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Reporters

1291982811Paru en Franceen 2013 chez Riveneuve et réédité  en  janvier  dernier  en  Algérie  par  les éditions Sedia, l’ouvrage historique intitulé Vérités et légendes d’une « OAS internationale »,écrit  sous  la  direction  d’Olivier Dard, professeur d’histoire contemporaine  et  directeur  du  Centre  de  recherche  universitaire  lorrain d’histoire  (CRULH),  ainsi que de Victor Pereira, maître  de  conférences  en  histoire  contemporaine,  apparaît  comme  une  tentative d’exposer  la  réalité,  ou  du moins une lecture logique et documentée sur la subsistance idéologique, ainsi que de la supposée récupération des réseaux de l’Organisation armée secrète (OAS) après l’indépendance de l’Algérie. Ouvrage  très  riche  en  informations, à tel point qu’il nécessite d’accompagner sa lecture  de  recherches,  tant  les références  à  des  événements, des  personnages  historiques ou des acteurs de l’ombre souvent peu connus se croisent. Le livre  de  220  pages  recueille, par  ailleurs,  les  contributions d’experts  e  d’historiens  issus de plusieurs pays, à l’image de Pauline Picco, Riccardo Marchi, Victor Pereira ou Mario Ranalletti, qui reviennent notamment sur  les  anciens  de  l’OAS  qui  ont trouvé refuge en Argentine, et expose tout au long des pages, en se basant uniquement sur des documents vérifi ables et pour  certains inédits, les liens de circonstances,  la  traque  que  leur mèneront les pays européens, citant notamment  le  cas  d’Antoine  Argoud,  mais aussi les liens et l’évolution des affi nités idéologiques qu’a conservés longtemps après 1962 l’OAS  avec  d’autres  organisations  classées d’extrême  droite,  à  l’image  des  mouvements belges, créés dans le contexte assez similaire de la décolonisation du Congo. Et ses angles d’analyse, tour à tour décortiqués, aboutissent à la conclusion que beaucoup  pourront  considérer  à contre-courant de la vision habituellement véhiculée, à savoir que l’OAS, cette organisation qui avait pour devise « l’OAS frappe où elle veut, quand elle veut » et qui a par les moyens les plus radicaux tenté d’empêcher le lent, mais défi nitif retournement de la société française  en  faveur  de  l’indépendance, puis sa traduction politique sous la présidence du général De Gaulle, n’a pu, ou n’a pas su perdurer de manière eff ective, en renouvelant  son  public  et  ses  dirigeants. Et c’est cette question de la continuité entre  l’OAS  partisane  de  la  colonisation  de l’Algérie, et ce qui a par la suite été appelé « l’OAS européenne » ou « l’OAS internationale » qui constitue l’axe central de l’ouvrage. En eff et, prenant pour point de départ, explique M. Dard dans son introduction, le fait que « si l’OAS a offi ciellement un début qui renvoie à sa fondation en février 1961 à Madrid, sa fi n n’a jamais offi ciellement était actée  »,  il  apparaît  en  eff et  au  travers  de l’ouvrage Vérités et légendes d’une « OAS internationale »  que  la  supposée  contribution  de manière structurée de membres de l’OAS après juillet 1962 à des opérations clandestines en Europe et dans le monde serait une exagération impossible à rattacher avec l’organisation « historique ». Incapable de mener à bien le « projet » d’assassinat du général De Gaulle, vu par  les  anciens  de  l’OAS  comme  une  «  vengeance », ou de se muer en une organisation à l’action purement anticommuniste, sa force de frappe est restée marginale et n’a malgré les discours  jamais  pu  égaler  l’intensité  des  crimes commis en Algérie. Et pourtant, le mythe de l’OAS a d’une certaine manière perduré au travers du parcours de certains de ses membres, accusés aujourd’hui d’avoir pris part à de nombreuses  opérations  clandestines,  notamment ceux réfugiés dans les pays latino-américains, d’avoir collaboré à « l’opération Condor ».  Ou  encore,  entre  autres  grâce  aux  révélations  faites  en  Italie,  d’avoir  été  récupérés dans l’insaisissable réseau « stay-behind » imaginé dans le contexte de la guerre froide, et mis en place par l’Otan dans les pays d’Europe de l’Ouest dans l’éventualité de leur basculement dans le camp socialiste.Ouvrage  fort  intéressant,  disponible  dans  la plupart des librairies au prix de 900 DA, Vérités et légendes d’une « OAS internationale» apporte une explication nouvelle sur l’ampleur de la subsistance idéologique de l’OAS en Europe et dans le monde, mais ses auteurs expliquent  également  que  la  vision  que  conserve aujourd’hui  encore  le  public,  mais  aussi  les auteurs et historiens sur les capacités et les ramifi cations de l’OAS après la guerre d’Algérie s’explique par l’intoxication des médias, par la propagande  et  la  littérature  diff usée  par  les milieux  proches  de  l’OAS,  mais  aussi  par  la validation implicite de cette vision tronquée suite à son exploitation à des fi ns purement politiques et tactiques par des mouvements de gauche, d’extrême gauche, mais aussi de gouvernements,  notamment  le  pouvoir  gaulliste qui a agité un prétendu danger venant d’extrême droite et qu’incarnerait cette « OAS internationale ».

RTX15ZLELe mouvement de contestation (baptisé « Euromaïdan ») qu’a récemment vécu l’Ukraine est intéressant à plusieurs égards. Il montre comment un coup d’Etat civil contre un gouvernement démocratiquement élu peut être fomenté avec succès avec un appui étranger et sans intervention militaire. Il dévoile la flagrante partialité et le manque d’intégrité des médias mainstream occidentaux qui, avec une argumentation fallacieuse, appuient aveuglément l’interventionnisme occidental et, avec une vision dichotomique de la situation, qualifi ent les uns de bons et les autres de mauvais.Plus grave encore, il dessine les contours, jusqu’alors  vaporeux,  de  la  renaissance  de  la guerre  froide  qu’on  croyait  enterrée  avec  la chute du mur de Berlin. Finalement, il nous offre une projection probable de la situation des pays arabes « printanisés » dans la mesure où l’Ukraine a connu son « printemps » en 2004, printemps  communément  appelé  «  révolution orange ». Mais pour comprendre la situation ukrainienne actuelle,  il  est  primordial  de  passer  en  revue quelques dates importantes ainsi que les noms des acteurs majeurs de la politique ukrainienne de l’après-ère soviétique : UN COUP D’ÉTAT PLÉBISCITÉ PAR L’OCCIDENT Ce qui vient de se passer en Ukraine ces derniers jours est un véritable coup d’État. En effet, le président Viktor Ianoukovytch a été démocratiquement élu le 7 février 2010 en battant  Ioulia  Timochenko  au  second  tour  de l’élection  présidentielle  (48,95  %  des  voix contre 45,47 %). Évidemment,  Timochenko  n’avait  pas  immédiatement accepté le verdict des urnes [1]. Il y a sûrement eu fraude quelque part puisqu’elle était,  lors  des  élections,  Premier  ministre  en exercice et que Viktor Iouchtchenko était président du pays. Les deux fi gures emblématiques de la révolution orange, très largement soutenues par les pays  occidentaux,  ceux-là  mêmes  qui  étaient supposés  faire  entrer  l’Ukraine  dans  une  ère nouvelle, celle de la démocratie et de la prospérité, ont été largement battues par un candidat pro-russe. Et quel candidat! Ianoukovytch! Celui qui avait été « conspué » par les activistes de la vague orange de 2004. En moins de six ans, les Ukrainiens avaient compris que cette « révolution » colorée n’en était pas une. Le 8 février 2010, Joao Soares, le président de l’Assemblée parlementaire de l’Organisation pour la sécurité et la  coopération  en  Europe  (OSCE)  déclara  : « L’élection a off ert une démonstration impressionnante  de  démocratie.  C’est  une  victoire pour  tout  le  monde  en  Ukraine.  Il  est  temps maintenant  pour  les  dirigeants  politiques  du pays d’écouter le verdict du peuple et de faire en sorte que la transition de pouvoir soit pacifi que et constructive. » [2] Sans  trop  de  conviction,  mais  placée  devant l’évidence du verdict des observateurs internationaux,  Timochenko  fi nit  par  retirer  son  recours en justice visant à invalider le résultat de l’élection [3]. Les « révoltés » de la place Maïdan reprochent à Ianoukovytch d’avoir décidé de suspendre un accord  entre  son  pays  et  l’Union  européenne (UE). Et une question fondamentale se pose : en démocratie, et dans le cadre des prérogatives de sa fonction, un président en exercice a-til le droit de signer les accords qu’il juge bénéfi ques  pour  son  pays?  La  réponse  est  oui, d’autant  plus  que  de  nombreux  spécialistes pensent que cet accord était néfaste pour l’économie de l’Ukraine. Ainsi, selon David Teurtrie, chercheur à l’Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO, Paris) : « La proposition faite à l’Ukraine  a  été,  comme  je  l’appellerais,  une stratégie perdant-perdant. Pourquoi? L’accord correspondait à la mise en place d’une zone de libre-échange entre l’UE et l’Ukraine. Mais cette zone de libre-échange était très défavorable pour l’Ukraine parce qu’elle ouvrait le marché  ukrainien  aux  produits  européens  et elle  entrouvrait  le  marché  européen  aux  produits ukrainiens qui ne sont en majeure partie pas  concurrentiels  sur  le  marché  occidental. Nous voyons donc que l’avantage est assez peu évident pour l’Ukraine. Pour simplifi er, l’Ukraine  prenait  sur  elle  tous  les  désavantages  de cette libéralisation du commerce avec l’UE et ne recevait aucun avantage » [4]. L’économiste russe Sergueï Glaziev est lui aussi du  même  avis  :  «  Toutes  les  estimations,  incluant celles des analystes européens, font part d’un ralentissement inévitable dans la production de biens ukrainiens dans les premières années suivant la signature de l’Accord d’association, puisqu’ils sont condamnés à une perte de compétitivité  par  rapport  aux  produits  européens. » [5]Nonobstant la sensibilité pro-russe de Ianoukovytch, il est clair que la proposition russe était beaucoup plus intéressante pour l’Ukraine que celle avancée par les Européens. « L’UE ne promet  pas  la  lune  aux  manifestants...  juste  la Grèce » titrait ironiquement le journal l’Humanité[6]. Après les émeutes sanglantes de Kiev, de nombreux  pays  occidentaux  se  sont  curieusement empressés de déclarer qu’ils étaient prêts à soutenir « un nouveau gouvernement » en Ukraine [7],  c’est-à-dire  de  reconnaître  implicitement un coup d’Etat. Au lieu d’attiser la violence et de fi nancer les barricades, ces pays n’auraientils pas dû off rir leurs services pour calmer les esprits  et  attendre  les  prochaines  élections, comme le dictent les fondements de la démocratie qu’ils essaient d’exporter en Ukraine et ailleurs dans le monde? PETITES PRÉCISIONS SUR LA RÉVOLUTION ORANGE La révolution orange fait partie d’une série de révoltes baptisées « révolutions colorées », qui s sont déroulées dans les pays de l’Est et surtout les ex-Républiques soviétiques durant les années 2000. Celles qui ont abouti à un changement du gouvernement en place ont touché la Serbie (2000), la Géorgie (2003), l’Ukraine (2004) et le Kirghizstan (2005). Dans un article  exhaustif  et  très  détaillé  sur  le  rôle  des États-Unis dans les révolutions colorées, G. Sussman et S. Krader de la Portland State University mentionnent dans leur résumé : «Entre 2000 et 2005, les gouvernements alliés de la Russie en Serbie, en Géorgie, en Ukraine et au Kirghizistan ont été renversés par des révoltes sans effusion de sang. Bien que les médias occidentaux en général prétendent que ces soulèvements sont spontanés, indigènes et populaires (pouvoir du peuple), les « révolutions colorées » sont en fait le résultat d’une vaste planification. Les États-Unis, en particulier, et leurs alliés ont exercé sur les États postcommunistes un impressionnant assortiment de pressions et ont utilisé des financements et des technologies au service de l’aide à la démocratie » [8]. Une dissection des techniques utilisées lors de ces « révolutions » montre qu’elles ont toutes le même modus operandi. Plusieurs mouvements ont été mis en place pour conduire ces révoltes : Otpor (« Résistance ») en Serbie, Kmara (« C’est assez! ») en Géorgie, Pora (« C’est l’heure ») en Ukraine et KelKel (« Renaissance ») au Kirghizistan. Le premier d’entre eux, Otpor, est celui qui a causé la chute du régime serbe de Slobodan Miloševic. Après ce succès, il a aidé, conseillé et formé tous les autres mouvements par l’intermédiaire d’une officine spécialement