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Reporters - Filtrer les éléments par date : lundi, 24 mars 2014

prévention par les TICD’éminents experts nationaux et internationaux se réuniront à partir d’aujourd’hui au siège du Cerist afin de se pencher sur l’état de l’art en matière de gestion des catastrophes. Sous l’égide du Centre d’études et de recherche en informatique (Cerist), l’Algérie abrite aujourd’hui et demain la toute première conférence internationale sur l’utilisation des nouvelles technologies de l’information et de la communication dans la gestion des catastrophes. Autour de cette thématique, des universitaires et des praticiens impliqués dans les services, ainsi que dans la planification des urgences et leur gestion. Justement, une gestion efficiente n’est possible qu’à travers un échange d’infirmations et une coordination des plus efficaces, d’où, d’ailleurs, l’organisation de ce séminaire. D’autant plus que l’Algérie, au même titre que n’importe quel pays sur la surface du globe, n’est pas à l’abri d’un sinistre naturel, humain ou industriel. Cependant, le pays ne se situe pas au même niveau que d’autres dans la gestion des catastrophes, même si l’efficacité des Algériens à se montrer solidaires et à faire preuve d’empathie durant ce genre de circonstances fait la différence. L’enjeu réside dans la capacité du pays à mettre en œuvre des systèmes fiables capables de faciliter la coordination des secours, par exemple en transmettant à ces derniers des données précises sur la présence des hôpitaux les plus proches afin d’accélérer les admissions et, donc, augmenter les chances de survie des blessés. Ce n’est là qu’un exemple de ce que peuvent apporter les nouvelles technologies en de pareils cas à condition d’avoir les maillages et les réseaux nécessaires, qui soient soutenus, dans une logique de précaution, par des solutions non filaires. L’autre point qui sera discuté aujourd’hui, consiste en l'élaboration de stratégies visant à réduire l'impact des catastrophes et de fournir une assistance aux populations touchées, ce qui implique un échange intensif et continu, encore une fois, de l’information, avant, pendant et après la catastrophe. Il sera beaucoup question également lors de cette rencontre de l'état actuel de la recherche et des pratiques en matière de technologies et de systèmes pour la prévention, la préparation, l’intervention et même le rétablissement des réseaux endommagés dans des temps records. Parmi les autres thèmes qui seront discutés, les systèmes de mise en valeur de la décision, les technologies de géo-information et de l'espace, la collecte de données multi-capteurs, la diffusion de l'information et d'alerte rapide et les efforts de normalisation. Les experts invités, issus principalement du milieu universitaire et de la recherche, mais aussi de l'industrie et du gouvernement, élargiront leur forum aux infrastructures, réseaux formés à la hâte (Mesh, VANETs, capteurs...), les communications multiplateformes, l’interopérabilité des systèmes hétérogènes…

Publié dans Der
L’équipage d’un pétrolier contrebandier restitué samedi par la marine américaine à la Libye, ainsi que trois Libyens qui étaient à bord, ont été remis hier à la police à Tripoli, a rapporté l’agence libyenne Lana. La marine libyenne qui avait pris le contrôle du navire samedi a remis à la police judiciaire les 21 membres d’équipage de différentes nationalités ainsi que trois Libyens qui les accompagnaient à bord du bateau, a indiqué l’agence. Washington avait annoncé samedi avoir remis aux forces de sécurité libyennes le pétrolier chargé de brut acheté illégalement à des rebelles autonomistes de l’Est libyen. Le transfert avait eu lieu dans les eaux internationales, selon l’ambassade américaine à Tripoli qui a précisé avoir reçu des assurances du gouvernement libyen, «que le capitaine, les membres de l’équipage et les ressortissants libyens qui sont à bord du pétrolier apatride seront traités humainement, conformément aux normes internationales des droits de l’Homme». Le Morning Glory, un navire égyptien battant pavillon nord-coréen de complaisance, que Pyongyang a dénoncé quelques jours plus tard, était arrivé le 8 mars au port d’al-Sedra, contrôlé par les rebelles. Peu après, il se mettait à charger du brut, vendu par les rebelles autonomistes de l’est de la Libye qui bloquent depuis juillet 2013 les terminaux pétroliers, suspendant les exportations de brut et privant ainsi le pays de sa principale source de revenus. Le procureur général libyen avait immédiatement ordonné l’arrestation du navire et de son équipage, et la marine libyenne avait annoncé avoir cerné le port pour l’empêcher de sortir. Mais le 11 mars, les autorités libyennes ont admis que le navire, chargé d’au moins 234 000 barils de brut, avait réussi à «profiter des mauvaises conditions climatiques pour se diriger vers le large» et échapper à l’escorte des forces libyennes. Ce sont au final les forces spéciales de la marine américaine en Méditerranée qui sont parvenues à saisir le navire, lundi, avant de l’escorter jusqu’en Libye. Le navire est arrivé tôt dimanche au large de Tripoli avant de se diriger vers le port de Zawiya, à 50 km à l’ouest de la capitale pour décharger sa cargaison, selon une source de la marine libyenne.n
Publié dans Monde
Le front social marocain s’organise et hausse le ton en vue d’une marche, le 6 avril prochain à Casablanca, la capitale économique du Maroc, pour contester la politique économique et sociale que mène le gouvernement Benkiran. En effet, trois centrales syndicales, à savoir L’Union marocaine du travail (UMT), la Confédération démocratique du travail (CDT) et la Fédération démocratique du travail (FDT), ont décidé d’investir la rue pour dénoncer les dernières décisions prises par le gouvernement concernant le régime des retraites, la rupture du dialogue social et la décompensation des produits pétroliers. Les trois centrales syndicales les plus importantes du royaume ont décidé cette action lors d’une réunion des secrétaires généraux, tenue vendredi à Casablanca, afin de dénoncer le « blocage » du dialogue social et « l’atermoiement » du gouvernement à résoudre les problèmes des travailleurs et des salariés. Les syndicalistes présents à la réunion ont insisté sur la nécessité de consolider la coopération et la coordination « pour faire face aux atteintes des droits des travailleurs sous le gouvernement actuel». Sur l’un des dossiers les plus brûlants, à savoir celui de la retraite, les trois centrales considèrent que le projet de réforme discuté au sein du gouvernement ne peut pas passer. A ce sujet, un dirigeant de la FDT dira que « ce projet est basé sur plus de cotisations des travailleurs, avec une durée de travail encore plus allongée, pour finalement avoir une pension de retraite revue à la baisse… ». A cet effet, les trois syndicats avaient décidé, en janvier, de constituer un front commun et de coordonner leurs actions, notamment