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dimanche, 22 octobre 2017 06:00

Aux éditions Barzakh : L’UDMA et les Udmistes, un manifeste pour des nationalistes oubliés

Écrit par Nordine Azzouz
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Que dire du dernier livre de Malika Rahal sur « l’UDMA et les udmistes » qu’elle vient de publier chez Barzakh ? Le mieux est de le lire ! Quel que soit le commentaire qu’on peut faire de cet ouvrage, excellent de surcroît et écrit par une brillante historienne comme Mme Rahal sur un « point » de la passionnante histoire algérienne,

ce ne sera jamais rien qu’une observation de quelques misérables lignes sur un travail de plusieurs années de labeur synthétisé dans plusieurs centaines de pages.
Aussi rigoureuses que puissent être les appréciations et les remarques qu’elle peut porter, cette observation n’aura jamais rien de la densité et de l’exactitude de l’œuvre qui la suscite.
La vieille et conventionnelle relation qui lie la presse au monde de l’édition, souvent complexe d’ailleurs, mais ce n’est pas le sujet, rend l’exercice du relais et de la « mise en lien » de l’auteur publié et le public des lecteurs obligatoire pour notre métier. Tout bonnement, cela s’appelle du compte-rendu de lecture. Et pour ce qui est de « l’UDMA et les udmistes» de Malika Rahal, le compte est plus que bon. Pour le projet scientifique, d’abord ! L’intéressant dans le travail de l’historienne depuis qu’on la connait en dehors du cercle de la recherche universitaire est qu’elle arpente de nouvelles parcelles du champ des études historiques sur le nationalisme algérien avant 1962.
Le sujet, ensuite ! Dans « l’UDMA et les udmistes », Malika Rahal sort de la ligne mythique et si labourée de l’ENA-PPA-FLN pour explorer des territoires de lutte et de combat politiques occultés après l’indépendance et exhumer un groupe politique devenu presque fantôme- un terme qu’elle utilise sous le mode de l’interrogation- et restituer l’importance qu’il a eu dans la vie politique « algérienne » à partir de 1945 et les massacres de mai au moins jusqu’à sa dissolution et la décision de son leader, Ferhat Abbas, de rejoindre le FLN. Le matériau partir duquel l’historienne a travaillé est constitué essentiellement d’ « archives de surveillance » comme elle les appelle, c’est-à-dire de la police coloniale. Ces documents -10.000 fiches passées au crible selon ses déclarations à Reporters- révèle deux données importantes et étroitement liée.
Premièrement, l’ampleur du « flicage » que subissait l’UDMA à l’époque de son existence ; deuxièmement, la pugnacité de ses cadres et militants, des gens qui étaient à mille lieues de la tiédeur qu’on leur a prêtée par la suite en ce qui concerne la question nationale. Une réputation qui a probablement découlé de l’étiquette « assimilationniste » qu’on a toujours sciemment voulu coller après l’indépendance à leur leader Ferhat Abbas -jusqu’à faire oublier qu’il a rejoint le FLN en 1956 et qu’il a été le premier président du GPRA- et de la relation conflictuelle et concurrentielle qu’ils avaient avec le PPA parce qu’ils étaient membres d’une formation politique distincte et porteuse d’une identité propre à elle. Un discrédit que Malika Rahal s’est employé à réparer en enquêteuse méticuleuse partie à la recherche des derniers et rares militants encore vivants et prêts à témoigner de leur parcours d’udmistes et soucieuse de rappeler des faits et des déclarations dont l’objet, on le saisit bien à la fin de la lecture de son ouvrage, est d’indiquer que la décision d’Abbas de rejoindre le FLN combattant- sans que beaucoup de cadres de son parti ne le sachent- n’était pas un choix d’opportunisme ou de dernière minute mais de celui d’une personnalité qui a eue « plusieurs vies politiques » et côtoyé « plusieurs générations militantes».
« L’heure est passé où un musulman algérien demande autre chose que d’être un algérien musulman », écrivait-il dans le « Manifeste du peuple algérien », en 1943 déjà.
On peut aller plus loin dans la restitution forcément lacunaire du bel ouvrage de Malika Rahal qui nous fait retrouver une pièce importante du roman national et se révèle une extraordinaire conteuse, son livre ayant été une thèse de doctorat à l’origine, mais on s’arrêtera ici pour conclure que l’exploration à laquelle elle s’est livrée dévoile au-delà de l’objet strict de son livre un triple enjeu : rendre lisible des acteurs et des organisations politiques perdus dans le labyrinthe de l’histoire algérienne et de ceux qui l’ont construit par l’unanimisme qui les nourrissait dans le giron de l’Etat FLN exclusif et dominant;; replacer des acteurs et des organisations politiques victimes de cet unanimisme à la place qu’ils ont occupé réellement – et leur rendre justice. Enfin, renouveler le champ des études du mouvement national et signaler un double mouvement : celui de l’émergence, aujourd’hui, d’une nouvelle génération d’historiens (à laquelle appartient Malika Rahal) et, conséquemment, de la ré légitimation des formes de vie et d’action politiques qui ont été totalement déclassées après l’indépendance.

Lu 5419 fois Dernière modification le samedi, 21 octobre 2017 23:38

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