conçue pour cette tâche, le Center for Applied Non Violent Action and Strategies (Canvas) qui est domiciliée dans la capitale serbe. Canvas forme des dissidents en herbe à travers le monde à l’application de la résistance individuelle non violente, idéologie théorisée par le philosophe et politologue américain Gene Sharp dont l’ouvrage « From Dictatorship to Democracy » (De la dictature à la démocratie) a été à la base de toutes les révolutions colorées. Aussi bien Canvas que les différents mouvements dissidents ont bénéficié de l’aide de nombreuses organisations américaines d’« exportation » de la démocratie comme l’United States Agency for International Development (Usaid), la National Endowment for Democracy (Ned), l’International Republican Institute (Iri), le National Democratic Institute for International Affairs (NDI), la Freedom House (FH), l’Albert Einstein Institution et l’Open Society Institute (OSI). Ces organismes sont financés par le budget américain ou par des capitaux privés américains. À titre d’exemple, la Ned est financée par un budget voté par le Congrès et les fonds sont gérés par un conseil d’administration où sont représentés le Parti républicain, le Parti démocrate, la Chambre de commerce des États-Unis et le syndicat American Federation of Labor-Congress of Industrial Organization (AFL-CIO), alors que l’OSI fait partie de la Fondation Soros, du nom de son fondateur George Soros, le milliardaire américain, illustre spéculateur financier. Il est aussi intéressant de noter que le conseil d’administration de l’IRI est présidé par le sénateur John McCain, le candidat défait de la présidentielle américaine de 2008. L’implication de McCain dans les révolutions colorées est clairement établie dans l’excellent documentaire que la reporter française Manon Loizeau a consacré aux révolutions colorées [9]. On comprend alors aisément pourquoi le sénateur s’est récemment précipité à Kiev pour soutenir les émeutiers ukrainiens. On comprend aussi pourquoi la Russie a durci le ton contre les ONG étrangères présentes sur son sol et la raison qui a motivé l’expulsion de l’USAID de son territoire [10]. La relation entre le mouvement ukrainien « Pora » et ces organisations américaines est explicitée par Ian Traynor dans un remarquable article publié par The Guardian en novembre 2004 [11]. « Officiellement, le gouvernement américain a dépensé, pendant une année, 41 millions de dollars pour l’organisation et le financement de l’opération qui a permis de se débarrasser de Miloševic […]. En Ukraine, le chiffre doit tourner autour de 14 millions de dollars », explique-t-il. Ioulia Timochenko et Viktor Iouchtchenko sont considérés comme les figures de proue de la révolution orange. Soutenu par les Occidentaux, ce mouvement obtient l’annulation du second tour de l’élection présidentielle de 2004 initialement remporté par Viktor Ianoukovytch contre Viktor Iouchtchenko. Le « troisième » tour donne finalement la victoire à Iouchtchenko qui devient le 3e Président de l’Ukraine à la grande joie des Américains et des Européens. Fier de ses réussites « révolutionnaires » colorées, le belliqueux sénateur McCain a déclaré qu’il avait proposé au prix Nobel de la Paix les candidatures de Viktor Iouchtchenko et de son homologue géorgien pro-occidental Mikhail Saakashvili [12]. Il fit un voyage à Kiev en février 2005 [13] pour féliciter son « poulain » et peut-être aussi pour lui montrer qu’il avait quelque chose à voir avec son élection. À peine nommé président, Iouchtchenko s’empressa de nommer Timochenko au poste de Premier ministre, mais la « lune de miel » entre les compagnons de la révolution ne fit pas long feu. Bien qu’encensé par l’Occident, le couple Iouchtchenko-Timochenko s’avère boiteux et ses résultats sont très décevants. Voici comment Justin Raimondo décrit le bilan de la magistrature Iouchtchenko (2005-2010) : « Aujourd’hui, l’éclat orange de sa révolution étant révolu depuis longtemps, son régime s’est avéré être tout aussi incompétent et truffé de copinage comme ses prédécesseurs corrompus et vénaux, si ce n’est plus. Une grande partie de « l’aide « monétaire occidentale a disparu […]. Pire encore, l’économie a été paralysée par l’imposition de contrôles des prix et corrompue par un trafic d’influence éhonté. Sous l’accord de partage de pouvoir entre M. Iouchtchenko et la volatile Ioulia Timochenko, la « princesse du gaz » et oligarque amazone, le pays s’est désintégré, non seulement économiquement, mais aussi socialement […]. La baisse radicale de l’économie et les scandales en cours qui sont devenus des événements quotidiens pendant l’administration de M. Iouchtchenko ont conduit à la marginalisation complète du vénéré orange révolutionnaire : au premier tour de l’élection présidentielle [2010], il a obtenu un humiliant 5 pour cent des voix. Hors de la course, et sans avoir besoin de faire semblant plus longtemps, M. Iouchtchenko a lancé une véritable bombe dans l’arène politique en honorant Stepan Bandera, le nationaliste ukrainien et collaborateur des nazis, comme un « Héros de l’Ukraine « » [14]. Notons finalement que les organisations américaines d’« exportation » de la démocratie ont été largement impliquées dans ce qui est communément appelé le « printemps » arabe. Les jeunes activistes arabes ont été formés à la résistance individuelle non violente par Canvas et à la cyberdissidence par des organismes américains comme l’Alliance of Youth Movements (AYM) elle-même sponsorisée par le Département d’État ainsi que les géants américains des nouvelles technologies comme Google, Facebook ou Twitter [15]. LES « GENTILS » EMEUTIERS DE LA PLACE MAÏDAN Malgré la grande diversité de la « faune » révolutionnaire qui a occupé la place Maïdan à Kiev, les observateurs s’accordent à reconnaître que la dissidence est composée de quatre différents groupes positionnés sur un spectre politique allant de la droite à l’extrême droite. Tout d’abord, il y a « Batkivshina » ou Union panukrainienne « Patrie » qui est un parti politique dont le leader est Ioulia Timochenko, secondée par Olexandre Tourtchinov, un ami de longue date, considéré comme son « fidèle écuyer » [16]. C’est ce dernier qui a été récemment nommé président intérimaire de l’Ukraine après le départ de Ianoukovytch. Fondé en 1999, Batkivshina est un parti libéral pro-européen. Il est membre observateur du Parti populaire européen (PPE) qui rassemble les principaux partis de la droite européenne, dont le CDU (Union chrétienne-démocrate d’Allemagne) de la chancelière allemande Angela Merkel. À noter que la Fondation Konrad Adenauer (Konrad Adenauer Stiftung), think tank du CDU, est aussi affilié au PPE. D’autre part, le PPE entretient des relations étroites avec l’International Republican Institute (IRI). Wilfried Martens, le président du PPE de l’époque, a soutenu John McCain lors de l’élection présidentielle américaine de 2008 [17]. Bien sûr, comme précisé précédemment, John McCain est aussi et surtout président du CA de l’IRI. Selon un des responsables du « Mejlis of the Crimean Tatar People », mouvement associé au parti « Patrie », l’IRI est actif en Ukraine depuis plus de 10 années, c’est-à-dire qu’il n’aurait jamais quitté le territoire depuis la révolution orange [18]. Arseni Iatseniouk, personnalité pro-occidentale de premier plan de la vie politique ukrainienne, est considéré comme un « leader phare de la contestation en Ukraine » [19]. Pur produit de la révolution orange (il a occupé des postes ministériels sous la présidence Iouchtchenko), il a d’abord créé son propre parti (le Front pour le changement) avant de rejoindre les rangs de Batkivshina et de se rapprocher de Timochenko. Iatseniouk, qui vient d’être désigné premier ministre, a été plébiscité par les émeutiers de la place Maïdan. Il a pour mission de diriger un gouvernement d’union nationale avant l’élection présidentielle anticipée prévue le 25 mai 2014 [20]. Le second parti impliqué dans la violente contestation ukrainienne est l’UDAR (Alliance démocratique ukrainienne pour la réforme). Ce parti, libéral et pro-Européen lui aussi, a été créé en 2010 par la fusion de deux partis dont l’un est le parti Pora, issu du mouvement de jeunes qui avait été à l’avant-garde de la révolution orange dont on a discuté auparavant. UDAR (qui veut dire « coup » en Ukrainien) est dirigé par le boxeur et ex-champion du monde des poids lourds Vitali Klitschko. Né au Kirghizstan, Klitschko est ukrainien, mais a vécu à Hambourg et Los Angeles pendant plusieurs années, de sorte que ses trois enfants sont de nationalité américaine, car nés aux États-Unis [21]. Une rapide navigation sur le site du parti permet de se rendre compte qu’UDAR compte parmi ses uniques partenaires étrangers : l’IRI (de McCain), le NDI (présidé par Madeleine K. Albright, l’ancienne secrétaire d’État américaine) et le CDU (de Merkel). Notons ici que l’IRI et le NDI sont deux des quatre organisations satellites de la NED. Dans un rapport du German Foreign Policy intitulé « Notre homme à Kiev » datant de décembre 2013, on peut lire à propos de Klitschko et de son parti : « Selon les rapports de presse, le gouvernement allemand aimerait que le champion de boxe Vitali Klitschko brigue la présidence pour l’amener au pouvoir en Ukraine. Il souhaite améliorer la popularité de la politique de l’opposition en organisant, par exemple, des apparitions publiques conjointes avec le ministre des Affaires étrangères allemand. A cet effet, une réunion est également prévue pour Klitschko avec la chancelière Merkel lors du prochain sommet de l’UE à la mi-décembre. La Fondation Konrad-Adenauer a, en effet, non seulement soutenu massivement Klitschko et son parti UDAR, mais selon un politicien de la CDU, le parti UDAR a été fondé en 2010 sur les ordres directs de la fondation de la CDU. Les rapports sur les activités de la Fondation pour le développement du parti de Klitschko donnent une indication de la façon avec laquelle les Allemands influencent les affaires intérieures de l’Ukraine via UDAR » [22]. Ainsi, UDAR serait une création du CDU, ce qui explique la forte implication de la diplomatie allemande dans le « bourbier » ukrainien. Cette information est confirmée par de nombreux autres articles [23]. Le troisième mouvement à participer à l’insurrection ukrainienne pro-occidentale est « Svoboda » (liberté en ukrainien), un parti d’extrême droite ultranationaliste dirigé par Oleh Tyahnybok. Svoboda a fait couler beaucoup d’encre à cause de ses positions xénophobe, antisémite, homophobe, antirusse et anticommuniste [24]. Ce parti, qui n’est ouvert qu’aux Ukrainiens « pure laine », glorifie des personnages historiques ukrainiens ouvertement fascistes et pro-nazis comme le tristement célèbre Stepan Bandera. Pendant la Seconde Guerre mondiale, ce dernier a combattu les Soviétiques tout en ayant des liens avec l’Allemagne nazie [25]. Ajoutons à cela que Svoboda est étroitement lié à une organisation paramilitaire, les « Patriotes de l’Ukraine » [26]. Considérée comme néo-nazie, elle a été très active durant les récents évènements qui ont ensanglanté les rues de Kiev Les trois partis cités précédemment ont formé une alliance appelée « Groupe d’action pour la résistance nationale » pour mener à bien la déstabilisation du gouvernement Ianoukovytch. En plus, on vient d’apprendre qu’une nouvelle coalition a été créée au parlement ukrainien post-Ianoukovytch. Nommée « Choix européen », elle réunit 250 députés de différents groupes parlementaires, dont Batkivtchina, UDAR et Svoboda [27]. Et pour compléter la mainmise du nouveau pouvoir sur les institutions ukrainienne, Oleg Mahnitsky vient d’être nommé procureur général de l’Ukraine, poste d’importance capitale en cette période de soubresauts « révolutionnaires » et d’évidents règlements de comptes « démocratiques ». Petite précision : Mahnitsky est membre du parti Svoboda [28]. La cerise sur le gâteau? Dans le nouveau gouvernement post-Euromaïdan largement dominé par le parti Batkivshina de Timochenko, trois portefeuilles ont été octroyés à des membres de Svoboda : Oleksandr Sych, vice-Premier ministre ; Andriy Mokhnyk, ministre de l’Environnement et Oleksandr Myrnyi, ministre de l’Agriculture [29]. Une autre nomination n’est pas passée inaperçue dans ce gouvernement : celle de Pavel Sheremeta qui, de 1995 à 1997, était directeur de programme à l’Open Society Institute de Budapest, la fameuse fondation de George Soros [30]. Le quatrième groupe factieux présent sur la place Maïdan est probablement le plus violent de tous. Connu sous l’appellation « Pravy Sektor » (Secteur de Droite), il représente la coalition d’une multitude de groupuscules de l’extrême droite radicale et fasciste qui considère que Svoboda est « trop libéral » (sic) [31]. Créée en novembre 2013 [32], l’organisation a pour leader Dmitro Yarosh, le chef d’une organisation d’extrême droite nommée « Trizub » (Trident) qui est réputée être le noyau dur de la brutale dissidence [33]. En plus de Trizub, on y trouve, en particulier, les « Patriotes de l’Ukraine », l’« Ukrainska Natsionalna Asambleya – Ukrainska Narodna Sambooborunu – UNA-UNSO » (Assemblée nationale ukrainienne – Autodéfense nationale ukrainienne), Bilyi Molot (Marteau blanc) ainsi que l’aile radicale de Svoboda [34]. Dans une interview au magazine Times publiée le 4 février 2014, Yarosh a déclaré que « ses cohortes antigouvernementales à Kiev sont prêtes à la lutte armée » [35]. « Nous ne sommes pas des politiciens, nous sommes des soldats de la révolution nationale », a-t-il ajouté. Il faut dire que le meneur du Pravy Sektor a passé quelques années dans l’armée soviétique et que, pour lui, la « «révolution nationale» est impossible sans violence et qu’elle devrait conduire à un état «purement ukrainien» avec, pour capitale, Kiev » [36]. Il a aussi révélé dans son interview que sa coalition avait amassé un arsenal d’armes létales. Et de préciser : « Juste assez pour défendre l’Ukraine des occupants internes (c.