l’adoption d’une position unitaire contre le projet de réforme des régimes de retraite du gouvernement le qualifiant d’«unilatéral». Le chef de lExécutif, Abdelilah Benkiran, qui dirige la coalition au gouvernement conduite par le parti islamiste PJD, avait évoqué en janvier 2013 l’idée d’une réforme du régime des retraites préconisant, notamment une prolongation de l’âge de mise à la retraite des fonctionnaires affiliés à la Caisse marocaine des retraites (CMR), déficitaire depuis la fin 2012. La CMR serait dans l’incapacité de payer les pensions de ses retraités à partir de 2021 si aucune mesure n’est prise d’ici là, avait-il déclaré. Pour sa part, le directeur de la CMR (réservée aux fonctionnaires du secteur public), Mohamed el Alaoui Abdellaoui, le coût financier du retard dans la mise en place de la réforme du régime des retraites au Maroc est évalué à près de 20 milliards de dirhams (environ 1,8 milliard d’euros), pour chaque année au-delà de 2012. Cette manifestation a été initiée à cause de « l’absence de véritable volonté » du gouvernement d’engager la négociation collective sur le contenu du mémorandum conjoint de revendications qu’ils avaient présenté en février dernier au chef du gouvernement. Ce qui fait dire à Farouk Chahir, l’un des animateurs de la direction de l’UMT, que « l’Union marocaine du travail a toujours opté en premier lieu pour le dialogue et a toujours proposé des solutions négociées aux problèmes posés. Encore faut-il avoir un interlocuteur prêt au dialogue… Cette réunion de coordination nous permet de voir plus clair et d’élaborer des stratégies de lutte conséquentes.» Par ailleurs, la coalition des trois centrales syndicales n’exclut pas d’organiser d’autres actions si Benkiran persiste dans sa méthode de « passer en force », menace Miloudi Moukharik, patron de l’UMT, qui estime que « tous les ingrédients d’une surchauffe sociale sont réunis ».n
Publié dans Monde
Le débat sur les hydrocarbures de schiste esquive le plus souvent les enjeux que constituent les défis climatiques. Comme si l’exploration de nouveaux hydrocarbures allait de soi et comme si la lutte contre les dérèglements climatiques ne devaient pas influencer les choix d’investissement privés dans les énergies fossiles. Pourtant, la prise en compte des exigences climatiques devrait inciter gouvernements et législateurs à instaurer un moratoire général sur toute nouvelle exploration d’énergie fossile, à faciliter le basculement des investissements privés vers les politiques de sobriété et d’efficacité énergétique, et à instituer des mécanismes permettant d’amortir la bulle carbone qui s’est progressivement constituée dans le secteur financier. Dans son rapport annuel World Energy Outlook 2012, l’Agence Internationale de l’Energie (AIE) préconise de laisser dans le sol plus des deux tiers des réserves prouvées de combustibles fossiles. Pour l’AIE « notre consommation, d’ici à 2050, ne devra pas représenter plus d’un tiers des réserves prouvées de combustibles fossiles » afin de ne pas dépasser les 2°C de réchauffement global maximal d’ici la fin du siècle. Un objectif fixé par la communauté internationale, validé par les Etats aussi bien lors des conférences climat de l’ONU de Copenhague et des suivantes, que lors des G8, G20, assemblées générales de l’ONU ou Conseils européens. C’est en prenant à la lettre cet objectif que le Potsdam Institute for Climate Impact Research avait calculé la quantité maximum de carbone que l’humanité pouvait émettre sur la période 2000-2050 pour avoir quatre chances sur cinq de ne pas dépasser la barre fatidique. Sur cette période, le budget carbone de l’humanité est de 886 gigatonnes de dioxyde de carbone (Gt CO2). En 2011, nous en avions déjà émis un tiers, ce qui ramène ce budget à 565 Gt CO2 pour la période 2012-2050. Or, la combustion de toutes les réserves prouvées de pétrole, charbon et gaz de la planète engendrerait 2 795 gigatonnes de CO2, soit 5 fois plus. Dit autrement, selon ces données, 80 % des réserves d’énergies fossiles actuelles ne doivent pas être extraites et consommées si l’on veut respecter les objectifs de stabilisation du climat fixés par la communauté internationale. Soit la majorité des réserves conjointes de pétrole, de gaz et de charbon. Bien entendu, les résultats peuvent être discutés et précisés. Mais les ordres de grandeur et le dernier rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) ont confirmé qu’il fallait laisser une proportion importante de réserves actuelles d’énergies fossiles dans le sol. Au regard des enjeux climatiques, l’humanité ferait donc face à un trop-plein d’énergies fossiles d’ici 2050 et non à une pénurie comme le laisse entendre, trop souvent, le débat public. A moins d’être climato-sceptique il y a donc aujourd’hui trop de pétrole, de gaz et de charbon sous nos pieds. Pour être tout à fait exact, l’AIE suspend cette conclusion à la possibilité « d’un déploiement à grande échelle de la technologie de captage et de stockage du carbone (CSC) ». A ce jour, ces techniques sont non maîtrisées, peu fiables, délaissées par le secteur industriel et incapables de s’occuper de l’essentiel des émissions de CO2 liées aux transports, au bâti et aux petites unités de production industrielle. En ce sens, il est donc raisonnable de les écarter. Pourtant les entreprises extractrices de pétrole, de gaz et de charbon poursuivent une recherche très active de nouveaux champs, gisements et filons. Des records d’investissements sont franchis chaque année. Selon une récente étude de l’IFP Energies Nouvelles, les investissements d’exploration-production de pétrole et de gaz vont dépasser les 750 milliards de dollars (550 milliards d’euros) en 2014, en croissance de 8 % par rapport à l’année précédente, principalement en Amérique du Nord et Asie-Pacifique, contre à peine 220 milliards de dollars dans les énergies renouvelables en 2012. Ces mêmes investissements ne dépassaient pas les 250 milliards de dollars en 2004. Sur les 104 000 nouveaux puits forés en 2013, 58 % l’auront été en Amérique du Nord, principalement dans l’exploitation des hydrocarbures de schiste. Cette logique exploratrice et extractive n’est pas sans lien avec le monde de la finance. Les valorisations boursières des multinationales de l’énergie et les notations qui leur sont délivrées par les agences sont pour partie fonction des réserves prouvées qu’elles peuvent annoncer en fin d’exercice. Pour maintenir leur situation boursière, les multinationales n’ont d’autres choix que d’explorer et forer. L’ensemble des réserves actuelles de pétrole, gaz et charbon est valorisé aux environs de 4 600 milliards de dollars sur les principales places boursières de la planète, faisant des entreprises de l’énergie les poids lourds des indices boursiers. La part des énergies fossiles tend même à se renforcer, notamment sur les marchés financiers de Londres (pétrole) et de New York (charbon) selon Carbon Tracker au point d’évoquer une véritable « bulle