critiqué Fayez al-Sarraj, qui ne l’a pas consulté pour donner le feu vert à une opération de renfort maritime de l’Italie pour aider les gardes-côtes libyens à contenir les départs de bateaux de migrants. «Sa décision est un choix individuel, illégitime et illégal», estime-t-il. « Personne n’entre dans nos eaux sans permission », a-t-il répété, tout entenant des propos plus conciliants à l’encontre de l’ancienne puissance coloniale: « les Libyens et les Italiens sont des amis ».

Haftar se propose de faire barrage aux flux migratoires
L’idée qu’il a développée pour le journal italien est que les forces qu’ils contrôlent sont en mesure de faire barrage aux flux migratoires à condition qu’ils disposent auprès des pays de l’Union européenne de l’aide militaire et matérielle nécessaire. Il estime à « 20 milliards de dollars sur 20 ou 25 ans » l’effort européen nécessaire pour aider à bloquer les flux de migrants à la frontière sud du pays. « Le problème des migrants ne se résout pas sur nos côtes. S’ils ne partent plus par la mer nous devons les garder nous et la chose n’est pas possible », a-t-il expliqué dans l’entretien. « Nous devons au contraire travailler ensemble pour bloquer les flux sur 4 000 kilomètres à la frontière désertique libyenne du Sud. Mes soldats sont prêts. Je contrôle plus des trois quarts du pays. Je possède la main-d’œuvre, mais il me manque les moyens», poursuit le chef d’une force autoproclamée Armée nationale libyenne (ANL). Le président français Emmanuel Macron « m’a demandé ce dont on a besoin, je suis en train de lui envoyer une liste », précise le maréchal Haftar. Dans la liste figureront « des formations pour les gardes-frontières, des munitions, des armes, mais surtout des véhicules blindés, des jeeps pour le sable, des drones, des détecteurs, des lunettes de vision nocturnes, des hélicoptères». L’idée est d’installer des campements mobiles de 150 hommes au minimum tous les cent kilomètres, a-t-il encore détaillé. Un vaste programme qu’il estime à «environ 20 milliards de dollars sur 20 ou 25 ans pour les pays européens unis dans un effort collectif».
A titre de comparaison, «la Turquie prend six milliards» à Bruxelles «pour contrôler un nombre infiniment inférieur de réfugiés syriens et quelques Irakiens», a-t-il fait remarquer.
«Nous, en Libye, nous devons contenir des flux gigantesques de personnes arrivant de toute l’Afrique ».

Dernière modification le samedi, 12 août 2017 22:29

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