-à-d. les membres du gouvernement) ». En effet, de nombreuses photos et vidéos montrent des militants du Pravy Sektor en tenues paramilitaires en train de s’entrainer publiquement sur la place Maïdan [37], impliqués dans des échauffourées d’une extrême violence avec des forces de l’ordre ou utilisant des armes à feu contre les « Berkout » (police antiémeute) [38]. En reportage à partir de Kiev, le journaliste britannique David Blair nous donne son point de vue sur l’organisation du Pravy Sektor: « Ce qui est clair, c’est qu’ils sont très organisés. Un approvisionnement régulier des masques à gaz, de la nourriture et des surplus de camouflage de l’armée arrivent aux bénévoles sur les barricades. D’anciens soldats offrent une formation de combat à mains nues en dehors de la tente qui sert de petite base de Pravy Sektor sur la place de l’Indépendance à Kiev. Les bénévoles ont décrit un système de commande avec plusieurs dirigeants qui commandent l’armée hétéroclite déployée à la barricade principale sur la rue Grushevskogo à Kiev. La question qui vient à l’esprit de beaucoup de gens est qu’est-ce qu’un groupe aussi puissant, en dehors du contrôle des politiciens traditionnels, ferait si la révolution réussit et le gouvernement tombe » [39]. Personne ne peut dire si la révolution a réussi ni même si cette insurrection peut être considérée comme telle. Mais ce dont on est sûr, c’est que le gouvernement est réellement tombé et que Dmitro Yarosh a été nommé adjoint au président du Conseil de sécurité et de défense nationale d’Ukraine [40], organisme consultatif d’état chargé de la sécurité nationale dépendant du président du pays. Et qui est le président de ce conseil? Nul autre qu’Andriy Parubiy, « le commandant du Maïdan » [41], « le chef d’état-major de la révolution ukrainienne » [42] qui, le temps d’une « révolution », a rangé ses vêtements de député du parti Batkivshchyna pour enfiler celui de « généralissime » de l’« armée » des émeutiers de l’Euromaïdan. Mais, le plus intéressant est de savoir que Parubiy est un transfuge du parti Svoboda. En effet, il est, avec Oleh Tyahnybok, cofondateur en 1991 du Parti Social-Nationaliste d’Ukraine (SNPU), rebaptisée Svoboda en 2004 [43]. Comme quoi, les barricades, les émeutes, la désobéissance civile, la violence et le fascisme peuvent mener très haut en Ukraine. Il faut reconnaître que les évènements de Kiev ont fait saliver un grand amateur de guerres « sans les aimer ». Ainsi, tel un squale attiré par le sang, Bernard-Henri Levy (BHL), le fameux « rossignol des charniers », est allé à Kiev rencontrer les émeutiers. Toute honte bue après le fiasco libyen et mentant comme un arracheur de dents, il s’y exclama : « Je n’ai pas vu de néo-nazis, je n’ai pas entendu d’antisémites » [44]. Pour contredire le « dandy » aux chemises blanches échancrées, voici ce qu’en dit l’Ukrainienne Natalia Vitrenko, présidente du Parti socialiste progressiste d’Ukraine : « Au début, [les meneurs] étaient les députés de l’opposition Iatseniouk, Klitschko et Tyahnybok. Ces trois personnes menaient le Maïdan. Mais, ensuite, c’est le Pravy Sektor qui a pris les choses en main. Depuis la mi-décembre, la politique du Maïdan a été dictée par Pravy Sektor qui est une alliance de différents partis et mouvements néo-nazis. Ce sont des groupes paramilitaires, des terroristes très bien entrainés » [45]. Mais la meilleure réponse, celle qui correspond le mieux au niveau de la déclaration de BHL, est à mettre au compte de la journaliste Irina Lebedeva : « Il [BHL] est chanceux, les militants de Svoboda et du Pravy Sector, organisations prônant la pureté raciale, ont certainement reçu des instructions claires de ne pas toucher à celui-là » [46]. TIMOCHENKO : BLONDE OU BRUNE ? La figure politique ukrainienne la plus médiatisée par les organes de presse occidentaux mainstream est incontestablement Ioulia Timochenko. Traitée comme un personnage historique plus grand que nature, elle bénéficie de surnoms élogieux, mais surtout pompeux : la « Marianne à la tresse », la « Princesse du gaz », la « Jeanne d’Arc ukrainienne » ou la « Dame de fer ». Mais même si d’aucuns ont remarqué une statuette de Jeanne d’Arc et les mémoires de Margaret Thatcher trôner dans son bureau [47], son parcours est loin d’être si vertueux. En fait, sa pratique politique relève plus des romans à scandales politico-financiers (voire maffieux) que de l’abnégation pour la patrie et le peuple ukrainiens. Jugez-en. À propos de romans, commençons par Olexandre Tourtchinov qui est, paraît-il, un vrai romancier spécialisé dans le genre « science-fiction ». Oui, celui qui est actuellement président de l’Ukraine et qui a été qualifié de « fidèle écuyer » de Timochenko qui est né, comme elle, dans la ville de Dnipropetrovsk.  En 1994, Tourtchinov crée avec Pavlo Lazarenko, un notable de Dnipropetrovsk, le parti Hromada dont Timochenko deviendra la présidente en 1997. Une année plus tard, en 1995, la « Marianne à la tresse » qui avait humblement commencé sa carrière de chef d’entreprise avec un prêt de 5000$, réorganise sa modeste « Compagnie du pétrole ukrainien » (créée en 1991) pour fonder, avec l’aide de Lazarenko, la compagnie de distribution d’hydrocarbures « Systèmes énergétiques unis d’Ukraine » (SEUU). Cette même année, Lazarenko est nommé vice-Premier ministre chargé de l’énergie. Très certainement favorisés par les leviers politiques inhérents au poste de Lazarenko, les résultats de SEUU explosent : 10 milliards de dollars de chiffre d’affaires et 4 milliards de profits pour l’année 1996! Et tout cela, grâce à des contrats très lucratifs reliés à la vente en Ukraine de gaz naturel russe [48]. Les années de bonheur continuent avec la promotion de Lazarenko au poste de Premier ministre en mai 1996, bien qu’il échappât à un attentat à la bombe à peine 2 mois plus tard [49]. Au début de l’année 1997, la SEUU contrôlait plusieurs banques, avait des participations dans des dizaines d’entreprises de la métallurgie et la construction mécanique, était copropriétaire de la troisième plus grande compagnie aérienne de l’Ukraine et de son deuxième plus grand aéroport, celui de Dnipropetrovsk, en plus de participation dans le développement de gazoducs turcs et boliviens, ainsi que le contrôle de plusieurs journaux locaux et nationaux [50]. Comme l’enrichissement « exponentiel » est souvent synonyme d’affaires louches, des soupçons ont commencé à peser sur Lazarenko et la SEUU. En avril 1997, le New York Times rapporta que Lazarenko possédait des parts dans la SEUU. D’autres affaires furent dévoilées et, en juillet de la même année, le président Koutchma congédia Lazarenko. La suite est rocambolesque. En 1998, Lazarenko est arrêté par la police suisse à la frontière franco-helvétique et accusé par les autorités de Berne de blanchiment d’argent et relâché après le paiement d’une forte caution. Dans un article publié en 2000 et intitulé « Les comptes fantastiques de M. Lazarenko », Gilles Gaetner parle d’un détournement des deniers publics ukrainiens de l’ordre de 800 millions de dollars, « sans doute la plus importante affaire de blanchiment de l’après-guerre » [51]. Lazarenko fuit alors aux États-Unis où il cherche à obtenir l’asile politique, mais il y est arrêté en 1999. Bien qu’élus sous la bannière Hromada, Timochenko et Tourtchinov quittent ce parti en 1999 après les déboires de Lazarenko pour créer, ensemble, le parti Batkivshina [52]. Poursuivi par la justice américaine, Lazarenko est condamné en 2006 à neuf ans de prison pour extorsion de fonds, blanchiment d’argent par les banques américaines et fraudes [53]. Un rapport 2004 du « Transparency International Global Corruption » classe Lazarenko parmi les 10 leaders politiques les plus corrompus du monde [54]. La justice ukrainienne poursuit toujours Lazarenko pour l’assassinat du député Evguen Scherban et de sa femme en 1996. Selon l’accusation, le groupe de Scherban était en concurrence avec la SEUU et gênait ses activités. Lazarenko a été libéré en novembre 2013, mais il a été placé dans un centre de détention pour migrants à cause de l’expiration de son visa [55]. L’arrestation de Lazarenko n’entame en rien l’opportunisme politique de Timochenko. Dès que Viktor Iouchtchenko accède au poste de Premier ministre en 1999, elle est nommée vice-Premier ministre chargée de l’énergie, poste occupé par Lazarenko quelques années auparavant. Néanmoins, elle est finalement touchée par le scandale Lazarenko et accusée en 2001 de « contrebande et de falsification de documents », pour avoir frauduleusement importé du gaz russe en 1996 lorsqu’elle était présidente de SEUU [56]. Timochenko est arrêtée et fera quelques semaines de prison [57]. En 2002, elle est victime d’un grave accident de la route qu’elle interprètera comme une tentative d’assassinat [58]. C’est pendant cette période qu’elle change de look. De brune, elle devient blonde. « Ioulia troque son style de femme d’affaires sexy cheveux libres et tailleurs moulants contre celui, plus sage, de parlementaire en col Claudine, jupe au-dessous du genou. Elle adopte sa coiffure actuelle, la fameuse tresse blonde disposée en couronne autour de sa tête » [59]. En 2004, la révolution orange éclate et Timochenko en devient l’égérie. Iouchtchenko accède à la magistrature suprême en 2005 et, elle, Premier ministre par deux fois. Toutes les accusations sont, comme par enchantement, oubliées. Divulgué par Wikileaks, un rapport au congrès américain datant de 2005 décrit ainsi la « princesse du gaz » : « Timochenko est un leader énergique et charismatique avec un style politique parfois combatif qui a fait une campagne efficace pour M. Iouchtchenko. Cependant, elle est un personnage controversé en raison de son lien au milieu des années 1990 avec les élites oligarchiques, dont l’ancien Premier ministre Pavlo Lazarenko, qui purge actuellement une peine dans une prison américaine pour fraude, blanchiment d’argent et extorsion. Timochenko a servi en tant que chef d’une entreprise de négoce en gaz et de vice-Premier ministre dans le gouvernement notoirement corrompu de Lazarenko. On dit qu’elle est extrêmement riche […]. Elle a ensuite été l’objet d’une enquête pour corruption et blanchiment d’argent et a été brièvement emprisonnée. Toutes les accusations ont été officiellement abandonnées après l’élection de Viktor Iouchtchenko. La Russie a également déposé des accusations de corruption contre elle peu de temps avant la campagne électorale » [60]. L’accès au pouvoir du couple Iouchtchenko – Timochenko (grâce à la vague orange) permet à Tourtchinov d’occuper le poste de chef des Services secrets ukrainiens (SBU) en février 2005. Toutefois, en 2006, une enquête le vise ainsi que son adjoint. Il leur est reproché d’avoir détruit le dossier d’un dangereux parrain du crime organisé ukrainien, Semyon Mogilevich [61]. Ce maffieux est soupçonné de diriger un vaste empire criminel et est décrit par le FBI, en 1998, comme « le gangster le plus dangereux du monde » [62]. Les accusations furent étonnamment abandonnées quelques mois plus tard. Il obtint même une excellente promotion. En effet, à son deuxième mandat de Premier ministre (2007), Timochenko lui octroie le poste de vice-Premier ministre, fonction qu’il occupera jusqu’en 2010, date à laquelle elle perd l’élection présidentielle contre Ianoukovytch. Les relations conflictuelles du couple Iouchtchenko – Timochenko donna le coup de grâce aux mirages de la révolution orange. Timochenko est accusée d’avoir trahi l’intérêt national pour préserver ses ambitions personnelles [63]. L’arrivée de Ianoukovytch au pouvoir mit fin à l’impunité de la candidate battue par les urnes et son dossier judiciaire est ressorti du placard pour des anciennes et nouvelles « affaires ». Timochenko est poursuivie dans de nombreux dossiers : mauvaise utilisation de fonds perçus en 2009 pour la vente de quotas d’émission de CO2, abus de pouvoir lors de la signature en 2009 de contrats sur le gaz avec la Russie considérés défavorables à son pays, fraude fiscale et détournement de fonds relatifs à l’affaire Lazarenko et sa responsabilité dans la gestion de la SEUU [64]. Plus grave encore, elle est accusée de complicité de meurtre (avec Lazarenko) dans l’affaire Scherban (1996). Selon le procureur général adjoint, « la victime était en conflit avec Mme Timochenko, qui s’occupait alors de la distribution du gaz russe en Ukraine et tentait de contraindre des entreprises de la région industrielle de Donetsk (Est) à acheter cette matière première à sa société Systèmes Énergétiques Unis d’Ukraine (SEUU), grâce au soutien du Premier ministre à l’époque, Pavlo Lazarenko » ; « Evguen Chtcherban, un homme fort de la région et dont le groupe était un concurrent de la société de Mme Timochenko, s’était publiquement opposé à l’expansion de SEUU, et l’a payé de sa vie » [65]. Il ajouta à cela « qu’il y avait des témoins qu’elle et l’ancien Premier ministre Pavlo Lazarenko avaient payés pour les meurtres ». Ces allégations sont soutenues par Ruslan, le fils de M. Shcherban, qui a survécu à l’attaque à main armée. Dans une conférence de presse, il a déclaré avoir remis des documents au bureau du procureur général impliquant les deux anciens premiers ministres (Lazarenko et Timochenko) dans les meurtres [66]. La complicité de Timochenko est aussi envisagée dans deux autres assassinats : l’homme d’affaires Alexander Momot (tué en 1996, quelques mois avant Shcherban) et l’ancien gouverneur de la Banque nationale d’Ukraine, Vadym Hetman (tué en 1998) [67]. Timochenko a été condamnée à sept ans de prison en octobre 2011 et placée en détention pour son implication dans l’affaire des contrats gaziers [68]. Les évènements inespérés de l’Euromaïdan sont venus extirper « la princesse du gaz » de sa geôle. Et de quelle manière! Le samedi 22 février 2014, à 12h08, Tourtchinov, le bras droit de Timochenko, est élu président du Parlement ukrainien. Trente minutes plus tard, comme s’il s’agissait de l’affaire la plus urgente à régler dans un pays en pleine insurrection, le Parlement vote la libération « immédiate » de Timochenko. À titre de comparaison, ce n’est qu’à 16h19 que ce même Parlement votera la destitution de Ianoukovitch [69]. Avec la nomination du militant d’extrême droite Oleg Mahnitsky comme procureur général, ainsi que celle d’un très grand nombre de membres du parti Batkivshina à des postes-clés au sein de l’appareil de l’Etat, on peut aisément prédire que Timochenko n’aura plus, au moins pour un certain temps, à s’inquiéter de ses problèmes judiciaires. Il faut reconnaître qu’à deux reprises, Timochenko a été arrachée des mains de la justice grâce à des émeutes populaires de grande ampleur : la révolution orange en 2004 et, maintenant, l’Euromaïdan. En plus de ses talents de romancier, il paraît que le président Tourtchinov est aussi pasteur évangélique. Serait-ce à ce titre qu’il a «sauvé» son amie de toujours? Mais « Kiev vaut bien une messe », non? L’INSOLENTE INGERENCE OCCIDENTALE L’Euromaïdan peut être considéré comme une révolution colorée, revue et corrigée à la sauce « printemps » arabe, arôme syrien. En effet, bien que de nombreuses similitudes puissent être trouvées entre la révolution orange et l’Euromaïdan, deux différences fondamentales sont à noter. La première, déjà discutée précédemment, est relative à la violence des émeutes qui est essentiellement due à l’omniprésence de manifestants de l’extrême droite fasciste et néo-nazie. Par comparaison, la révolution orange était basée sur les théories non violentes de Gene Sharp. La seconde différence relève de l’insolente présence physique de personnalités occidentales, politiques et civiles, sur la place Maïdan, haranguant les foules et incitant à la désobéissance civile, en complète contradiction avec le principe fondamental de non-ingérence dans les affaires internes d’un pays souverain, dont les dirigeants ont été démocratiquement élus. Commençons par John McCain, président du conseil d’administration de l’IRI qui, à Kiev, est en terrain connu. Effectivement, après (et non pendant) la révolution orange, il s’était déjà rendu en Ukraine (en février 2005) pour y rencontrer ses « poulains » qu’il avait largement financés. Le sénateur américain s’est aussi rendu dans les pays arabes « printanisés » : Tunisie (21 février 2011), Égypte (27 février 2011), Libye (22 avril 2011) et Syrie (27 mai 2013). Lors des deux premiers voyages, les gouvernements étaient déjà tombés. Dans les deux derniers, la bataille faisait rage (elle le fait encore en Syrie). À Kiev, McCain s’adressa aux révoltés du Maïdan le 14 décembre 2013. « Nous sommes ici pour soutenir votre juste cause, le droit souverain de l’Ukraine à choisir son propre destin librement et en toute indépendance. Et le destin que vous souhaitez se trouve en Europe », a-t-il claironné [70]. Il y rencontra le « triumvirat du Maïdan », c’est-à-dire Iatseniouk, Klitschko et Tyahnybok. Il n’a pas été embarrassé de poser avec Tyahnybok, alors que ce dernier aurait été interdit, l’année dernière, d’entrer aux États-Unis en raison de ses discours antisémites [71]. Non, rien ne l’a gêné de traiter avec le leader de Svoboda, un parti ouvertement ultranationaliste, xénophobe et prônant des valeurs néo-nazies, tout comme rien ne l’a dérangé de soutenir de sanguinaires terroristes en Libye ou en Syrie. La fin justifie les moyens : l’important est de soustraire l’Ukraine du giron russe. L’ingérence américaine s’est aussi illustrée par « l’affaire Nuland » qui a montré que le vocabulaire diplomatique utilisé par certains hauts fonctionnaires américains n’avait rien à envier à celui des charretiers. « Fuck the UE! », s’est-elle exclamée. Ce qui en dit long sur la lutte d’influence qui oppose l’oncle Sam au Vieux Continent. Et comment Victoria Nuland, la sous-secrétaire d’État pour l’Europe et l’Eurasie, appelle-t-elle les leaders de l’Euromaïdan? « Yats » et « Klitsch » [72]? Comme « Jon » et « Ponch » dans la populaire série américaine « CHiPs »? Utiliser un langage si familier suppose une évidente proximité et une indéniable connivence entre les membres du triumvirat et l’administration américaine, c’est le moins qu’on puisse dire. En plus de L’IRI, la NED est présente à Kiev. Pour s’en rendre compte, il n’y a qu’à suivre Nadia Diuk qui écrit à partir de Kiev et dont les articles sont publiés dans « le Kiyv Post » et d’autres fameux journaux. Les titres de ses articles sont idylliques : « La révolution auto-organisée d’Ukraine » [73], « Les visions du futur de l’Ukraine » [74], etc. Déjà, en 2004, en pleine révolution orange, elle écrivait « En Ukraine, une liberté indigène » [75] pour prouver que la « révolution » était spontanée, ce qui contredit toutes les études (occidentales) qui ont été publiées subséquemment. Il faut se rendre à l’évidence que la teneur de ses articles n’a guère changé avec le temps. Et pour cause, Mme Diuk est vice-présidente à la NED, chargée des programmes pour l’Europe, l’Eurasie, l’Afrique, l’Amérique latine et les Caraïbes [76]. Les rapports annuels de la NED montrent que, juste pour 2012, les montants octroyés à une soixantaine d’organismes ukrainiens s’élevaient à près de 3,4 millions de dollars [77]. Dans ce rapport, il est indiqué que l’IRI de McCain et le NDI d’Albright ont respectivement bénéficié de 380 000 et 345 000 $ pour leurs activités en Ukraine. Cette évidente implication américaine en Ukraine a été signalée par Sergueï Glaziev qui a déclaré que « les Américains dépensent 20 millions de dollars par semaine pour financer l’opposition et les rebelles, y compris pour les armer » [78]. Le second pays occidental largement impliqué dans l’Euromaïdan est l’Allemagne. Une dizaine de jours avant McCain, Guido Westerwelle, le chef de la diplomatie allemande, a pris un bain de foule au milieu des manifestants de la place Maïdan en compagnie de ses « protégés » « Yats » et « Klitsch » ou, plus poliment, Iatseniouk et Klitschko. Après s’être entretenus avec eux à huis clos, il déclara : « Nous ne sommes pas ici pour soutenir un parti, mais nous soutenons les valeurs européennes. Et quand nous nous engageons pour ces valeurs européennes, il est naturellement agréable de savoir qu’une grande majorité des Ukrainiens partagent ces valeurs, veulent les partager et souhaitent suivre la voie qui mène à l’Europe » [79]. En parlant de majorité, Westerwelle n’a certainement pas consulté les récents sondages qui montrent que seuls 37% de la population ukrainienne est favorable à une adhésion de leur pays à l’Union européenne [80]. D’ailleurs, les citoyens européens le sont-ils? Pas si sûr. Par exemple, un très récent sondage montre que 65% des Français sont opposés à l’idée d’une aide financière apportée par la France et l’Union européenne à l’Ukraine et 67% sont contre une entrée de ce pays dans l’UE [81]. D’autre part, la chancelière allemande a, comme son ministre, reçu Iatseniouk et Klitschko le 17 février 2014 à Berlin. Le candidat sur lequel ont misé Merkel, le CDU et son think tank, la Fondation Konrad Adenauer, est Klitschko [82]. Néanmoins, le parti de Timochenko est aussi considéré comme un allié du PPE et du CDU, ainsi que l’avait affirmé M. Martens lors d’un discours au Club de la Fondation Konrad Adenauer en 2011 : « Ioulia Timochenko est une amie de confiance et son parti est un membre important de notre famille politique. » Dans ce même discours, il avait déclaré que sa position était similaire à celle de McCain quant au soutien à Timochenko (pour sa libération lorsqu’elle était emprisonnée) [83]. Il faut souligner que cette convergence de vue entre l’IRI et la Fondation Konrad Adenauer n’est ni fortuite, ni récente. En réalité, elle remonte à la création de la NED comme nous l’explique Philip Agee, l’ancien agent de la CIA qui avait quitté l’agence pour vivre à Cuba [84]. Tout d’abord, il faut comprendre que la NED a été créée pour prendre en charge certaines tâches qui relevaient originalement de la CIA, en l’occurrence la gestion des programmes secrets de financement de la société civile étrangère. Après avoir consulté un vaste éventail d’organisations nationales et étrangères, les autorités américaines furent intéressées par les fondations des principaux partis de l’Allemagne de l’Ouest qui étaient financés par le gouvernement allemand : la Friedrich Ebert Stiftung des sociaux-démocrates et la Konrad Adenauer Stiftung des démocrates-chrétiens. Nous trouvons actuellement une structure analogue dans le paysage politique américain. L’IRI et le NDI, les deux satellites de la NED, sont respectivement reliés aux partis républicain et démocrate américains et, comme leurs homologues allemands, sont financés par des fonds publics. Comme la CIA collaborait avec ces « Stiftungs » allemands pour financer des mouvements à travers le monde bien avant la création de la NED par le président Reagan en 1983, les relations sont restées solides jusqu’à nos jours. Bien que plus discret que les deux précédents, le troisième pays impliqué dans les évènements ukrainiens est le Canada. Cet intérêt est probablement dû au fait que le Canada abrite la plus grande diaspora ukrainienne dans le monde après celle de la Russie. Plus de 1,2 million de Canadiens sont d’origine ukrainienne [85]. John Baird, le ministre des Affaires étrangères canadien, a rencontré le triumvirat ukrainien le 4 décembre 2013 à Kiev et, comme les autres, a effectué un « pèlerinage » à la place Maïdan. Le chef de la diplomatie canadienne est revenu à Kiev le 28 février 2014 pour y rencontrer les nouvelles autorités : le président Tourtchinov, le Premier ministre Iatseniouk et la « Jeanne d’Arc ukrainienne ». Questionné sur son soutien « inconditionnel » de l’Ukraine et ses conséquences sur les relations avec la Russie, il répondit : « Nous n’allons certainement pas nous excuser pour avoir soutenu le peuple ukrainien dans sa lutte pour la liberté » [86]. À noter que Paul Grod, le président du Congrès des Ukrainiens-Canadiens (UCC), a accompagné Baird dans ses deux voyages. Ses positions sont calquées sur celles de la diplomatie canadienne.  