carbone ». qui ne tiendrait pas compte de l’objectif climatique maximal fixé par la communauté internationale. Un groupe de soixante-dix investisseurs mondiaux, représentant un capital de financement de l’ordre de 3000 milliards de dollars, a ainsi interpellé quarante-cinq des plus importantes entreprises productrices de pétrole, de gaz, de charbon et d’électricité sur leur exposition à ce risque « climatique ». La directrice générale d’un fonds de pension des fonctionnaires californiens a affirmé que son entreprise avait besoin d’une « stratégie robuste à long terme qui reflète la réalité à laquelle nous faisons face » et qu’il n’était pas « possible d’investir dans une catastrophe climatique ». Une démarche encouragée par Carbon Tracker, qui considère qu’« il faudrait que les régulateurs imposent une évaluation du business model des entreprises extractives en fonction du volume de carbone maximum que nous devons émettre pour ne pas dépasser les deux degrés ». Ce n’est pas encore le cas. Le ratio énergies fossiles / énergies renouvelables des indices boursiers est généralement de 1 à 255. Pour chaque dollar investi dans les énergies renouvelables sur les marchés action, il y en a quatre dans les énergies fossiles : ainsi, les investisseurs institutionnels (assureurs, banques, fonds d’investissement etc.) orientent l’épargne vers le secteur des énergies fossiles, non vers le secteur des énergies renouvelables. Sans nouvelles régulations contraignantes, la stabilité à court terme de la valorisation boursière et de la rentabilité financière des entreprises pétrolières, gazières et charbonnières suppose qu’elles poursuivent sans limite de nouvelles explorations et de nouveaux forages – ou qu’elles encouragent celles des entreprises juniors – sans tenir compte des exigences climatiques. A cette pratique, correspond une bulle « carbone » globale, pouvant se transformer en bulle financière. Ces entreprises constituent donc un secteur structurellement climato-sceptique, dont les incitations boursières, économiques et financières vont à l’encontre des exigences fixées par la communauté internationale. En ce sens, la recherche et l’extraction de ressources énergétiques fossiles peuvent-elles être laissées à la seule appréciation du secteur privé alors que de leurs décisions dépend la possibilité d’assurer une certaine stabilité climatique, bien commun de l’humanité ? En poursuivant ce raisonnement, il n’y aurait donc aucune raison de continuer les explorations et forages pour extraire du pétrole, du gaz ou du charbon toujours plus loin, toujours plus profond. Extrêmement coûteuses et dangereuses, les explorations d’hydrocarbures non conventionnels, comme les gaz et pétrole de schiste, semblent bien incompatibles avec les objectifs climatiques. D’ailleurs, le secteur industriel favorable à l’exploitation de ces énergies fossiles ne s’aventure guère sur ce terrain. Par exemple, le Groupement des entreprises parapétrolières et paragazières et des professionnels du pétrole et du gaz (GEP-AFTP) a identifié6 quatre types de « risques » liés à ces extractions: la pollution des sous-sols, l’approvisionnement en eau, la composition des fluides de fracturation et les impacts sociétaux. Les défis climatiques n’y figurent pas. Pas plus qu’ils ne figurent dans le débat public français qui se limite bien souvent aux effets, aujourd’hui bien documentés, de la fracturation hydraulique. Sur la base de la réflexion présentée ci-dessus, mêler les débats « faut-il extraire les pétroles et gaz de schiste » et « que faire pour stopper le réchauffement climatique » revient à clore définitivement le premier. « Oui mais le gaz est moins émetteur de gaz à effets de serre que le charbon », est-il parfois répondu pour réhabiliter l’exploitation des gaz de schiste. En plus de ne pas réhabiliter le pétrole de schiste – ce qui devrait donc disqualifier définitivement toute une série de projets – cet argument comporte trois erreurs manifestes : il confond l’absolu et le relatif, car c’est la majorité des réserves conjointes de pétrole, de gaz et de charbon qui doivent être laissées dans le sol, qu’importe leur substitution relative au sein du budget carbone qui est alloué d’ici 2050 ; il préconise des investissements financièrement non robustes au regard des engagements climatiques ; enfin, il ne tient pas compte des études scientifiques7 qui raisonnent à partir du cycle complet du gaz de schiste et démontrent qu’il émet plus de gaz à effets de serre que le charbon. Lors de la dernière conférence environnementale, François Hollande s’est engagé à réduire de 30 % la consommation d’énergies fossiles du pays d’ici 2030. « La transition énergétique, ce n’est pas d’aller chercher de nouveaux hydrocarbures » a-t-il été dit par plusieurs ministres, publiquement ou en off. Au regard des exigences climatiques, une telle phrase fait mouche. Simple, concise et fondée. Et partagée si l’on en croit un sondage8selon lequel moins d’un Français sur trois (30 %) et moins d’un dirigeant d’entreprise sur quatre (23 %) jugent l’exploitation du gaz de schiste « compatible » avec la transition énergétique. En effet, à quoi bon explorer de nouveaux gisements s’il faut laisser 80 % de ces nouvelles ressources dans le sol d’ici 2050 ? Mieux vaudrait allouer ces ressources financières, techniques et humaines dans des politiques de sobriété et d’efficacité énergétique qui font défaut.9 Laisser pétrole, gaz et charbon dans le sol : une idée à creuser De quoi donner une feuille de route au gouvernement dans l’optique de la conférence de l’ONU sur le climat que la France a décidé d’accueillir en 2015. A défaut d’un miracle techno-scientifique ou industriel qui puisse résoudre les défis énergétiques de manière soutenable sur le plan écologique, juste socialement, égalitaire entre les populations de la planète et durable dans le temps, la prise en charge des défis climatiques semble passer par un moratoire international sur toute nouvelle recherche d’énergies fossiles, à commencer par les hydrocarbures non conventionnels comme les gaz et pétrole de schiste. Un tel moratoire pourrait même apparaître comme une condition sine qua non à toute possibilité de transition énergétique qui soit à la hauteur des défis climatiques, si l’on en croit le dernier rapport du GIEC. Enfin, il serait l’occasion de ralentir considérablement les extractions actuelles, de faire basculer d’importants moyens financiers et humains sur des politiques de sobriété et d’efficacité énergétiques, et sur le développement des énergies renouvelables, dans l’optique d’une transformation profonde des modèles de consommation et de production. * Maxime Combes est économiste, membre d’Attac France et de l’Association internationale de techniciens, experts et chercheurs (Aitec), engagé dans le projet Echo des Alternatives (www.alter-echos.org) et co-auteur de La nature n’a pas de prix, les méprises de l’économie verte. Attac France, 2012, Editions Les Liens qui Libèrent.
