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mercredi, 11 octobre 2017 06:37

Sonatrach : Constat de pression et avis de restructuration

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L’avenir du groupe pétrolier national Sonatrach a été, hier, au cœur d’une séance de « brainstorming » à laquelle ont été associés l’ensemble des cadres de la compagnie, sous la houlette de son président, Abdelmoumen Ould Kadour, et du ministre de tutelle, Mustapha Guitouni.


Tous deux se sont accordés sur une remise en cause du fonctionnement du géant public. A commencer par le ministre de l’Energie, M. Guitouni, qui a fait part d’un plan de « réorganisation de Sonatrach à travers les filiales dont elle dispose de telle sorte à ce qu’elle se concentre sur ses métiers de base ». « La Sonatrach a décidé de changer. Elle compte mettre en place une organisation plus efficace. Cette rencontre permettra de la mettre en place », a souligné le ministre de l’Energie, Mustapha Guitouni.
« Il faut revoir l’organisation de Sonatrach pour la rendre plus efficace de façon qu’elle puisse répondre aux problèmes de l’heure », a-t-il encore dit, à l’issue d’une conférence de presse qu’il a animée conjointement avec le président de Sonatrach. D’où justement la tenue de ce brainstorming, un exercice de « remue-méninge » soumis aux cadres de la compagnie qui consiste à répondre, dans un cadre de concertation, d’échanges et d’écoute, à des problèmes posés en y apportant des solutions ou des propositions. Or, il s’agissait de discuter des défis auxquels fait face la compagnie et des moyens d’y faire face dans une conjoncture particulièrement défavorable. A ce titre, l’« état-major » de la Sonatrach a constaté qu’il fallait revoir l’organisation et le fonctionnement de la compagnie pour la rendre plus efficace. Sur ce point, M. Guitouni a avancé que « grâce aux différents ateliers organisés dans le cadre de cette réunion de brainstorming de deux jours, les participants vont sortir avec un modèle de réorganisation ». Mais il faut attendre quelque six mois avant de voir la première ébauche de cette restructuration, a estimé le ministre de l’Energie. Et ce dernier d’admettre que la compagnie a particulièrement souffert d’instabilité, d’affaires de corruption qui ont éclaboussé ses dirigeants, puis d’une série de limogeages et de nominations qui ont traumatisé le groupe et semé le doute chez ses partenaires étrangers. « Au-delà du traumatisme que Sonatrach a connu, sa résilience démontre sa capacité de donner du sens et de se projeter dans l’avenir. C’est d’autant plus important que les circonstances actuelles sont contraignantes, que les difficultés sont structurelles et qu’il va falloir trouver des solutions à court, moyen et long termes pour dépasser cette conjoncture », a fait valoir M. Guitouni. De plus, « il est primordial de s’interroger sur ce que sera Sonatrach dans 10, 20, 30 ou 50 ans », relevant l’impérieux besoin pour la compagnie d’identifier les enjeux futurs et d’appréhender le mode de gestion qui lui permettra de se maintenir et de progresser.


Un groupe bureaucratique

Mais c’est au président de la Sonatrach, M. Ould Kadour, qu’est revenue la tâche d’expliquer ce qui ne va pas actuellement au niveau du fonctionnement du groupe. En un mot comme en mille, la compagnie publique est simplement victime de « bureaucratie » et ses managers du « traumatisme » né de la pénalisation de l’acte de gestion, un article du code pénal abrogé depuis 2016, à la faveur de l’adoption de la nouvelle Constitution. Il affirme surtout que la Sonatrach « est confrontée à des difficultés pour satisfaire la demande de ses clients pour les exportations de gaz à cause des lourdeurs bureaucratique [qui] ont entravé le développement de nouveaux champs pétrolifères ». Et M. Ould Kadour d’étayer ses dires : « Quand je suis arrivé [à la tête de Sonatrach], j’ai été choqué par sa gestion […] Son système d’information est obsolète », cite-t-il comme exemple. Avant d’asséner que la « Sonatrach n’est pas une entreprise économique mais un groupe bureaucratique » ! C’est la raison pour laquelle il veut « libérer l’initiative interne au sein de l’entreprise », en accordant plus de responsabilités à ses collaborateurs et « leur inculquer la culture de l’initiative ». « Il faut mettre les gens dans un environnement favorable. L’élément humain est au centre des préoccupations de la stratégie du groupe », dit-il. Et de reconnaître : « La situation sera davantage difficile mais nous trouverons les ressources nécessaires pour respecter nos engagements grâce au génie des jeunes ingénieurs ». M. Ould Kadour entend réformer le management de l’entreprise et surtout réduire les formalités administratives pour devenir plus compétitif. « J’entreprendrais les réformes nécessaires. J’ai le soutien du Président et du Premier ministre pour faire mon travail», a-t-il encore précisé. Avant de prendre à témoin, une nouvelle fois, ses collaborateurs et de répéter : « Quand je suis arrivé il y a six mois, j’ai trouvé un tas de documents et de lettres qui devaient être signés quotidiennement. C’est mon travail […] Mais [à la Sonatrach] il n’y a pas de vision à long terme, et il n’y a pas de communication », déplore-t-il. L’autre « tare » dont souffre la Sonatrach, selon M. Ould Kadour, c’est le « nombre excessif de filiales ». « Je ne suis pas sûr que toutes ces filiales ont leur place dans l’organisation de l’entreprise », a-t-il soutenu. Pourtant, à ce propos, le projet de restructurer la Sonatrach et de réviser son mode de fonctionnement a déjà été mis sur la table il y a deux ans. C’était par l’ancien président-directeur général de Sonatrach, Amine Mazouzi, qui avait fait part à l’ensemble de ses collaborateurs de son intention de restructurer le groupe qu’il dirige, dans une tentative de faire face à une mauvaise conjoncture pétrolière. Il avait appréhendé cette restructuration sous l’angle de « l’évolution (négative) de l’environnement économique intérieur et extérieur [qui] nous oblige à adapter notre organisation (…) afin que nous puissions atteindre nos objectifs qui sont d’augmenter la production d’hydrocarbures et les réserves ». Une restructuration qui devait passer par la mise en place de quatre nouvelles vice-présidences en charge respectivement des opérations « Aval », « Amont », « Transports et pipelines » et « Services commerciaux ». Cette fois, les choses pressent !

Dernière modification le mercredi, 11 octobre 2017 13:37

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