Les positions et les réactions de tous ces politiciens laissent cependant perplexes. Certes, les vies perdues lors de ce sanglant conflit sont à déplorer, mais qu’auraient-ils fait si des manifestants violents, appartenant à des groupes extrémistes, avaient occupé le centre-ville de leur capitale, tué des membres des forces de l’ordre, kidnappé des dizaines de policiers, occupé des locaux officiels et troublé l’ordre public pendant des mois? Et n’ont-ils pas une part de responsabilité dans l’augmentation du nombre de victimes en venant jeter de l’huile sur le feu du Maïdan? En France, par exemple, le ministre de l’Intérieur Manuel Valls s’est insurgé contre une récente manifestation de « Black Bloc » qui a fait six blessés parmi les policiers, le 22 février 2014. Voici ses commentaires : « Cette violence venant de cette ultra-gauche, de ces Black Bloc, qui sont originaires de notre pays, mais aussi de pays étrangers est inadmissible et elle continuera à trouver une réponse particulièrement déterminée de la part de l’État ». Après avoir rendu hommage «au préfet de la Loire Atlantique, aux forces de l’ordre, policiers et gendarmes, qui avec beaucoup de sang froid et de professionnalisme ont contenu cette manifestation », il ajouta : « Personne ne peut accepter de telles exactions » [87]. Et les Ukrainiens, doivent-ils les accepter? Et comment aurait réagi la classe politique française et occidentale si ces « Black Bloc » avaient été financés, formés et soutenus par des organismes et politiciens étrangers, Russes, Chinois ou Iraniens venus à Nantes pour les soutenir? Je vous laisse le soin d’y répondre. En définitive, il faut se rendre à l’évidence que l’Euromaïdan, tout comme la révolution orange, est un mouvement largement soutenu par des officines occidentales. Cette conclusion ne doit pas éclipser la réelle corruption de toute la classe politique ukrainienne. Vouloir nous présenter, comme le font les médias occidentaux mainstream, les « bons » avec Timochenko et les « mauvais » avec Ianoukovytch est une vision biaisée de la réalité. Le gouvernement Ianoukovytch ayant été démocratiquement élu, les évènements récents sont, sans équivoque, un coup d’État. Ce coup d’État a permis à des militants de l’extrême droite ukrainienne, ultranationaliste fasciste et néo-nazie, de faire partie du nouveau gouvernement ukrainien. Cette présence, ouvertement appuyée par les gouvernements occidentaux est néfaste pour l’avenir et la stabilité du pays. La hâtive, expéditive, controversée et incompréhensible abrogation de la loi « sur les bases de la politique linguistique de l’État » est un exemple patent [88]. En outre, ce rapprochement « forcé » de l’Ukraine avec l’Union européenne et son corollaire l’éloignement de ce pays de la Russie ne sont pas bénéfiques pour le peuple ukrainien. Selon des spécialistes occidentaux et non occidentaux, la proposition russe était de loin plus intéressante que celle conjointe de l’Union européenne et des États-Unis qui n’ont d’autre alternative que d’offrir la « médecine FMI » à ce pays [89].  Contrairement aux vœux pieux de Timochenko clamés au Maïdan, il serait utopique de penser que l’Ukraine fasse partie de l’Union « dans un avenir proche » [90], au vu de la situation désastreuse de certains pays européens comme la Grèce, par exemple. La « Marianne aux tresses » n’a probablement pas entendu le ministre français des Affaires européennes, Thierry Repentin. « Dans toutes les négociations pour offrir à l’Ukraine un accord d’association, nous avons bataillé ferme pour retirer toute allusion à une adhésion à l’UE. Pas question de changer de position », a-t-il déclaré dans un article publié le 3 février dernier [91]. Si l’Ukraine ne peut prétendre à une adhésion à l’Union européenne et que les défenseurs occidentaux de sa « révolution » ne mettent pas la main à la poche, tout semble indiquer que ce pays n’est qu’un « cheval de Troie » pour gêner la Russie qui prend trop de place et beaucoup d’aisance dans les enjeux internationaux, à l’instar de son rôle dans le conflit syrien. Une façon comme une autre d’ouvrir une nouvelle ère de guerre froide. Les troubles en Crimée et les menaces de l’exclusion de la Russie du G8 [92] n’en sont que les prémices. Les Ukrainiens doivent savoir qu’ils sont condamnés à vivre en bon voisinage avec la Russie avec laquelle ils partagent une frontière commune et des liens historiques, commerciaux, culturels et linguistiques. Une chose est sûre, cependant : le réveil « postrévolutionnaire » sera douloureux pour les Ukrainiens.   * http://www.ahmedbensaada.com/ Références 1-      AFP, « Élection présidentielle - Ioulia Timochenko refuse de reconnaître sa défaite », Le Point, 9 février 2010, http://www.lepoint.fr/actualites-monde/2010-02-09/election-presidentielle-ioulia-timochenko-refuse-de-reconnaitre/924/0/422135 2-      AFP, « Ukraine : l'OSCE reconnaît la bonne tenue de l'élection », Le Monde, 8 février 2010, http://www.lemonde.fr/europe/article/2010/02/08/ukraine-ianoukovitch-revendique-une-courte-victoire_1302464_3214.html 3-      AFP, « Présidentielle en Ukraine : Timochenko retire son recours en justice », RTL, 20 Février 2010, http://www.rtl.be/info/monde/france/308688/presidentielle-en-ukraine-timochenko-retire-son-recours-en-justice 4-      David Teutrie, « L'accord d'association de l'UE avec l'Ukraine est une stratégie perdant-perdant », Institut de la Démocratie et de la Coopération, 4 février 2014, http://www.idc-europe.org/fr/-Accord-d-Association-avec-l-Ukraine-est-une-strategie-perdant-perdant- 5-      Sergeï Glaziev, « L’Union économique eurasiatique n’aspire pas à devenir un Empire comme l’UE », Solidarité et Progrès, 18 janvier 2014, http://m.solidariteetprogres.org/actualites-001/article/sergei-glaziev-l-union-economique-eurasiatique-n.html 6-      Gaël De Santis, « Ukraine. L’UE ne promet pas la lune aux manifestants... juste la Grèce », l’Humanité, 24 Février 2014, http://www.humanite.fr/monde/ukraine-l-ue-ne-promet-pas-la-lune-aux-manifestant-559788 7-      AFP, « Ukraine : Washington et Londres prêts à soutenir "un nouveau gouvernement" », Le Monde, 22 février 2014, http://www.lemonde.fr/europe/article/2014/02/22/ukraine-londres-pret-a-soutenir-un-nouveau-gouvernement_4371763_3214.html 8-      G. Sussman et S. Krader, « Template Revolutions : Marketing U.S. Regime Change in Eastern Europe », Westminster Papers in Communication and Culture, University of Westminster, London, vol. 5, n° 3, 2008, p. 91-112, http://www.westminster.ac.uk/__data/assets/pdf_file/0011/20009/WPCC-Vol5-No3-Gerald_Sussman_Sascha_Krader.pdf 9-      Manon Loizeau, « États-Unis à la conquête de l’Est », 2005. Ce documentaire peut être visionné à l’adresse suivante : http://www.ahmedbensaada.com/index.php?option=com_content&view=article&id=120:arabesque-americaine-chapitre-1&catid=46:qprintemps-arabeq&Itemid=119 10-  BBC, « Russia expels USAID development agency », 19 septembre 2012, http://www.bbc.co.uk/news/world-europe-19644897 11-  Ian Traynor, « US campaign behind the turmoil in Kiev », The Guardian, 26 novembre 2004, http://www.guardian.co.uk/world/2004/nov/26/ukraine.usa 12-  VOA, « Senator McCain Tells Ukrainians of Nobel Nomination for Yushchenko », 4 février 2005, http://www.insidevoa.com/content/a-13-34-mccain-intvu-4feb2005/177965.html 13-  Archives du Gouvernement ukrainien, « Orange Revolution Democracy Emerging in Ukraine », http://www.archives.gov.ua/Sections/Ukraineomni/ukrelection030905a.htm 14-  Justin Raimondo, « The Orange Revolution, Peeled », Antiwar, 8 février 2010, http://original.antiwar.com/justin/2010/02/07/the-orange-revolution-peeled/ 15-  Ahmed Bensaada, « Arabesque américaine : Le rôle des États-Unis dans les révoltes de la rue arabe », Éditions Michel Brûlé, Montréal (2011), Éditions Synergie, Alger (2012), 16-  Maud Descamps, « Ukraine : le nouveau président par intérim est un pasteur », Europe 1, 23 février 2014, http://www.europe1.fr/International/Ukraine-le-nouveau-president-par-interim-est-un-pasteur-1809869/ 17-  DW, « McCain Feels the Love From European Conservatives », 4 septembre 2008, http://www.dw.de/mccain-feels-the-love-from-european-conservatives/a-3618489-1 18-  Mikhail Mikhaylov, « Zair Smedlyaev: The Crimean Tatars should have self-autonomy », World and We, 10 juillet 2013, http://www.worldandwe.com/en/page/Zair_Smedlyaev_The_Crimean_Tatars_should_have_selfautonomy.html#ixzz2uUeETy00 19-  Faustine Vincent, « Arseni Iatseniouk, leader phare de la contestation en Ukraine », 20 minutes, 28 janvier 2014, http://www.20minutes.fr/monde/1283098-20140128-arseni-iatseniouk-leader-phare-contestation-ukraine 20-  AFP, « Ukraine: Iatseniouk, désigné premier ministre, face à une tâche herculéenne », Le Devoir, 26 février 2014, http://www.ledevoir.com/international/actualites-internationales/401165/des-echauffourees-eclatent-en-crimee-pendant-que-poutine-ordonne-des-manoeuvres 21-  Centre Européen pour une Ukraine Moderne, « Élections ukrainiennes –Informations », 10 octobre 2012, http://www.modernukraine.eu/wp-content/uploads/2012/10/Elections-Ukrainiennes-Newsletter-7-10-octobre-2012.pdf 22-  German Foreign Policy, « Our Man in Kiev », 10 décembre 2013, http://www.german-foreign-policy.com/en/fulltext/58705/print 23-  Lire, par exemple, Olivier Renault, « Ukraine : Klitchko, ou la construction d'un président par l'OTAN », La voix de la Russie, 24 janvier 2014, http://french.ruvr.ru/2014_01_24/Ukraine-Klitschko-ou-la-construction-dun-president-par-lOTAN-3540/ 24-  Palash Ghosh, « Svoboda: The Rising Spectre Of Neo-Nazism In The Ukraine », International Business Times, 27 décembre 2012, http://www.ibtimes.com/svoboda-rising-spectre-neo-nazism-ukraine-974110 25-  Palash Ghosh, « Euromaidan: The Dark Shadows Of The Far-Right In Ukraine Protests », International Business Times, 19 février 2014, http://www.ibtimes.com/euromaidan-dark-shadows-far-right-ukraine-protests-1556654 26-  Tadeusz Olszański, « Svoboda Party – The New Phenomenon on the Ukrainian Right-Wing Scene », Centre for Eastern Studies, 4 juillet 2011, http://www.isn.ethz.ch/Digital-Library/Publications/Detail/?lng=en&id=137051 27-  Ria Novosti, « Ukraine: la coalition "Choix européen" créée au parlement », 27 février 2014, http://fr.ria.ru/world/20140227/200603490.html 28-  62, « Rada appointed the new Attorney General », 24 février 2014, http://www.62.ua/news/482461 29-  Katya Gorchinskaya, « Kyiv Post: The not-so-revolutionary New Ukraine Government », Novinite , 27 février 2014, http://www.novinite.com/articles/158543/Kyiv+Post%3A+The+not-so-revolutionary+New+Ukraine+Government 30-  IPO Forum, « Pavlo Sheremeta », http://www.ipoforum.com.ua/en/speakers/?pid=422 31-  BBC, « Ukraine crisis: Key players », 27 février 2014, http://www.bbc.com/news/world-europe-25910834 32-  BBC, « Groups at the sharp end of Ukraine unrest », 1er février 2014, http://www.bbc.com/news/world-europe-26001710 33-  Simon Shuster, « Exclusive: Leader of Far-Right Ukrainian Militant Group Talks Revolution With TIME », TIME, 4 février 2014, http://world.time.com/2014/02/04/ukraine-dmitri-yarosh-kiev/ 34-  Global Security, « Pravy Sektor / Praviy Sector (Right Sector) »,6 février 2014, http://www.globalsecurity.org/military/world/ukraine/right-sector.htm 35-  Voir référence 31 36-  Ibid. 37-  Le Parisien, « La tortue du Pravy Sektor 25/01/2014 Kiev Ukraine », 28 janvier 2014, http://who-when-where-photo.blog.leparisien.fr/archive/2014/01/27/le-secteur-droit-sur-la-place-maidan-25-01-2014-kiev-ukraine-14727.html 38-  RT, « Acciones ilegales de 'manifestantes pacíficos' en Kiev », 18 février 2014, http://www.youtube.com/watch?v=byAi0vMSSHs#t=34 39-  David Blair and Roland Oliphant, « As Kiev violence escalates, opposition leader says 'a foreign power' wants to divide