Publié dans Grand angle
La question controversée de l’extraction du gaz de schiste 1 est passée depuis quelques années de l’Amérique du Nord au reste du monde et nourrit un débat public intense dans chaque pays qui envisage son exploitation ou expérimentation. Le procédé d’extraction de ce gaz naturel, la fracturation hydraulique ou plus communément fracking, et les impacts de cette pratique sur l’environnement sont au cœur d’une controverse technoscientifique qui mobilise un large éventail d’acteurs. Rappelons tout d’abord la pertinence de l’étude des controverses qui permet de dévoiler les dynamiques sous-jacentes à la science, à ses relations avec la société au sens large et de rendre lisible la « science en train de se faire »2. Ainsi, cet article revient sur une controverse qui bat aujourd’hui son plein et met en évidence les enjeux de l’exploitation du gaz de schiste, les acteurs intriqués et les arguments et registres invoqués par ces derniers. Le gaz de schiste est un gaz naturel – composé principalement de méthane -, dit non-conventionnel, piégé dans de la roche peu perméable dont l’extraction par la fracturation hydraulique, déjà présente dans les années 40, a été rendue rentable à partir des années 2000. Autrefois inaccessible et exploitable à des coûts exorbitants, l’augmentation des prix des hydrocarbures couplée aux avancées en matière de technique d’extraction ont entraîné la ruée vers ce que certains médias nomment déjà le nouvel « or noir » du XXIe siècle3. La fracturation hydraulique qui permet la libération du gaz et pétrole de schiste consiste à fissurer la roche poreuse en injectant grâce à la technique du forage horizontal un fluide sous très haute pression. Par l’injection de grandes quantités d’eau, de sable et d’un faible pourcentage d’additifs chimiques - généralement 0,5% du volume total –, le gaz est ensuite récupéré à la surface et acheminé vers un pipeline. Cette pratique fait l’objet de vives critiques depuis la sortie du documentaire Gasland en 2010 aux Etats-Unis, réel déclencheur du débat public sur le gaz de schiste et devenu aujourd’hui un outil de mobilisation en Amérique du Nord et en Europe. Son auteur, John Fox, traverse les Etats-Unis à la rencontre des résidents vivant à proximité des exploitations et y dénonce les impacts négatifs de la fracturation hydraulique sur les communautés locales et l’environnement. Véritable controverse au sein de la controverse, le film a été récompensé par plusieurs prix mais n’a pas été exempt des critiques des lobbys industriels qui, en réponse, ont diffusé un courtmétrage intitulé Truthland, les « nouvelles du réel Gasland ». Qui dit quoi dans la controverse sur le gaz de schiste ? « Le gaz naturel est bon marché, abondant et américain. Le coût d’un plein de gaz naturel est un tiers moins cher que le plein d’essence traditionnelle et, peut-être avant tout, nous avons assez de gaz naturel aux USA pour répondre à nos besoins énergétiques pour les cent prochaines années4 ». John B. Larson, représentant républicain au Congrès, 2011 «En l’état actuel, je suis pour l’interdiction claire et nette de l’exploitation des gaz et huiles de schiste. Les enjeux écologiques et de santé publique sont trop grands». François Hollande, 12 mai 2012 CADRAGE ECONOMIQUE. Les compagnies industrielles en Amérique du Nord vantent l’essor économique engendré par la « révolution » des gaz et pétrole de schiste, ses bénéfices pour l’économie et la compétitivité des Etats-Unis et du Canada et le potentiel de création d’emplois grâce à l’exploitation d’une énergie devenue aujourd’hui bon marché qui réduirait la facture énergétique des importations. Plusieurs pays en Europe et en Asie se sont lancés vers ce que l’Agence internationale de l’énergie (AIE) qualifie déjà de « succès américain » dans son dernier rapport sur les « Perspectives énergétiques mondiales 2013 ». Toutefois, l’ampleur de ce succès est également controversée et certains experts soupçonnent les compagnies pétrolières de surestimer délibérément l’étendue des réserves de gaz de schiste et leur rendement réel5. CADRAGE GEOPOLITIQUE ET SECURITAIRE. Le lobby pétrolier et certains gouvernements présentent la révolution du gaz de schiste comme une opportunité pour devenir indépendant en matière d’énergie face aux exportateurs de pétrole, comme la Russie ou les pays soupçonnés de financer des groupes terroristes, en exploitant les réserves nationales. Dans un contexte de demande énergétique croissante et de raréfaction des ressources fossiles, l’avènement d’une « ère du gaz et pétrole de schiste » pourrait jouer un rôle déterminant sur l’échiquier des grandes puissances mondiales - en 2012, l’AIE annonçait que les Etats-Unis raviraient à l’Arabie Saoudite la place de premier producteur mondial de pétrole en 20176. Certains pays, comme la Chine, le Royaume-Uni et la Pologne, ont déjà lancé des programmes d’exploration, alors que d’autres gouvernements comme la France et la Bulgarie maintiennent, jusqu’à aujourd’hui, un moratoire contre l’exploitation du gaz de schiste sur leur territoire. Ces deux premières approches de la question du gaz de schiste sont principalement reprises dans les discours des industriels et du lobby gazier et pétrolier pour justifier leurs projets d’extraction de l’hydrocarbure. Les suivantes mettent l’accent sur les impacts de l’exploitation du gaz de schiste sur l’environnement et la santé et sont soutenus par les organisations environnementales et groupes anti-gaz de schiste. Leur cause a trouvé un écho médiatique auprès de célébrités comme Yoko Ono et Sean Lennon, à l’origine de la campagne Artists against fracking dans l’Etat de New-York. CADRAGE ENVIRONNEMENTAL. Les activistes qui militent contre le gaz de schiste s’opposent à son exploitation par un discours qui remet en question la pratique et les impacts de la fracturation hydraulique en tant que menace locale pour l’environnement. Ils dénoncent les énormes quantités d’eau nécessaires à la fracturation – de l’ordre de 10 000 à 20 000 m3, c’est-à-dire 1 à 2% du volume d’eau utilisé pour celle des puits conventionnels7 – et le traitement de ce fluide après son utilisation, de même que le manque de régulation qui entoure la composition des détergents qui le constituent – dans certains cas encore gardée secrète. Ils rapportent également de nombreux cas de pollution et de contamination des sols et de l’eau dus à des fuites de gaz et de fluides de fracturation, dont certains phénomènes insolites comme l’embrasement de l’eau des robinets dans les résidences à proximité des zones d’extraction. La controverse rejoint également la question plus globale du changement climatique, les partisans du gaz de schiste soulignant le volume moindre d’émissions de gaz à effet de serre produit par le gaz naturel – par rapport aux autres combustibles fossiles – et le rôle de « combustible pont » que le gaz naturel pourrait occuper. Les opposants dénoncent, quant à eux, la ruée vers le gaz de schiste comme un prétexte pour retarder une transition énergétique rapide vers les énergies