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mardi, 14 novembre 2017 06:00

Projet de loi de finances : Les députés s’illustrent par leur absence ! Spécial

Écrit par Azzeddine Bensouiah
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C’est devant un hémicycle quasi vide que les débats sur le projet de loi de finances se sont poursuivis hier, pour le dernier jour réservé à cet effet. Ce mardi, il est prévu l’intervention des chefs de groupes parlementaires et les réponses du ministre des Finances, alors que l’adoption du texte est prévue pour le 26 novembre.


L’absence des députés aura été le fait le plus marquant de cette séance, d’autant plus que nombre d’entre eux inscrits sur la liste des intervenants ont brillé par leur absence, mettant le président de l’APN dans une gêne extrême, lui qui n’arrêtait pas de faire l’appel depuis le matin, et de constater, amèrement, que les députés font encore l’école buissonnière. En revanche, dans les travées de l’APN, ils étaient plus nombreux. Encore plus nombreux dans le réfectoire !
Malgré le changement des textes régissant le travail de l’assemblée, force est de constater que les vieilles mauvaises habitudes ont la peau dure. Mais les absents ont-ils tout à fait tort ? Pas évident si l’on se réfère à la qualité du débat auquel nous avons été conviés. En effet, la majorité des députés, qui sont intervenus hier, ont beaucoup plus parlé de leurs localités, des doléances des citoyens concernant le logement social, les équipements scolaires et même sportifs, oubliant superbement l’objet central du débat parlementaire du moment.
Comme pour la première journée, les débats n’ont pas été retransmis par la télévision publique, comme ce fut le cas par le passé. Mais du côté du bureau de l’APN, on nous a assuré que pour la journée du mardi, les interventions des chefs des groupes parlementaires et les réponses du ministre des Finances seront retransmises en direct.
Même si beaucoup de députés admettent, en off, que le débat ne servirait à rien, puisque le projet de loi passerait grâce à la majorité absolue détenue par le duo FLN-RND, qui ont annoncé la couleur dès le départ, il n’en demeure pas moins que certains députés avaient à cœur de dire leurs vérités, leurs appréhensions et d’interpeller le gouvernement sur certaines questions liées au fond du problème. Ainsi, un député de la wilaya d’El Bayadh fera remarquer que le projet de loi de finances contredit les prévisions du FMI, tout en rappelant que le gouvernement continue à bâtir sa stratégie sur l’espoir de voir les cours de pétrole repartir à la hausse. Pour ce député, le gouvernement ne cherche qu’une seule chose : apurer le déficit budgétaire, alors qu’il aurait été plus judicieux de songer au développement économique. Et de fustiger l’attitude récurrente des gouvernements successifs consistant à chercher de nouvelles rentrées en augmentant le prix du carburant. Pour lui, cela va influer directement sur le citoyen et son pouvoir d’achat. Il citera, par ailleurs, l’exemple des aliments de bétail dont la taxe a été supprimée par le gouvernement. Pour lui, les éleveurs n’en bénéficient point, puisqu’ils continuent à payer ces aliments trop cher, alors que les importateurs, eux se remplissent les poches.
Un autre député abondera dans le même sens, en affirmant, d’emblée, qu’il n’y a aucun changement par rapport aux lois de finances précédentes, en faisant remarquer que le gouvernement privilégie le recours à l’augmentation des taxes et, par voie d’extension, des prix des produits de large consommation. Pour lui, le citoyen est en train de payer le prix des erreurs des gouvernements successifs.
Même les partis du pouvoir, tout en affirmant soutenir le projet du gouvernement, émettent certaines réserves. Abdelhamid Si Affif, président de la commission des affaires étrangères à l’APN, et membre influent du FLN, estime que «l’opposition critique pour critiquer, elle ne propose aucune alternative». Cependant, il reproche au gouvernement d’avoir introduit l’impôt sur la fortune sans en préciser les mécanismes, encore moins faire preuve de réalisme.
Le MSP abonde dans le même sens que le PT, en estimant que ce projet de loi servirait beaucoup plus les hommes d’affaires. Selon Nacer Hamdadouche, président du groupe parlementaire du MSP, le projet contient des mesures d’austérité qui sanctionnent grandement les citoyens, affirmant l’opposition de son parti à ce projet qui ressemble aux précédents, selon lui. Même avis chez les islamistes de l’alliance «nahda justice et édification». Selon le président de ce groupe, Lakhdar Benkhellaf, ce projet de loi est «un code pénal qui sanctionne les citoyens». Pour lui, c’est une continuité des lois de finances de 2016 et 2017, tout en estimant que le gouvernement continue à ne compter que sur les recettes tirées des taxes et des exportations des hydrocarbures.
Pour le PT, le gel des recrutements est «un encouragement franc à la harga (émigration clandestine, NDLR)». Ramdane Taazibt a estimé que l’inflation et l’érosion du pouvoir d’achat vont se poursuivre en 2018. Pour lui, l’Algérie souffre d’une crise de contrôle et non pas d’une crise financière.
En attendant les amendements qui seront proposés aujourd’hui par les présidents des groupes parlementaires, et surtout les réponses du ministre des Finances, il y a lieu de noter que le ton n’était pas à l’optimisme dans l’hémicycle. 

Dernière modification le lundi, 13 novembre 2017 21:42

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