Ukraine », The Telegraph, 25 janvier 2014, http://www.telegraph.co.uk/news/worldnews/europe/ukraine/10596968/As-Kiev-violence-escalates-opposition-leader-says-a-foreign-power-wants-to-divide-Ukraine.html 40-  Alexei Korolyov, « 'Commander' of Ukraine protests: Let parliament lead », USA TODAY, 27 février 2014, http://www.usatoday.com/story/news/world/2014/02/27/ukraine-opposition-parubiy/5844437/ 41-  Yann Merlin et Jérôme Guillas, « Ukraine : "Nous sommes là pour la révolution" », Metronews, 19 février 2014, http://www.metronews.fr/info/ukraine-andriy-parubiy-nous-sommes-la-pour-la-revolution/mnbs!cSw0WJ6VjTN8/ 42-  Roman Olearchyk, « Arseniy Yatseniuk poised to become Ukraine prime minister », Financial Times, 26 février 2014, http://www.ft.com/intl/cms/s/0/88987cf8-9f12-11e3-8663-00144feab7de.html?siteedition=intl#axzz2ufydXR5l 43-  Liga, « Andriy Parubiy », 28 février 2014, http://file.liga.net/person/866-andrei-parybii.html 44-  Euronews, « Ukraine : Bernard-Henri Levy parmi les opposants au Maïdan », 10 février 2014, http://fr.euronews.com/2014/02/10/ukraine-bernard-henri-levy-parmi-les-opposants-au-maidan 45-  Natalia Vitrenko, « Ukraine: un putsch néonazi poussé par l'OTAN », Dailymotion, 25 février 2014, http://www.dailymotion.com/video/x1di876_ukraine-un-putsch-neonazi-pousse-par-l-otan_news 46-  Irina Lebedeva, « Bernard-Henri Lévy: Harangues of Ignorant Buffoon », Strategic Culture Foundation, 15 février 2014, http://www.strategic-culture.org/news/2014/02/15/bernard-henri-levy-harangues-of-ignorant-buffoon.html 47-  AFP, « Timochenko: dame de fer et "princesse du gaz" », La Libre, 22 février 2014, http://www.lalibre.be/actu/international/timochenko-dame-de-fer-et-princesse-du-gaz-5308d0f335709867e404dc0b 48-  Oleg Varfolomeyev, « Will Yulia Tymoshenko be Ukraine's first woman prime minister? », PRISM, Volume 4, Issue 3, 6 février 1998, The Jamestown Foundation, http://web.archive.org/web/20061125034223/http://www.jamestown.org/publications_details.php?volume_id=5&issue_id=249&article_id=2820 49-  Marta Kolomayets, « Lazarenko escapes assassination attempt », The Ukrainian Weekly, 21 juillet 1996, http://www.ukrweekly.com/old/archive/1996/299601.shtml 50-  Voir référence 47 51-  Gilles Gaetner, « Les comptes fantastiques de M. Lazarenko », L’Express, 1er juin 2000, http://www.lexpress.fr/actualite/monde/europe/les-comptes-fantastiques-de-m-lazarenko_491978.html 52-  Voir référence 16 53-  BBC, « Former Ukraine PM is jailed in US », 25 août 2006, http://news.bbc.co.uk/2/hi/americas/5287870.stm 54-  Transparency International Global Corruption Report 2004, « World's Ten Most Corrupt Leaders », http://www.infoplease.com/ipa/A0921295.html 55-  Arielle Thedrel, « Ukraine : Ioulia Timochenko accusée de meurtre », Le Figaro, 22 janvier 2013, http://www.lefigaro.fr/international/2013/01/22/01003-20130122ARTFIG00336-ukraine-ioulia-timochenko-accusee-de-meurtre.php 56-  Libération, « La vice-Première ministre ukrainienne limogée », 20 janvier 2001, http://www.liberation.fr/monde/2001/01/20/la-vice-premiere-ministre-ukrainienne-limogee_351716 57-  BBC, « Ukraine: opposition leader injured », 29 janvier 2002, http://news.bbc.co.uk/2/hi/europe/1788924.stm 58-  Marie Jégo, « Ioulia Timochenko, la "marianne à la tresse" », Le Monde, 24 février 2014, http://www.lemonde.fr/europe/article/2005/09/09/ioulia-timochenko-la-marianne-a-la-tresse_687380_3214.html 59-  Ibid. 60-   Wikileaks, « CRS: Ukraines Political Crisis and U.S. Policy Issues », 1er février 2005, http://wikileaks.org/wiki/CRS:_Ukraines_Political_Crisis_and_U.S._Policy_Issues,_February_1,_2005 61-  Voir référence 16 62-  Robert I. Friedman, « The Most Dangerous Mobster in the World », The Village Voice, 26 mai 1998, http://www.villagevoice.com/1998-05-26/news/the-most-dangerous-mobster-in-the-world/ 63-  Reuters, « Crise au sommet en Ukraine, menace d'élections anticipées », Le Point, 3 septembre 2008, http://www.lepoint.fr/actualites-monde/2008-09-03/crise-au-sommet-en-ukraine-menace-d-elections-anticipees/924/0/271036 64-  AFP, « Ukraine : nouvelle inculpation de Timochenko pour des délits financiers », l’Express, 11 novembre 2011, http://www.lexpress.fr/actualites/1/monde/ukraine-nouvelle-inculpation-de-timochenko-pour-des-delits-financiers_1050142.html 65-  AFP, « Ukraine: le parquet va inculper Ioulia Timochenko dans une affaire de meurtre », RTBF, 19 juin 2012, http://www.rtbf.be/info/societe/detail_ukraine-le-parquet-va-inculper-ioulia-timochenko-dans-une-affaire-de-meurtre?id=7789919 66-  BBC, « Tymoshenko rejects Ukraine murder link as 'absurd' », 9 avril 2012, http://www.bbc.com/news/world-europe-17658811 67-  Newspepper, « Prosecutor General of Ukraine examines the involvement of Timoshenko to the three murders », 7 avril 2012, http://newspepper.su/news/2012/4/7/prosecutor-general-of-ukraine-examines-the-involvement-of-timoshenko-to-the-three-murders/ 68-  Thomas Vampouille, « Ioulia Timochenko condamnée à sept ans de prison », Le Figaro, 11 octobre 2011, http://www.lefigaro.fr/international/2011/10/11/01003-20111011ARTFIG00517-ioulia-timochenko-condamnee-a-sept-ans-de-prison.php 69-  Iris Mazzacurati, « En direct. Ukraine: Ianoukovitch démis de ses fonctions, Timochenko libérée », L’Express, 22 février 2014, http://www.lexpress.fr/actualite/monde/europe/en-direct-ukraine-vers-la-fin-du-regne-de-viktor-ianoukovitch_1494265.html 70-  Richard Balmforth et Gabriela Baczynska, « Nouvelle manifestation à Kiev, l'UE suspend les négociations », Le Point, 15 décembre 2013, http://www.lepoint.fr/fil-info-reuters/nouvelle-manifestation-a-kiev-l-ue-suspend-les-negociations-15-12-2013-1769842_240.php 71-  Bill Van Auken, « Leaked phone call on Ukraine lays bare Washington’s gangsterism », WSWS, 10 février 2014, http://www.wsws.org/en/articles/2014/02/10/pers-f10.html 72-  BBC, « Ukraine crisis: Transcript of leaked Nuland-Pyatt call », 7 février 2014, http://www.bbc.com/news/world-europe-26079957 73-  Nadia Diuk, « Ukraine's self-organizing revolution », Kyiv Post, 3 février 2014, http://www.kyivpost.com/opinion/op-ed/nadia-diuk-ukraines-self-organizing-revolution-336155.html 74-  Nadia Diuk, « Ukraine's visions of the future », Kyiv Post, 4 décembre 2013, http://www.kyivpost.com/opinion/op-ed/nadia-diuk-ukraines-visions-of-the-future-333037.html 75-  Nadia Diuk, « In Ukraine, Homegrown Freedom », Washington Post, 4 décembre 2004, http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/articles/A34008-2004Dec3.html 76-  NED, « Nadia Diuk, Vice President, Programs – Africa, Central Europe and Eurasia, Latin America and the Caribbean », http://www.ned.org/about/staff/nadia-diuk 77-  NED, « Ukraine 2012 Annual report », http://www.ned.org/publications/annual-reports/2012-annual-report/central-and-eastern-europe/ukraine 78-  Michel Viatteau et Olga Nedbaeva, « Le président ukrainien à Sotchi sur fond de tensions », La Presse, 6 février 2014, http://www.lapresse.ca/international/europe/201402/06/01-4736241-le-president-ukrainien-a-sotchi-sur-fond-de-tensions.php 79-  Philippe Pognan, « Bain de foule de Westerwelle à Kiev », DW, 5 décembre 2013, http://www.dw.de/bain-de-foule-de-westerwelle-%C3%A0-kiev/a-17272897 80-  Samuel Charap et Keith A. Darden, « Kiev Isn’t Ready for Europe », The New York Times, 20 décembre 2013, http://www.nytimes.com/2013/12/21/opinion/kiev-isnt-ready-for-europe.html?_r=0 81-  Atlantico, « 65% des Français opposés à une aide financière à l’Ukraine », 27 février 2014, http://www.atlantico.fr/decryptage/65-francais-opposes-aide-financiere-ukraine-jerome-fourquet-ifop-994234.html 82-  Ralf Neukirch, Nikolaus Blome et Matthias Gebauer, « UKRAINE : Klitchko, l’opposant coaché par Merkel », Der Spiegel, 11 décembre 2013, http://www.presseurop.eu/fr/content/article/4396161-klitchko-l-opposant-coache-par-merkel 83-  Konrad Adenauer Stiftung, « Speech by EPP President Wilfried Martens, Club of the Konrad Adenauer Stiftung », 14 septembre 2011, http://www.kas.de/ukraine/en/publications/28776/ 84-  Philip Agee, « Terrorism and Civil Society as Instruments of U.S. Policy in Cuba », Cuba Linda, mai 2003, http://www.cubalinda.com/English/Groups/TerrorismandCivilSociety.htm 85-  Statistics Canada, « 2011 National Household Survey: Data tables », http://www12.statcan.gc.ca/nhs-enm/2011/dp-pd/dt-td/Rp-eng.cfm?TABID=2&LANG=E&APATH=3&DETAIL=0&DIM=0&FL=A&FREE=0&GC=0&GID=1118296&GK=0&GRP=0&PID=105396&PRID=0&PTYPE=105277&S=0&SHOWALL=0&SUB=0&Temporal=2013&THEME=95&VID=0&VNAMEE=&VNAMEF=&D1=0&D2=0&D3=0&D4=0&D5=0&D6=0 86-  Sonja Puzic, « 'We don't apologize for standing with Ukrainian people,' Baird says », CTVNews, 28 février 2014, http://www.ctvnews.ca/politics/we-don-t-apologize-for-standing-with-ukrainian-people-baird-says-1.1707909 87-  AFP, « Valls cible «l’ultra-gauche» et les «Black Bloc» après les heurts de Nantes », Libération, 22 février 2014, http://www.liberation.fr/societe/2014/02/22/valls-cible-l-ultra-gauche-et-les-black-bloc-apres-les-heurts-de-nantes_982282 88-  RIA Novosti, « Ukraine: la Rada abroge la loi sur le statut du russe », 23 février 2014, http://fr.ria.ru/world/20140223/200560426.html 89-  AFP, « Une équipe du FMI mardi en Ukraine pour discuter du plan d’aide », Libération, http://www.liberation.fr/monde/2014/03/03/une-equipe-du-fmi-mardi-en-ukraine-pour-discuter-du-plan-d-aide_984175 90-  Le Journal du siècle, « Timochenko : "L’Ukraine va devenir un membre de l’Union européenne" », 23 février 2014, http://lejournaldusiecle.com/2014/02/23/timochenko-lukraine-va-devenir-un-membre-de-lunion-europeenne/ 91-  Alain Franco, « Ukraine : l'Union européenne sans boussole », Le Point, 3 février 2014, http://www.lepoint.fr/monde/ukraine-l-union-europeenne-sans-boussole-03-02-2014-1787567_24.php 92-  Kevin Lamarque, « Une première étape vers une exclusion de la Russie du G8 », RFI, 3 mars 2014, http://www.rfi.fr/europe/20140303-une-premiere-etape-vers-une-exclusion-russie-g8-obama-poutine-france-union-europeenne-allemagne-g7/    
chinalgérieEnviron  huit cents  arbres  ont  été plantés, samedi à Alger, pour sceller le partenariat algéro-chinois dans le domaine de l’environnement et hisser les relations entre les deux pays à un plan stratégique. Cet acte écologique vise à commémorer  à  la  fois  deux  événements,  à  savoir  le  renforcement  des relations  algéro-chinoises  et  la  célébration de la Journée mondiale de la femme,  qui  coïncide  avec  le  8  mars, ont indiqué les organisateurs.A cet eff et, des femmes algériennes et chinoises ont planté ensemble des arbres pour la quatrième année consécutive,  au  niveau  du  parc  Les  Grands vents, à Dély Ibrahim, pour symboliser la  relation  «  privilégiée  »  qui  lie  les deux pays, a-t-on constaté sur les lieux. L’ambassadeur de Chine en Algérie, Lu Yuhe, a indiqué à l’APS que cet événement entrait dans le cadre du renforcement  des  relations  algéro-chinoises, que les dirigeants des deux pays veulent  hisser  à  un  «  niveau  stratégique global  ».  «  Les  rapports  d’amitié  qui lien l’Algérie et la Chine ont de tout temps  été  fraternels  et  cette  action écologiste fi gure parmi les entreprises visant à les rendre plus solides », a souligné M. Yuhe. Les oliviers plantés par les  femmes  algériennes  et  chinoises symbolisent  les  liens  fraternels  entre les  deux  peuples,  a  ajouté  l’ambassadeur de Chine, précisant que les femmes avaient un important rôle à jouer pour la pérennité et la solidité des relations entre les deux pays. M. Yuhe a également fait savoir que la coopération entre les deux pays s’élargira aussi à d’autres domaines et secteurs d’activités. De son côté, le chargé d’études et de  synthèse  auprès  du  ministère  de l’Environnement et de l’Aménagement du territoire, Fayçal Bentaleb, a déclaré  que  la  société  civile  devait  contribuer davantage à la protection de l’environnement.  Il  a  ainsi  souhaité  que les  citoyens  s’impliquent  plus  activement dans les actions de protection de la nature et de l’environnement.Pour sa part, le président de l’associati  d’amitié  algéro-chinoise,  Smaïl Debeche, a encouragé ce type d’initiatives  collectives  qui  ont  pour  but  de pérenniser les relations entre les deux pays « frères ». Il a précisé à ce propos qu’une vingtaine d’entreprises chinoises  ont  contribué  à  l’organisation  de cette journée de sensibilisation et ont fait don de deux tours et un portail décoratifs,  aux  styles  architecturaux chinois, au parc Les Grands vents.