renouvelables. La communauté scientifique reste divisée sur cette question aux enjeux et intérêts conflictuels. Alors que l’université de Cornell aux Etats-Unis est au cœur du développement du procédé de fracturation hydraulique, plusieurs de ses chercheurs font également partie des premiers « lanceurs d’alerte » sur les impacts environnementaux de cette pratique – grâce aux travaux, par exemple, d’Anthony Ingraffea sur le bilan carbone du gaz de schiste8, eux-mêmes sujet à controverses9. Face à un développement rapide de l’exploitation du gaz de schiste, les articles scientifiques sur les coûts environnementaux de cette extraction peinent à émerger dans les revues scientifiques spécialisées10. Une étude du Resources for the Future (RFF) intitulée «Des sentiers vers le dialogue. Ce que les experts disent des risques environnementaux du développement du gaz de schiste », publiée en 2013, démontrent que les inquiétudes des experts ne reflètent pas nécessairement les préoccupations qui alimentent le débat public11. Les chercheurs sont principalement concernés par les impacts environnementaux de la fracturation hydraulique à la surface, par exemple de la construction et du développement des infrastructures nécessaires à l’exploitation, du stockage et traitement des déchets ou encore des fuites et émissions de méthane. CADRAGE SANITAIRE. L’impact de la fracturation hydraulique sur la santé est étroitement lié au framing environnemental. Repris par les activistes, il renvoie aux conséquences de la contamination des sols et de l’eau sur la santé des communautés locales. Certains opposants aux gaz de schiste dénoncent également la présence de perturbateurs endocriniens et composants cancérigènes dans le fluide de fracturation. CADRAGE PAYSAGE. Finalement, certains groupes ajoutent à leurs revendications les dégâts causés par l’exploitation du gaz de schiste sur les paysages alors « transformés en zones industrielles polluées », la perte de valeur immobilière des résidences installées aux alentours des zones exploitées ou les bruits causés par le forage de puits. Certains soulignent les risques de tremblements de terre associés à cette pratique et étayés par plusieurs études scientifiques12. Une controverse comme les autres ? Une analyse de cette controverse sur Internet, au moyen de méthodes numériques, révèle une utilisation ciblée par les différents acteurs des termes fracturation hydraulique – en anglais hydraulic fracturation – et fracking13. La fracturation hydraulique, définie en termes plus techniques et économiques, est principalement utilisée par les compagnies gazières et pétrolières, la communauté scientifique et les agences gouvernementales, alors que la notion de fracking renvoie plutôt aux impacts destructeurs de cette pratique. Elle contient une connotation émotive, plus souvent relayée par les médias, grand défenseur du principe de balance des opinions, et les activistes anti-gaz de schiste. Ce bref plongeon au cœur de ce débat révèle aux yeux du lecteur toute l’étendue de l’entrelacement entre science et société. Cette controverse qui à première vue relève d’une question technoscientifique, la pratique de la fracturation hydraulique, et mobilise aujourd’hui des acteurs d’horizons scientifiques, économiques et sociaux très divers. Ces derniers maintiennent des arguments qui renvoient à des manières différentes, parfois conflictuelles, de cadrer la pratique de la fracturation hydraulique. Si les acteurs font toujours référence « aux faits », leurs positions sont dans certains cas déjà marquées politiquement et idéologiquement par leurs intérêts particuliers et se nourrissent de plusieurs autres controverses, comme celle sur le changement climatique anthropique ou la transition énergétique. La controverse sur le gaz de schiste soulève également la question des barrières de communication entre le milieu scientifique et le public et des stratégies utilisées par certains acteurs économiques pour manipuler les facts à leur avantage, mais également du rôle des médias, partisans du principe de représentation équilibrée des opinions, dans le débat public. Ces inquiétudes ont été maintes fois exposées, par exemple, sur la question du changement climatique14. Finalement, elle met la lumière sur la disparité croissante entre débat scientifique et débat public et le risque d’autonomisation de la controverse dans l’espace public, c’est-à-dire, une évolution indésirable vers « une situation de contestation qui se maintient ou se développe ‘indépendamment’ des avancées scientifiques touchant à la connaissance du risque collectif potentiel expertisé »15.n Références : 1. Refrains de The Fracking Song (My Water’s On Fire Tonight) sortie en 2011 par Explainer Music, LLC. 2.Trevor Pinch, « Scientific Controversies » for International Encyclopedia of Social and Behavioral Sciences 3.Voir par exemple les articles de l’Huffingtonpost, Le Monde ou Le Figaro. 4.Page personnelle de John B. Larson, « Larson Calls His NAT GAS Act Solution to Rising Gas Prices ». 2011 http://larson.house.gov/index.php/news/press-release-archive/2011-press-releases/1260--larson-calls-his-nat-gas-act-solution-to-rising-gas-prices- 5.Nafeez Mosaddeq Ahmed, « Gaz de schiste, la grande escroquerie », Le Monde Diplomatique, mars 2013 et Coleman, J. L. et al, « Assessment of Undiscovered Oil and Gas Resources of the Devonian Marcellus Shale of the Appalachian Basin Province », 2011. US Geological Survey Fact Sheet 2011–3092 (2011). 6.Voir le rapport « Perspectives énergétiques mondiales 2012 » de l’AIE. 7.Robert W. Howarth, Anthony Ingraffea et Terry Engelder, «Natural gas: Should fracking stop? », Nature 477, 271–275 (15 septembre 2011) 8.Robert W. Howarth, Renee Santoro, Anthony Ingraffea, «Methane and the greenhouse-gas footprint of natural gas from shale formations », Climatic Change, June 2011, Volume 106, Issue 4, pp 679-690. 9.Lawrence M. Cathles III, Larry Brown, Milton Taam, Andrew Hunter, « A commentary on “The greenhouse-gas footprint of natural gas in shale formations” by R.W. Howarth, R. Santoro, and Anthony Ingraffea », Climatic Change, July 2012, Volume 113, Issue 2, pp 525-535. 10.Robert W. Howarth, Renee Santoro, Anthony Ingraffea, ibid. 11.Alan Krupnick, Hal Gordon, and Sheila Olmstead, « Pathways to Dialogue. What the Experts Say about the Envrionmental Risks of Shale Gas Development », Resources for Future, février 2013 12.Voir par exemple Nicholas J. van der Elst, Heather M. Savage, Katie M. Keranen, and Geoffrey A. Abers, « Enhanced Remote Earthquake Triggering at Fluid-Injection Sites in the Midwestern United States », Science, 12 juin 2013: 164-167. 13.Voir http://www.whatthefrack.eu/ 14.Voir par exemple les travaux de James Hoggan, « Climate Cover-Up: The Crusade to Deny Global Warming » et Naomi Oreskes et Erik M. M. Conway sur les marchants de doute. 15.Ignace Adant, Olivier Godard et Thierry Hommel, « Expertise scientifique et gestion de la contestabilité sociale * Kari De Pryck est doctorante au CERI, sa thèse porte sur Le GIEC face aux controverses climatiques.
