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jeudi, 17 mai 2018 06:00

Tipasa : La surpêche des concombres de mer, un nouveau business alarmant !

Écrit par Seddiki Djamila
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Un pêcheur d’El Hamdania, Djamel Bensaâda, tire la sonnette d’alarme et s’insurge contre la menace qui pèse sur les concombres de mer, ce mollusque marin très prisé pour sa saveur dans les pays asiatiques, à cause de plongeurs qui ont trouvé, là, un filon et un business florissant avec les Chinois qui en raffolent.

Au niveau de la zone dite du Rocher Blanc, qui va abriter le futur port centre du pays, implanté à El Hamdania à Cherchell, des plongeurs de la «Protection civile» seraient, selon notre interlocuteur, régulièrement, surpris en train de ramasser de grandes quantités de ce mollusque faisant craindre une exploitation abusive et non sans danger pour la biodiversité locale.  Selon Djamel Bensaâda, qui déplore ce comportement irresponsable de plongeurs, ces derniers viennent, régulièrement, ramasser jusqu’à 400 kg de concombres de mer par plongée pour les revendre aux Chinois installés dans la région dans le cadre de la réalisation de nombreux projets, dont celui de la voie express Tipasa Cherchell et, prochainement, du port centre d’El Hamdania. L’exploitation abusive de ce fruit de mer, très prisé par les Chinois, fait courir des risques à la biodiversité marine, car le concombre de mer ou bêche-de-mer, joue un rôle très important dans l’écosystème marin. Selon les spécialistes, en raison de leur nature alimentaire, les concombres de mer jouent un rôle écologique important dans le recyclage des nutriments sans compter que leurs déchets peuvent stimuler la production de micro-algues, contribuant ainsi à maintenir des taux élevés de productivité. Ce sont des organismes extrêmement importants, appartenant en fait aux échinodermes qui, en drainant l’eau de mer, la clarifient et contribuent, ainsi, à la beauté cristalline. Selon les scientifiques, les holothuries, bêches de mer, surnommées aussi concombres de mer, sont des animaux marins avec un corps long et oblong. Ils possèdent un cercle de tentacules autour de la bouche et sont classés dans l’ordre des Echinodermes aux côtés de l’oursin ou de l’étoile de mer. C’est un détritivore qui se nourrit en filtrant le sédiment récolté à l’aide de ses tentacules rétractiles entourant la bouche. Pour beaucoup de plongeurs, les concombres de mer sont une curiosité, ressemblant à d’étranges bestioles gélatineuses qui rampent sur le fond marin, alors qu’en Asie, c’est un aliment de base pour les populations, essentiellement servi sous forme de soupes, de ragoûts et de sautés.
Selon un rapport de la FAO, « les stocks de concombres de mer sont soumis à une intense pression de pêche dans le monde entier. La plupart des espèces commerciales de valeur sont épuisées. Seize (16) espèces sont déjà inscrites sur la liste rouge de l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature, le plus vaste réseau mondial de protection de l’environnement), car considérées comme vulnérables ou en danger d’extinction ».
« Dans la majorité des pays examinés et dans les régions d’Afrique et dans l’Océan indien de même que pour la région Asie-Pacifique, les stocks sont surexploités où les espèces commerciales les plus recherchées sont très appauvries, la raison est qu’il s’agit d’un mets de choix dans nombre de pays asiatiques, comme la Chine, le Japon, l’Indonésie, la Malaisie ».
En dehors de leur utilisation culinaire en Asie, ils constituent également un nouveau créneau pour l’industrie pharmaceutique et cosmétique d’où leur surexploitation. Des recherches sur le concombre de mer ont démontré sa capacité à tuer les cellules du cancer du poumon, du sein, de la prostate, de la peau, du côlon, du pancréas et du foie.  Pour de nombreux spécialistes, « les holothuries, c’est de l’or en barre… et sont des crottes de luxe qui se monnayent de 50 à 400 dollars le kilo ». Un nouveau filon pour des amateurs et professionnels peu soucieux de la protection de la biodiversité, qui vient renforcer et s’ajouter à la longue liste des prédateurs que sont les pêcheurs à la dynamite et autres irresponsables.

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