oursbanquise2Le point sur le nouveau processus de négociations sur les changements climatiques lancé par les Nations unies à Durban (Afrique du Sud), en 2011, à l’issue de la COP 18, va être fait à partir d’aujourd’hui, à Bonn, en Allemagne, au cours d’une réunion prévue pour durer cinq jours. En perspective, la conférence de Paris, en décembre 2015, qui aura à conclure un accord mondial appelé à gérer la période dite « après-Kyoto ».Un groupe de travailad hoc sur « la plateforme d’action renforcée de Durban » a été créé pour aller vers  le  développement  d’un  protocole,  d’un  nouvel instrument juridique ou d’un accord « juridiquement contraignant  dans  le  cadre  de  la  convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, et applicable à toutes les parties ». Dans un communiqué du secrétaire exécutif de la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC),  Mme  Christiana  Figueres  a  souligné  que « l’essentiel du contenu négocié de l’Accord de Paris doit être prêt d’ici à la Conférence des parties (COP 20) à Lima en décembre 2014, au Pérou ». Pour leur part, les dirigeants africains avaient mis à profi t leur présence au Sommet de l’Elysée pour la paix et la sécurité  en  Afrique  (6  et  7  décembre),  réuni  à  Paris, pour s’entendre sur une démarche commune lors de la COP 21 de décembre 2015. Mais s’ils admettent que l’accord soit « contraignant » pour tous, les dirigeants africains soulignent en même temps la nécessité qu’il soit « équilibré », « portant aussi bien sur l’atténuation  que  sur  l’adaptation,  et  prévoyant  les moyens de mise en œuvre, en particulier l’intensifi cation  des  transferts  de  technologie,  des  mesures  de renforcement des capacités pour les pays les plus vulnérables  et  la  fourniture  de  ressources  fi nancières pour  l’Afrique  conformément  à  la  convention  ».  La particularité de l’Afrique est d’être à la fois le continent qui souff re le plus du changement climatique et celui qui émet le moins de gaz à eff et de serre, avec seulement 3% des émissions globales de CO2. En effet, l’Afrique est en proie à la sécheresse, aux inondations et autres fl éaux climatiques qui ont un impact négatif sur la vie des populations, alors que sa contribution reste insignifi ante dans la pollution de l’environnement mondial. Il faut espérer qu’à Bonn, il soit question de l’aide fi nancière à accorder aux pays du Sud pour réaliser leur transition vers une économie à faibles  émissions  de  carbone.  Les  pays  développés s’étaient engagés à alimenter un Fonds vert pour le climat en fournissant 100 milliards de dollars par an aux pays les plus pauvres après 2020, avec un échéancier pour la période entre 2013 et 2019. Mais, à ce jour, ce Fonds n’a pas été alimenté et n’est pas encore opérationnel.  Pour  le  moment,  ce  qui  préoccupe  le plus les participants à la réunion de Bonn, c’est plutôt de trouver des moyens d’intensifi er les eff orts en vue de réduire les émissions de gaz à eff et de serre avant 2020, date à laquelle le nouvel accord doit entrer en vigueur.  «  Nous  sommes  au  plus  haut  niveau  des concentrations de gaz à eff et de serre dans l’atmosphère durant les 800 000 dernières années et nous n’avons pas encore commencé à fl échir la courbe vers le bas », a prévenu Mme Figueres. Elle estime qu’avec l’accélération des eff ets des changements climatiques, « 2014 doit être une année d’actions accélérées ».

100-0017_IMGLe  Centre hospitalo-universitaire  (CHU)  FrantzFanon de Blida, classé pôle médical d’excellence, est actuellement incapable de répondre aux nombreuses demandes des patients venus de diff érentes régions du pays d’où la nécessité de réfl échir à un plan d’urgence pour son extension.En eff et, en dépit de sa vaste superfi cie estimée à 33 ha, ce centre, englobant trois établissements sanitaires d’importance : un hôpital psychiatrique, un centre d’oncologie et un CHU de 22 services, n’arrive plus à faire face aux nombreux malades s’y rendant chaque jour. Selon des responsables de cette institution  médicale,  les  nombreuses  extensions  opérées pour élargir les capacités du centre oncologique, faites aux dépens de l’hôpital psychiatrique, n’ont pas suffi à satisfaire la demande considérable exprimée pour  ce  service  hospitalier»,  ont-ils  déploré.  Pour mesurer l’ampleur de la saturation dont souff re le centre,  aujourd’hui,  il  faut  juste  constater  les  longues fi les de voitures, immatriculées dans diff érentes wilayas du pays, encombrant le portail d’entrée de l’hôpital, au moment où les ambulances tentent diffi cilement de se frayer un chemin, pour sortir ou rejoindre l’un des services.Actuellement, les responsables de ce « pôle médical d’excellence » constatent une saturation dans les 22 services hospitaliers du CHU, à l’instar de ceux de l’ORL, de traumatologie, de neurologie, de néphrologie  ou  de  cardiologie,  dont  chacun  compte  un grand nombre de malades inscrits en liste d’attente. Chacun  des  trois  établissements  du  centre  détient une longue liste de malades en attente d’un rendezvous,  pour  un  examen  médical,  une  radio  ou  une intervention  chirurgicale.  A  titre  indicatif,  les  responsables du centre anti cancer signalent une liste d’attente de 2390 malades, dont 2000 en attente de radiothérapie ou de chimiothérapie. Ce qui va sûrement  avoir  un  impact  négatif  sur  la  qualité  de  la prise en charge des malades. En dépit de la réception de l’Institut national du rein, considéré comme l’unique structure du genre à l’échelle continentale, ça n’arrangera pas la situation, car le CHU sera le point de mire de milliers de malades et autres chercheurs, qui le solliciteront de toutes parts.Le CHU Frantz-Fanon, qui sera prochainement renforcé par le plus grand complexe des urgences médicales du pays, devrait, également, abriter une plateforme d’atterrissage pour hélicoptères, qui y évacueront les accidentés de la route et autres malades. Le projet  a  été  recommandé  par  le  Premier  ministre, Abdelmalek Sellal, lors de sa visite de travail, récemment, à Blida. M. Sellal avait instruit les responsables du CHU d’aménager un héliport afi n de faciliter le transfert des accidentés de la route et autres vers le Complexe des urgences, doté de toutes les spécialités requises en matière médicale.Au vu de la situation actuelle du CHU de nombreux responsables de la wilaya ont exprimé la nécessité d’aff ecter un nouveau CHU à Blida, afi n de faire face au nombre considérable de malades y a uant. Pour sa part, M. Yahia Dehar, directeur général de l’hôpital Frantz-Fanon, avait assuré que la wilaya dispose d’un « important réservoir de compétences humaines dans le cas où elle bénéfi cierait d’un nouveau CHU  susceptible  d’atténuer  la  pression,  tant  sur l’équipe médicale que sur les malades » de cet établissement hospitalier.

ta_hd_trDans un  message  adressé  aux  militants  du parti où il annonce sa démission de son poste de coordinateur de wilaya du parti et les motivations  d’une  telle  décision,  le  député  Tayeb Mokadem parle ouvertement de la « naissance d’un RND parallèle à Tizi-Ouzou » et que « le secrétariat  national  est  informé  de  tous  ces agissements en temps réel ». L’auteur de la lettre  accuse,  sans  les  nommer,  «  ceux  qui  ont réussi à semer la zizanie dans les rangs du parti,  à  dévier  l’ordre  du  jour  lors  du  dernier conseil de wilaya pour se placer au-devant de la scène », d’être derrière « les agissements » qui déstabilisent la cohésion des structures locales du parti à la tête desquelles se trouve depuis plus d’une dizaine d’années le coordinateur  démissionnaire,  qui,  en  outre,  cumule deux mandats de député. On croit savoir que c’est le député actuel du RND de Tizi-Ouzou et vice-président de l’APN, ainsi qu’un cadre dirigeant, transfuge du FFS, ayant assuré les fonctions de premier secrétaire à la fédération de Tizi-Ouzou  de  ce  parti,  qui  sont  visés  par  la missive  du  désormais  ex-coordinateur  de  wilaya du RND de Tizi-Ouzou.