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La vente en ligne et les contrôles laxistes du commerce national de l’ivoire au Japon stimulent le commerce international illégal des défenses d’éléphants et contribuent à une augmentation importante du braconnage, d’après ce qu’ont déclaré des militants mardi 18 mars. Le manque de règles pour réglementer l’enregistrement de l’ivoire brut et les licences des importations, des vendeurs en gros, des fabricants et des distributeurs a permis aux stocks illégaux d’envahir le marché japonais, d’après un rapport publié par l’Agence d’investigation environnementale (EIA). Dans le cadre des règles actuelles, seules les défenses d’éléphants doivent être enregistrées par l’Agence environnementale du Japon. « Les contrôles d’ivoire au Japon sont biaisés et il y a des preuves que de grandes quantités d’ivoire illégale ont été échangées sur le marché national », indique le rapport, coécrit par le groupe Humane Society International de défense des animaux. « La crise actuelle du braconnage des éléphants en Afrique nécessite une réponse urgente et rapide avant que les populations ne disparaissent. Les marchés fleurissants de l’ivoire du Japon et de la Chine sont désormais les forces clés à l’origine de l’épidémie de braconnage en Afrique et au commerce illégal mondial de l’ivoire. » Le commerce international de l’ivoire est illégal dans le cadre de la Convention sur le commerce international des espèces menacées (Cites). Une grande partie de l’ivoire importé au Japon est utilisé pour faire des étiquettes traditionnelles appelées hankos qui sont utilisées comme des signatures de documents. L’EIA indique que le site internet japonais Rakuten Ichiba est le principal marché mondial pour l’ivoire d’éléphant, citant plus de 28 000 publicités pour es produits.n (Source : Agences)
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La 10e édition du semi-marathon non compétitif « La boucle verte » a été organisée samedi au parc national des cèdres de Theniet El Had (Tissemsilt) dans le cadre du lancement de la saison touristique au niveau de la forêt El Medad du parc. Cette manifestation, organisée par la maison du parc des cèdres, en collaboration avec l’Office des établissements de jeunes (Odej) et l’auberge de jeunes de Theniet El Had, a vu la participation de plus de 200 coureurs âgés de 15 à 66 ans, venus des wilayas de Tissemsilt, Aïn Defla, Chlef et Tiaret, sur un parcours long de 15 km. Cette course, qui a drainé un public nombreux, vise à sensibiliser les citoyens sur la préservation de l’environnement, ainsi que la promotion du tourisme forestier et de montagne, selon le chef de la cellule de communication de la cédraie nationale. La saison touristique du parc des cèdres s’étale sur toute la saison du printemps. Elle enregistre une affluence des familles de la wilaya et d’autres régions, en quête de tranquillité et de repos. La maison du parc national a prévu plusieurs activités, avec le lancement de la saison touristique au sein de la forêt El Medad, comme l’organisation d’une campagne de plantation de 800 arbustes de cèdres avec l’implication des élèves du primaire, la mise sur pied d’un tournoi local de jeux d’échecs et des tournées touristiques. Le parc national des cèdres de Theniet El Had, situé à une altitude de 1923 mètres, s’étend sur une superficie de 3425 ha. On recense 72 espèces d’animaux protégés, 29 espèces ornithologiques et autres reptiles et insectes. (Source : APS)
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On prévoit que les eaux souterraines, seule source d’eau potable de la bande de Gaza, deviendront inutilisables dès 2016, si les projets de désalinisation de l’eau continuent de ralentir, a indiqué à Xinhua un important représentant de la compagnie des eaux Palestinian Waters Corporation (PWC), lors d’une récente interview. Marwan Bardaweel, coordinateur du programme de la PWC, explique depuis son bureau à Gaza que de nombreux obstacles ont ralenti la mise en œuvre des projets de désalinisation de l’eau dans l’enclave côtière, ajoutant : « Ces projets sont la seule solution d’importance pour éviter une future crise de l’eau. » « Parmi les obstacles, il y a le manque de financement par les donateurs, l’aggravation de la crise de l’énergie et la fermeture des points de passage », précise Bardaweel. Il fait remarquer : « Israël interdit les matériaux de construction et les équipements nécessaires pour les stations de désalinisation de l’eau, en plus des divisions internes qui empêchent la coordination entre Gaza et la Cisjordanie. » Un récent rapport des Nations unies a révélé que la bande de Gaza, avec une population de 1,8 million de Palestiniens, « faisait face à un grave problème d’eau, une question dangereuse qui pourrait rendre la vie impossible dans l’enclave dès 2020 ». Ce rapport indique que dès 2016, les eaux de Gaza seront inutilisables et que dès 2020 cela sera difficile d’y remédier. Le Centre pour les droits de l’homme en Palestine, basé à Gaza, a révélé dans son rapport annuel publié samedi que près de 95% des eaux de la bande de Gaza ne répondaient pas aux normes du Programme mondial de la santé, ajoutant que la consommation en eau pour une personne à Gaza était de 89,5 litres, inférieur au minimum mondial. Le rapport note que la crise de l’eau se détériorera dans un contexte de population en forte croissance et que, « dès 2020, la population de la bande de Gaza atteindra les 2,16 millions d’habitants, et il leur faudra 120 millions de mètres cubes d’eau chaque année ».n
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Enseignant et chercheur universitaire, Boualem Remini travaille à l’université de Tlemcen, ainsi que dans d’autres centres de recherche en relation avec les questions de la ressource hydrique. Son propos est que les grands investissements consentis par l’Etat pour la construction de barrages et d’équipements sont vitaux pour la sécurité du pays et de sa population. Cependant, le sauvetage des systèmes de gestion et de distribution d’eau, aujourd’hui menacés par la modernité et le laisser-aller, est aussi important, rappelle-t-il. En particulier, dans les sites où ils ont vu le jour comme au Sahara et dans les oasis… Entretien réalisé par Rachid Tlemçani Reporters : L’Algérie vient de célébrer la journée mondiale de l’eau, un secteur au centre de l’actualité nationale depuis plus d’une décennie au moins. Où en est-on dans ce domaine ? Boualem Remini : En termes de ressources, il y a eu durant ces dernières années une nette amélioration aux plans quantitatif et qualitatif. Il y a nettement moins de pénurie d’eau dans la plupart des régions du pays et moins de maladies à transmission hydrique. Les investissements consentis par l’Etat dans ce domaine sont, de ce point de vue, très encourageants. L’enjeu, maintenant, c’est d’augmenter nos réserves d’eau douce par de nouvelles techniques autres que les grandes infrastructures. Si, aujourd’hui, l’Algérie possède 65 grands barrages, 5 grandes stations de dessalement et de transferts d’eau gigantesques – ce qui est une très bonne chose - elle reste en retard dans le domaine de la recharge artificielle des nappes et la réutilisation des eaux épurées en agriculture. Elle enregistre également un déficit inquiétant dans la protection des systèmes ancestraux de collecte et de gestion