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francealgerie

mercredi, 16 mai 2018 06:00

Ligue Europa OM-Atlético : la sécurité de la finale en questions

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« Jean-Michel Aulas, Jean-Michel Aulas, on va tout casser chez toi ». Même si la pression est légèrement redescendue depuis, la chanson des supporters marseillais a donné quelques sueurs froides au président de l’Olympique lyonnais ces dernières semaines…
Et aux autorités, chargées d’encadrer la finale de la Ligue Europa entre l’OM et l’Atlético de Madrid, ce soir au Groupama Stadium de Lyon. Lundi, la préfecture du Rhône a ainsi détaillé le dispositif déployé pour l’occasion. Un dispositif «exceptionnel» à plus d’un titre.

Que prévoit le dispositif de sécurité ?
C’est simple, il sera «deux fois plus important que lors des matches de l’Euro 2016», a souligné le préfet Stéphane Bouillon. Dix unités mobiles seront ainsi mobilisées, soit 1.250 hommes en tout. Policiers, gendarmes, CRS, mais aussi les polices municipales de Lyon et de Décines - où se trouve le stade -, un hélicoptère et deux canons à eau… Dans l’enceinte, où la sécurité est assurée par Groupama Stadium, seront aussi déployés quelque 1.100 stadiers, dont 200 envoyés par l’OM et une vingtaine par l’Atlético. Boissons alcoolisées, pétards et engins pyrotechniques seront tout bonnement interdits. «Tout est mis en place pour que les palpations et files fonctionnent», a assuré le préfet. Concernant les soins, là aussi, le niveau est à son maximal de mobilisation, avant déclenchement du plan Orsec.

Doit-on craindre des échauffourées entre supporters ?
En 2008, des incidents avaient déjà émaillé le match de Ligue des champions entre l’Atlético et Marseille. À l’époque, l’UEFA avait décidé de suspendre pour trois rencontres, dont une avec sursis, le stade Vicente-Calderon,  en raison de son «manque d’organisation durant le match et de la conduite impropre de ses supporters». En novembre 2014, certains ultras madrilènes, classés à l’extrême-droite. avaient également été mêlés à une bagarre avec leurs rivaux de La Corogne et un Galicien avait trouvé la mort.
Des incidents avaient aussi marqué le déplacement de Marseille à Bilbao, en huitième de finale de la Ligue Europa. Aujourd’hui, les fans des deux équipes viendront en bus, en avion (pour les Espagnols) et en véhicules privés. Pour empêcher des affrontements avant la rencontre, sur des aires d’autoroute notamment, un dispositif hermétique sera déployé pour qu’ils ne se croisent pas.
Des parcs-relais seront ainsi dédiés à chacun et les navettes vers le stade placées sous fortes escortes policières. Une fois à l’intérieur, les supporters de l’OM prendront place au virage Sud, ceux de l’Atlético au Nord. «Des barrières et des zones tampons seront installées dans le stade pour éviter que des groupes de supporters se rencontrent», a précisé Stéphane Bouillon. Il n’y aura pas de «fan walk» (défilé de supporters) mais le centre-ville ne leur sera pas interdit. Le dispositif sera aussi renforcé pour éviter les troubles autour du stade et la revente illégale de billets.
«On ne peut exclure qu’il y ait des ‘fights’ mais nous serons d’une extrême vigilance et prêts à réagir», a-t-il assuré. «Nous surveillons les hooligans, identitaires ou pas, et essayons d’anticiper leurs actions. Nous surveillons aussi les réseaux sociaux mais je ne crois pas que ce soit le rendez-vous du hooliganisme» européen, a présumé le préfet.
Quelque 35 000 places ont été vendues en mars et avril. Les supporters de l’Atlético en ont acheté 9 500, ceux de Marseille 11 500. Mais la préfecture s’attend à voir arriver entre 2 000 et 3 000 supporters de l’OM sans billet. «Sans billet, ils ne devront pas rentrer». Reste une incertitude : le marché noir. En avril 2017, certains ultras de Besiktas avaient échappé à l’organisation du club en achetant des places revendues. Leur dispersion dans le Groupama Stadium avait alors causé plusieurs incidents violents.  La préfecture a souligné lundi qu’il s’agissait là davantage du problème de l’UEFA, mais que des policiers traqueraient les vendeurs à la sauvette à Décines.

Un écran géant au Vélodrome
Comme lors de la demi-finale retour face à Salzbourg, un écran géant diffusera la finale au stade Vélodrome. Les places se sont arrachées en quelques heures seulement : 22.000 personnes seront présentes. Enfin, pour éviter les troubles qui pourraient survenir avec des groupes de supporters lyonnais, le préfet a par ailleurs expliqué «qu’un travail de prise de contact a été effectué en amont avec les organisations de supporters pour obtenir des engagements et que tout se passe le plus correctement possible».

Qui payera en cas de dégâts ?
Si l’OM a décidé de calmer le jeu ces derniers jours, c’est aussi et surtout parce que l’instance européenne pourrait tenir le club comme responsable, en cas de débordements. «L’UEFA va vérifier les conditions dans lesquelles l’événement va être organisé et pourra infliger des sanctions contre le club qui n’aurait pas respecté les règles en matière de comportement des supporters, de vente de billet, etc», a prévenu la préfecture du Rhône. L’Olympique lyonnais a déjà pris ses dispositions, en déposant plainte après l’appel de certains supporters à «tout casser». Ce qui pourrait nourrir un chapitre «préméditation» en cas d’incidents.
Mais l’OL, déjà sous le coup d’une exclusion avec sursis des compétitions européennes depuis avril 2017, et qui fait l’objet d’une procédure disciplinaire après les violences survenues en mars lors du match de C3 entre Lyon et le CSKA Moscou, n’aura ici aucune responsabilité dans l’organisation de l’événement.
L’instance européenne a d’ailleurs engagé une procédure similaire à l’encontre de l’OM après son déplacement à Salzbourg, où ses supporters se sont vus reprocher l’utilisation de feux d’artifice et des jets de projectiles. Dans les deux cas, elle tranchera le 31 mai, après la finale marseillaise à Lyon.
Pour Lyon, la seule conséquence néfaste pourrait être la nécessité de réparer rapidement les dégâts causés.
Car Lyon recevra Nice trois jours plus tard en Ligue 1, avant les demi-finales du Top 14 en rugby, lors des derniers jours de mai. Toulon et son président Mourad Boudjellal pourraient alors en être. «Comme Marseille, on a envie d’aller tout casser chez Jean-Michel Aulas, parce qu’il le mérite bien quand même», avait-il lui-même lâché fin avril. Avant, à son tour, de calmer le jeu dès le lendemain.

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