elDes observateurs étrangers vont fi nalement assister à l’élection présidentielle du 17 avril prochain, comme souhaité par le gouvernement algérien, qui leur a adressé des invitations. L’information a été donnée hier par le ministre des Aff aires étrangères, Ramtane Lamamra, qui se trouve au Caire.Selon lui, plusieurs organisations internationales,  dont  l’Algérie  est  membre,  ainsi  que ’Union  européenne  ont  décidé  d’envoyer  des missions  d’observation  de  l’élection  présidentielle du 17 avril prochain. « Parallèlement à la mission de la Ligue arabe, qui regroupe 110 observateurs,  l’Union  africaine  a  décidé  de  déployer 200 observateurs pour le suivi du scrutin présidentiel », a précisé M. Lamamra dans une déclaration à l’issue de la signature d’un accord sur la mission des observateurs de la Ligue arabe pour l’élection présidentielle. Il a ajouté que les observateurs sont attendus la semaine prochaine à Alger. L’Organisation de la coopération islamique  (OCI)  dépêchera,  pour  sa  part,  plusieurs personnes pour assumer la mission d’observation.  L’Union  européenne  et  les  Nations unies marqueront aussi de leur présence ce rendez-vous  électoral.  Les  deux  organisations  seront  représentées  par  deux  groupes  d’experts qui assureront le suivi technique de l’élection, a poursuivi  le  chef  de  la  diplomatie  algérienne, qui  prend  part  à  141e session  ordinaire  du Conseil des ministres de l’organisation panarabe, dont les travaux ont débuté hier dans la capitale égyptienne. En plus des instances régionales et internationales, des personnalités indépendantes issues de France, d’Italie, de Belgique et  d’Espagne  sont  également  attendues  pour l’observation du processus électoral à Alger et dans tout le territoire national.Concernant l’intérêt de la Ligue arabe pour les échéances  électorales  en  Algérie,  il  a  soutenu que l’expérience algérienne était toujours prise comme exemple, même sur le plan technique, en ce qui concerne la maîtrise de l’organisation et la répartition judicieuse des tâches, outre l’aspect administratif lié aux commissions chargées de l’observation, de la supervision et de l’organisation des élections. Par ailleurs, le gouvernement  s’est  abstenu  d’adresser  des  invitations aux  organisations  non  gouvernementales  pour des raisons qui restent no dévoilées.A travers ces missions d’observation étrangères, le gouvernement veut rassurer à la fois les candidats et les partenaires de l’Algérie, dont certains commencent à s’interroger sur le devenir de l’Algérie après le 17 avril.A  l’exception  de  l’Union  européenne,  le  reste des invités ont l’habitude de dépêcher des missions d’observation à chaque élection présidentielle.  Notons  que  le  11  novembre  dernier,  le ministre  de  la  Communication,  Abdelkader Messahel,  a  affi rmé  à  la  presse  que  l’Algérie avait accepté 17 recommandations sur 32 formulées  par  la  mission  d’observation  des  élections législatives du 10 mai 2012 dépêchée par l’Union européenne. Pour le reste, elles étaient en phase d’étude. La prise en compte d’une partie des recommandations de l’UE est loin être, d’après le conférencier, une ingérence dans les aff aires internes de l’Algérie ou une atteinte à sa souveraineté. « L’amélioration des conditions de l’organisation  des  élections  fait  partie  d’abord du program du gouvernement », avait-il dit.Lors de sa visite en Algérie le mois de novembre 2012,  la  représentante  de  la  diplomatie  européenne,  Catherine  Ashton,  avait  conditionné l’envoi des observateurs de l’EU en Algérie par la prise en compte par le gouvernement algérien des recommandations formulées par la mission d’observation des élections législatives.
image_2058202_465x348Depuis Annaba, on suit ce qui se passe à Alger avec un certain  intérêt,  via  la  presse écrite et les chaînes privées de télévision.  Mais  que  pensent les  Bônois  du  mouvement  « Barakat » ?Les anti 4emandat  ont-ils  pignon  sur  rue  à Annaba ? Du  Cours  de  la  Révolution aux  quartiers  périphériques, la vie semble suivre son cours habituel. Alger et ses soubresauts apparaissent si loin des préoccupations de la population de la quatrième ville du pays.  Rencontre  avec  un groupe  de  jeunes  dans  le marché El Hattab. Tous sont unanimes, ce mouvement ne conduira  à  rien.  «  Où  veulent-ils aller avec ça ? se demande Amar, 25 ans, offi ciellement demandeur d’emploi. Tout  le  monde  ici  sait  que c’est joué d’avance, que c’est Boutefl ika  qui  va  passer, alors  à  quoi  bon  crier  ‘‘Non au quatrième mandat’’ ». Hichem, son ami, se veut plus nuancé. « Bien sûr que nous sommes  d’accord  que Boutefl ika  a  fait  son  temps, explique-t-il. Mais qui mettre à sa place à la présidence de la République ? Qui donc ? » Cette question sort de la bouche  de  nombre  de  Bônois. Même sur le Cours de la Révolution,  beaucoup  de  discussions  tournent  autour  de ce  mouvement   Barakat  . Mais là aussi, la plupart des itoyens  pensent  qu’il  ne réussira jamais à s’implanter à  Annaba,  voire,  par  extension, dans toute la région est. «  J’ai  un  peu  de  sympathie pour  ce  mouvement,  admet Redouane,  commerçant  de son état. Mais je ne vois pas comment un tel mouvement pourrait s’implanter durablement ici. Cela relève de l’impossible. » MARGINAUXD’autres,  et  ils  sont  plutôt nombreux, ont une image totalement négative du mouvement  Barakat.  Pour  cette mère de famille, il s’agit d’un groupe  qui  est  fi nancé  par l’étranger. « Ce groupuscule, puisque c’est ainsi qu’il faut le  considérer,  émane  des puissances  occidentales,  et en premier lieu de la France, dit-elle. Il n’existe réellement qu’à Alger, mais pas ailleurs en tout cas. Pourquoi, donc, cherchent-ils à semer la fi tna dans  notre  pays  ?  N’ont-ils pas  vu  à  quoi  ressemble  la Libye maintenant et ce qu’il est devenu la Syrie ? Ils veulent que l’Algérie soit comme ça ? Moi je ne veux pas. Je ne veux pas d’un Bernard-Henri Lévy ici, qui nous donnerait des  leçons  de  démocratie  et de liberté. La  liberté  nous  l’avons  eue avec  Boutefl ika.»  À  la  périphérie de la ville, c’est toute une fronde anti Barakat, qui ne  dit  pas  son  nom,  qui  est érigée  au  nom  de  la  crainte d’un  basculement  et  de  la peur  que  la  rue  n’emporte tout.Toutes les personnes rencontrées  ont,  semble-t-il,  une opinion négative de ce mouvement qui ne vivra pas longtemps à l’instar de la Coordination  nationale  pour  le changement et la démocratie (CNCD) de 2011. « Le mouvement  Barakat  ?  Je  ne connais pas, tempête Abdelaziz, ouvrier métallurgiste domicilié  à  El  Bouni.  Ça  doit être des marginaux, c’est sûr. Ils ignorent tout de notre société. Non, décidément, c’est juste un mouvement de plus qui  fait  sa  publicité  et  qui disparaîtra comme les autres, comme la CNCD. » PREDNRE LA TEMPÉRATUREEn plus des idées reçues, certains,  comme  Yassine,  un quinquagénaire,  qui  a  pourtant connu les aff res du terrorisme  durant  la  décennie noire, estime que le mouvement devrait venir à Annaba «prendre  la  température». «Ici,  à  Annaba,  les  anti-4emandat  comme  les  anti-système  existent,  rappelle-t-il. Mais  ce  groupe  devrait  tout de même voir de plus près ce qui  se  passe  et  s’il  a  les moyens  et  l’envie  de  s’implanter  ici.  Malgré  tout,  je doute qu’il rencontre les succès escomptés.» Pour certains habitants  d’Annaba,  les  responsables du mouvement Barakat devraient se rendre à la Coquette, même s’ils risquent d’y  être  au  mieux  accueillis avec  indiff érence,  au  pire rejetés.
reppIls étaient une vingtaine de partis et de personnalités politiques à se coaliser autour de positions politiques communes avant que chacun n’empreinte son chemin en boycottant le scrutin présidentiel prochain ou en y participant.Cette coalition ditegroupe des vingt remonte au lendemain des élections législatives de 2012 quand «un front contre la fraude» s’était constitué,  allant  jusqu’à  la  création  d’un Parlement  parallèle  comme  action symbolique  contrecarrant  la  représentation du nouveau Parlement issu d’«une  élection  truquée».  Le  «front» en question a rassemblé plusieurs formations politiques, à l’image des partis d’obédience islamiste, notamment le MSP, Ennahda, El Islah, le FJD, le FC ou encore le PEP de Naïma Salhi. D’autres  partis  ont  également  siégé dans  ce  même  groupe,   à  savoir  le parti Jil Jadid de Soufi ane Djilali et Fadjr  El-Dajdid  de  Tahar  Benbaïbeche,  aux  côtés  d’autres  formations politiques  nouvellement  créées  dans la  foulée  des  «réformes  politiques» au début de l’année 2012. Ces structures de familles politiques diff érentes  et  de  convictions  idéologiques parfois  opposées  étaient  ensuite  à l’origine  d’une  nouvelle  initiative commune en 2013, se basant essentiellement sur «l’application de l’article 88 de la Constitution» qui devait déclarer  l’état  d’empêchement  du président Abdelaziz Boutefl ika d’exercer la fonction présidentielle, dans le sillage de son départ, pour raisons de santé,  à  l’hôpital  Val-de-Grâce,  en France. L’entrée dans le jeu du RCD, en commençant par participer en tant qu’observateur,   aux  réunions  du «groupe  des  Vingt  avant  qu’il  ne prenne  le  dessus  en  initiant  des consultations politiques avec le noyau dur de ce groupe, en l’occurrence le MSP,  Ennahda,  Jil  Djadid,  Fadjr  El Djadid et Ahmed Benbitour, candidat au scrutin présidentiel avant de jeter l’éponge, a changé la donne en voyant le  spectre  d’une  large  coalition  de boycott de la présidentielle se tracer à l’horizon. Surtout que le RCD était le  premier  à  prendre  la  décision  du boycott. «Nous avons pris la décision de nous prononcer les premiers pour encourager les autres partenaires politiques à faire de même », a déclaré Atmane  Mazouz,  chargé  de  la  communication  du  RCD,  en  marge  des travaux  du  conseil  national  de  son parti qui a débouché sur la décision du  boycott.  Pendant  que  les  événements s’accéléraient du côté des partis soutenant et appelant le président sortant à se présenter à la magistrature suprême du pays, les « partenaires politiques » an sein du groupe des Vingt , eux, ont pris des positions peu cohérentes quant au scrutin présidentiel.Deux  autres  événements  politiques ont  grandement  infl ué  sur  les  positions de la composante de ce groupe et accéléré sa « dislocation ». Il s’agit de l’annonce de candidature de l’ancien chef de gouvernement Ali Benfl is, le 19 janvier dernier, et celle du chef de l’Etat Abdelaziz Boutefl ika, le 22 février. Bien que le MSP, Ennahda et le FJD d’Abdellah Djaballah aient rejoint la décision du RCD, respectivement le 25 janvier, le 7 et le 14 février 2014, Soufi ane Djilali et Ahmed Benbitour se sont retirés de la course présidentielle pour renforcer le camp des boycotteurs qu’après la candidature d Boutefl ika. Cependant, Tahar Benbaïbeche,  qui  a  assisté  à  la  réunion  des  six  avec  le  MSP,  Ennahda, Benbitour, Soufi ane Djilali et le RCD au siège de ce dernier le 19 janvier 2014,  comme  Naima  Salhi,  El  Islah de  Djahid  Younsi  et  fort  probablement  le  FC  de  Abdelamadjid  Menasera,  tous  membres  du  groupe  des Vingt, a choisi de soutenir le candidat Ali Benfl is, signant de facto la fi n du partenariat politique entre les membres de ce « front politique ». Alors que l’échec, en premier lieu, à trouver un candidat sur la base d’un large consensus pour le scrutin du 17 avril, initiative  datant  de  plusieurs  mois avant même la convocation du corps électoral  et,  en  deuxième  lieu,  à constituer un large front de boycott a mis  en  péril  les  ambitions  de  cette partie de la classe politique algérienne. Une reconstitution de ce groupe ou du moins la naissance d’un nouveau partenariat politique beaucoup plus large ne sont pas à exclure, mais il  faudra  certainement  attendre l’ap avril…
menaL’option d’un soutien de la candidature de Benfl is lors du prochain scrutin présidentiel semble être la plus probable pour le Front du changement d’Abdelmadjid Menasra.Animant un point de presse en marge d’un meeting tenu samedi dernier à la salle des fêtes de l’hôtel Soummam, à Boumerdès, à l’occasion de la Journée internationale de la femme,  le  leader  du  Front  du  changement (FC) a fait savoir que « sur l’ensemble des candidats  qui  ont  déposé  leurs  dossiers  au niveau  du  Conseil  constitutionnel,  seul  le candidat Ali Benfl is répond au profi l et aux exigences d’un candidat du consensus». Le conseil consultatif de ce parti a tranché le 21 février dernier sa position contre le boycott,  ouvrant  ainsi  la  voie  aux  diff érentes options de participation. « Le bulletin blanc, le vote libre ou le soutien à un candidat sont les options que nous sommes en train d’étudier», a-t-il soutenu. Le transfuge du MSP a estimé que son parti est « fi dèle à la ligne participationniste » du défunt cheikh Nahnah, guide de la mouvance algérienne des Frères musulmans. Néanmoins, cette formation politique a posé certaines conditions pour le candidat à soutenir. A  titre  d’exemple  :  un  seul  mandat  pour amorcer une transition démocratique et des élections législatives et locales anticipées. A en croire M. Menasra, dans le cas où un accord avec M. Benfl is, sur la base des exigences du FC, ne verrait pas le jour, il prendra  le  chemin  de  la  participation  libre  ou avec un bulletin blanc. Abdelmadjid Menasra donne rendez-vous pour le 25 mars, jour où le conseil consultatif tranchera défi nitivement la question.