de l’eau telles les foggaras par exemple. Il est impératif qu’on protège ces systèmes qui ont prouvé leur efficacité par le passé et dans des périodes de grande rareté de la ressource hydrique, en particulier dans les régions du Sahara, où il est inintéressant et inutile de construire des barrages ou des équipements de ce genre. Le débat sur l’eau laisse progressivement apparaitre celui sur le réchauffement climatique et l’impact qu’il a sur la ressource hydrique et sa disponibilité. A-t-on raison de lier les deux ? Oui, absolument. La disponibilité comme la rareté de l’eau dépendent du climat et de ce qu’on fait pour la préserver. Le développement urbain et l’extension des villes exigent de nous, aujourd’hui, de développer et de rénover les réseaux de distribution et d’assainissement de l’eau. Face au changement climatique sous l’effet de la pollution industrielle, de la déforestation et de l’urbanisation effrénée, il faut, cependant, chercher les moyens adéquats pour rendre ces réseaux plus efficaces et moins vulnérables par des choix techniques et technologiques adéquats. Je dis cela parce qu’en plus de l’effet climatique sur la ressource, il faut ajouter celui de la croissance démographique qui est tout aussi redoutable et nécessite des scénarios de haute conception. L’Algérie investit beaucoup dans les barrages pour atteindre une capacité de 10 milliards de mètres cubes environ en 2015. Cela est fort bien, d’autant que les projections du gouvernement vont jusqu’à l’horizon 2025 pour une prévision de 20 milliards de mètres cubes. Mais, il est indispensable de tenir compte des contraintes et de procéder régulièrement à la réévaluation de la capacité de notre réseau hydrographique par rapport aux besoins qui peuvent apparaître demain et que nous devons anticiper sérieusement. Je dis cela sachant que la réalisation des barrages ne va pas de soi et que les sites favorables à ce genre d’équipement ne sont pas aussi nombreux qu’on le croie. Je pense même que l’on se dirige vers une indisponibilité de ces sites. Il faut continuer d’explorer et d’en rechercher de nouveaux via les images satellitaires et la prospection de terrain. Restons dans l’impact du changement climatique sur la ressource en eau… Aucun chercheur ne peut nier cet impact. Une pluviométrie faible aura un impact sur le taux de remplissage des barrages. Les longues périodes sèches accélèrent l’évaporation des surfaces d’eau, des lacs, des barrages. Et c’est déjà le cas chez nous : la hauteur perdue des réservoirs de barrages est de 1 m dans le Nord et de 2 m dans le Sud algérien. Ces valeurs doivent être revues à la hausse dans les années à venir. Il faut parler aussi de l’envasement qui est de 45 millions de mètres cubes/an actuellement. Ce chiffre doit être également revu à la hausse dans les années à venir pour le même nombre de barrages. La quantité de terre érodée augmentera suite aux périodes sèches puis aux crues dévastatrices et au ruissellement des sols ravinés. Cela dit : l’envasement est un phénomène naturel. Tous les barrages de la planète s’envasent, mais à des vitesses variables d’une région à l’autre. Il se trouve que la région de l’Afrique du Nord est considérée comme une région très sensible à l’envasement. En Algérie, on a 15 barrages qui sont très envasés sur les 65. Le taux d’envasement de certains barrages est très faible, comme ceux des barrages de Boukourdene et Keddara. Les barrages de SMB et Bakhada, qui étaient classés parmi les barrages les moins envasés, sont aujourd’hui classés parmi les barrages les plus envasés de l’Algérie. Leur taux d’envasement a pratiquement doublé en 20 ans d’exploitation à cause de la dégradation de leurs bassins versants. Hormis les barrages, y a-t-il d’autres solutions pour retenir l’eau et l’exploiter ? Vous voulez sans doute parler des techniques de récupération des eaux de ruissellement et de surface. Pour cela, on peut aborder la question de la recharge artificielle des nappes. D’une façon très simple, le site d’une recharge est l’inverse de celui d’une retenue ou d’un barrage. Il faut chercher un lieu de forte perméabilité pour accélérer les infiltrations et minimiser l’évaporation. L’Algérie est très en retard dans ce domaine, alors que les coûts sont moins importants à supporter. Il suffit de creuser deux à trois bassins à côté d’un cours d’eau : un bassin de décantation et un bassin d’infiltration. Il suffit d’étudier la perméabilité du site pour déterminer le débit d’infiltration. Etudier le transport solide du cours d’eau pour évaluer le débit des sédiments qui décanteront dans le premier bassin. Selon mes connaissances, il existe deux expériences en Algérie, dont celle de Tipaza, où les lâchers d’eau par la vanne de fond du barrage de Boukourdene permettent de réalimenter la nappe et par conséquent les puits qui se trouvent à l’aval du barrage sont remplis d’eau. Le site de la recharge artificielle, qui se trouve dans la région de Bouinan, est par ailleurs le premier site d’Algérie. La nappe a été réalimentée par les eaux de l’oued El Harrach. Le niveau de la nappe a augmenté sur un rayon de 20 km. Il faut savoir que toutes les nappes se rechargent naturellement, mais avec des vitesses variables, puisque le sol est hétérogène. Dans ce cas, il faut chercher le lieu le plus perméable, donc une vitesse d’infiltration importante. On peut trouver des sites dans le lit du cours d’eau ou à côté du cours d’eau. Il suffit de réaliser une digue dans le cours d’eau pour accélérer l’infiltration de l’eau pour le premier cas. Pour le deuxième cas, il suffit de creuser un bassin et de faire une déviation d’une partie du cours d’eau vers ce bassin pour réalimenter la nappe. Ce sont des systèmes qui rappellent ceux utilisés jadis dans les régions sahariennes et les oasis… Une expérience similaire a été menée en Tunisie durant les années 1980 par l’Institut français de recherche pour le développement (IRD). Elle a donné de très bons résultats après la réalisation de retenues collinaires qui permettent à l’eau de s’infiltrer rapidement. Les puits qui se trouvaient à l’aval ont été remplis d’eau de bonne qualité. Mais il est important de souligner sur ce point que ce système a été utilisé en Algérie depuis plus de 5 siècles dans la vallée de Mzab. Le long de l’oued Mzab, il y avait 17 digues appelées Ahbass. Le dernier barrage se trouve à El Atteuf. Ces ouvrages ralentissent l’écoulement des crues pour recharger la nappe. Des milliers de puits (hassi) alimentaient les oasis de la vallée. Malheureusement, aujourd’hui, il ne reste que deux Ahbass qui se trouvent dans un état très dégradé ; il s’agit de Ahbass Ajdid et Ahbass El Atteuf. C’est très dommageable, parce que je peux vous dire que c’est un système original et unique dans le monde. Il montre comment les Mozabites durant des siècles ont pu vivre grâce uniquement à une crue ou deux par année. Il consiste à récupérer toute l’eau qui tombe dans les montagnes rocheuses du Mzab sans perdre une goutte d’eau. Toute la crue est dirigée vers les jardins, l’eau est partagée équitablement entre la population. Vous avez écrit également sur le système des foggaras et les services extraordinaires qu’il rend aux populations sahariennes… Je termine sur le Mzab : lors d’une mission effectuée par nos soins au niveau de la vallée du Mzab, j’ai constaté que ce patrimoine mondial était en situation de dégradation et risquait même de disparaître dans quelques années. Plusieurs ouvrages de ce système ont disparu. Les seguias et les canaux de la palmeraie n’existent pratiquement plus depuis la crue de 2008. Le système de partage de Bouchendjen, qui est connu mondialement, se trouve dans un état dégradé depuis cette époque. Les Ahbass Ajdid et Atteuf sont très dégradés. Dans deux ou trois ans, ce système de Ghardaïa disparaîtra comme ceux de Mettlili et Beni Izguen. C’est regrettable, parce que cela permet une gestion intelligente et adaptée de la ressource avec des coûts nettement moins importants que des équipements modernes qui ne sont pas si adaptés qu’on le croit. Je passe sur la mise en danger de la culture locale par la disparition de cette antique et haute ingénierie de l’eau. Pour les foggaras, il y en actuellement environ 800 opérationnelles, dont le débit reste inférieur à 3 m3/s. La bonne nouvelle est qu’il y a aujourd’hui des projets de rénovation de certaines foggaras que ce soit à Adrar, Timimoun ou à Bechar. Il y a des doutes sur l’origine de cette technique. Certains auteurs avancent qu’elle est d’origine iranienne, alors que d’autres disent qu’elle est locale… Pour moi, le problème n’est pas là. Le nombre de foggaras opérationnelles dans le monde est estimé à 30 000, dont 22 000 sont en exploitation réelle en Iran. La foggara existe dans plus de 30 pays du monde et dans 16 pays arabes. Il s’agit donc d’un patrimoine culturel mondial vivant qu’il faut sauvegarder. C’est là où réside mon problème : comment sauvegarder l’ancien, le beau et l’utile. J’ajoute que si le principe de fonctionnement de la foggara est le même dans tous les pays où elles existent, avec pour base les galeries souterraines, la source de captage est toutefois différente d’une région à l’autre. L’originalité en Algérie est qu’il existe 7 types de foggaras dans le Sahara algérien. La distribution et le partage de l’eau de la foggara algérienne sont uniques dans le monde. Nos aïeux ont pu obtenir de l’eau grâce aux foggaras qu’ils ont développées depuis plus de 10 siècles. Ils ont appris à gérer la ressource eau et son partage équitable entre la population en périodes de crise. C’est ainsi que lors de la baisse progressive du niveau de la nappe, qui se traduit par une diminution du débit de la foggara, les oasiens ont adopté des méthodes pour accroître le débit en prolongeant et ajoutant de nouvelles galeries au drain initial. C’est extraordinaire ! Faut-il préserver l’ancien et investir intelligemment dans le nouveau ? C’est la conclusion que j’aurai de mes propos : rien ne sert d’investir dans du nouveau si l’on ne sait pas préserver l’ancien, en particulier là où il est le plus utile sinon indispensable. De ce fait, il importe de responsabiliser l’ensemble des acteurs et d’envisager d’appliquer toutes les solutions disponibles, sur le plan économique comme sur le plan technologique, comme sur le plan culturel.
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Les autres soutiens du chef de l’Etat et candidat à sa propre succession à l’image de Amar Saâdani, Amar Ghoul, Amar Benyounès ont animé plusieurs meetings. Ainsi, Amar Saâdani, secrétaire général du FLN, s’est rendu à Médéa pour animer une rencontre avec les citoyens de la ville. Sur place, le patron du FLN a appelé les citoyens à se rendre massivement aux urnes en plaidant pour une campagne électorale «propre». Il a émis le vœu de voir la campagne électorale «se dérouler dans un climat serein, loin de toute invective ou atteinte à l’intégrité morale des candidats en lice pour la magistrature suprême du pays». Il a assuré que la campagne animée pour le compte du candidat Bouteflika «ne sera dirigée contre aucun autre concurrent», en appelant ces mêmes candidats « à s’inscrire dans cette optique et d’éviter l’invective et les attaques personnelles ». Pour le patron de l’ex-parti unique, une campagne électorale doit s’articuler autour des programmes des candidats dans «un climat de débat démocratique». De ce fait, il a explicité quelques points du programme de Bouteflika, en insistant sur «la nécessité de prôner la stabilité et la continuité». Pour le SG du FLN, le 17 avril prochain « verra le triomphe du candidat qui incarne la stabilité et la paix sociale, le candidat qui a œuvré à la préservation du pays et de ses institutions, celui qui va permettre à l’Algérie de poursuivre sa marche vers le progrès et la prospérité ». De leur côté, Amara Benyounès, SG du MPA, et Amar Ghoul, premier responsable de TAJ, se sont rendus à Bouira où ils ont animé deux meetings populaires, l’un à la salle des fêtes de Sour El Ghozlane et le second à la maison de la culture Ali Zammoum. D’emblée, les deux responsables ont pris pour cible les boycotteurs. « Nous les avions vu récemment à Harcha et nous avions vu avec qui ils se sont réunis », a dit Amara Benyounès, avant d’ajouter que « le retour aux années noires est impossible ». Dans cette salle, les dirigeants des deux partis ont pris la parole pour réitérer leur soutien inconditionnel au candidat Bouteflika. Malgré la forte présence des adeptes d’un 4e mandat pour Bouteflika, le meeting a été chahuté par un groupe d’opposants qui ne cessait de scander « non à un 4e mandat ». Après cet incident maîtrisé par les organisateurs, les hôtes de la ville de Bouira sont allés rencontrer les citoyens dans les rues de la ville de Sour El Ghozlane. En somme, une rencontre de proximité. Lors du deuxième meeting, le directeur de campagne de Bouteflika, M. Chérif Ould Hocine, a appelé pour sa part à un vote massif le jour du vote, avant de laisser intervenir tout à tour Amar Ghoul et Amara Benyounès, dont les contenus n’ont pas été différents. Leurs interventions ont été axées sur la nécessité de préserver les acquis du pays et la réconciliation nationale. Ce dernier thème a été abordé par le patron de TAJ qui a estimé que « Bouteflika est l’architecte de la réconciliation nationale, et l’armée l’a concrétisée ». Poursuivant son discours, il s’en est pris à ceux qui appellent à une période de transition, à l’arrêt du processus électoral ou au boycott. Relayé par le chef du MPA, qui n’a pas manqué à son tour d’ironiser sur le « microcosme algérois qui ne représente pas l’Algérie profonde », en leur conseillant d’aller voir le pays profond, au lieu d’appeler à l’empêchement du candidat Bouteflika de se présenter à l’élection présidentielle. « L’Algérien en a assez des années de braises, il a besoin de vivre, de voyager, de goûter à la paix », ne cessait de répéter Amara Benyounès. A la fin, il fera savoir que personne ne le fera taire tant qu’il est dans le droit de s’exprimer, en respectant l’opposition et les avis différents. Amar Ghoul, lors de son intervention, a informé l’assistance qu’un autre tronçon de l’autoroute Est-Ouest est prévu pour la ville de Bouira, avec en prime, une ligne ferroviaire. Il a également fait connaitre à l’assistance que quand ils s’apprêtaient, lui et Amara Benyounès, à venir à Bouira pour donner le coup d’envoi de la campagne électorale à partir de cette wilaya, Bouteflika les a priés de passer un chaleureux et fraternel compliment aux populations de cette région. Les deux hommes ont appelé, avec insistance, à un vote massif le jour du scrutin.n
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