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jeudi, 07 décembre 2017 06:00

Il reconnaît El Qods comme capitale d’Israël : Trump franchit le Rubicon Spécial

Écrit par Rachid Bouarroudj
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Le président Trump a officiellement reconnu Jérusalem comme la capitale d’Israël, renversant près de sept décennies de politique étrangère américaine et mettant en branle un plan visant à transférer l’ambassade des Etats-Unis de Tel-Aviv à la ville sainte.


«Il est temps de reconnaître officiellement Jérusalem comme capitale d’Israël», avait déclaré M. Trump, s’exprimant depuis la salle de réception diplomatique de la Maison-Blanche, affirmant que les approches passées du conflit, retardaient cette reconnaissance et «n’avaient pas aidé le processus de paix à aller de l’avant». La reconnaissance du président par Jérusalem isole les Etats-Unis de l’une des questions diplomatiques les plus sensibles au monde. Quelques heures avant que M. Trump ne déclare Jérusalem comme capitale d’Israël, M. Tillerson a déclaré que la paix au Moyen-Orient était encore possible. M. Tillerson, lors d’une conférence de presse au siège de l’Otan, a déclaré qu’il ne voulait pas anticiper l’annonce officielle du président, mais a exprimé des assurances sur les conséquences attendues de la décision. Le président Trump, qui avait, une heure avant d’en faire l’annonce, rencontré les membres de son cabinet, devient le premier président américain à avoir «osé» reconnaître formellement Jérusalem comme capitale d’Israël depuis sa fondation en 1948. «Il est grand temps», avait déclaré M. Trump avant le début de la réunion, cité par CNBC. «Beaucoup de présidents ont dit qu’ils voulaient faire quelque chose et ils ne l’ont pas fait […]», a-t-il ajouté. «Les Etats-Unis restent déterminés à aider à faciliter un accord de paix acceptable pour les deux parties», a encore affirmé M. Trump. «J’ai l’intention de faire tout ce qui est en mon pouvoir pour aider à sceller un tel accord», a-t-il encore dit au pupitre, debout devant un portrait de George Washington. Défendant une décision qui aurait dû être prise «depuis longtemps», M. Trump a aussi égratigné ses prédécesseurs qui «n’ont pas fait ce qu’ils avaient dit», peut-être, selon lui, par manque de «courage». Toute reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël est un casus belli pour les dirigeants palestiniens, qui revendiquent Jérusalem-Est, occupée puis annexée par Israël, comme la capitale de l’Etat auquel ils aspirent. Avant même son discours, des dirigeants du monde entier avaient appelé le locataire de la Maison-Blanche à peser ses mots et mesurer les conséquences de ses actes, tant Jérusalem est un chaudron diplomatique. Entre-temps, d’autres sources citées par les médias américains ont affirmé que Trump chargera le département d’Etat de commencer le processus de transfert de l’ambassade de Tel-Aviv à Jérusalem. Ces deux décisions, l’annonce ainsi que l’ordre donné à son secrétaire d’Etat de déménager l’ambassade américaine, risquent de susciter de vives réactions de la part des alliés américains dans le monde musulman et, potentiellement, des protestations et des troubles. Ils discréditent surtout le rôle des Etats-Unis dans la région et en tant que médiateur neutre dans le processus de paix au Moyen-Orient.
Les responsables de l’administration Trump ont déclaré que la reconnaissance de Jérusalem comme la capitale d’Israël était «une reconnaissance de la réalité historique » par le gouvernement américain. Cependant, les limites spécifiques de la ville resteraient soumises à un accord sur son statut final, ont encore indiqué les officiels.
Mais anticipant sur un déchaînement de réactions hostiles à cause de sa décision, le président américain a appelé au «calme» et à la «tolérance» et a indiqué que son vice-président Mike Pence se rendrait au Proche-Orient «dans les jours à venir». «Aujourd’hui, nous appelons au calme, à la modération, et à ce que les voix de la tolérance l’emportent sur les pourvoyeurs de haine», a-t-il déclaré lors de son allocution.

Indignation, colère  et réprobation
Justement, dans le monde, l’un des premiers à réagir, l’Iran, bête noire de M. Trump, ne s’est pas privé de pincer la corde religieuse, en déclarant qu’il ne tolérerait pas «une violation des lieux saints musulmans».
Les groupes palestiniens ont appelé à trois «jours de rage». Dans la bande de Ghaza, des centaines de Palestiniens en colère ont brûlé des drapeaux américains et israéliens et des portraits de Donald Trump. Un rassemblement est prévu jeudi à Ramallah en Cisjordanie, territoire occupé par l’armée israélienne depuis cinquante ans. L’Autorité palestinienne, interlocutrice des Etats-Unis, d’Israël et de la communauté internationale, avait prévenu par avance que si une telle décision était annoncée, Washington se discréditerait comme intermédiaire impartial de toute entreprise de paix. Et que les efforts en ce sens du gendre et conseilleur de Donald Trump, Jared Kushner, seraient considérés comme terminés. Le Hamas a affirmé que «Trump ouvre les portes de l’enfer pour les intérêts américains», alors que l’OLP a réagi en estimant que la «déclaration de Trump sur Jérusalem détruit la solution à deux Etats». La communauté internationale n’a jamais reconnu Jérusalem comme capitale d’Israël et considère Jérusalem-Est comme un territoire occupé. Israël proclame tout Jérusalem, Ouest et Est, comme sa capitale «éternelle et indivisible». Dans un apparent souci d’apaiser les Palestiniens, la Maison-Blanche s’est dit prête à soutenir «une solution à deux Etats». A la grande frustration des Palestiniens, le président des Etats-Unis s’est jusqu’ici gardé d’adhérer à l’idée d’un Etat palestinien indépendant, solution référence de la communauté internationale. Mais «l’avenir de Jérusalem est quelque chose qui doit être négocié avec Israël et les Palestiniens assis côte à côte», a rappelé l’envoyé spécial de l’ONU au Proche-Orient, Nickolay Mladenov, depuis Jérusalem, alors que les négociations de paix sont suspendues depuis 2014.
Le roi Salmane d’Arabie saoudite, grand allié de Washington, a prévenu qu’une telle décision risquait de provoquer «la colère des musulmans» et la Turquie a brandi le spectre d’un « incendie» régional en jugeant qu’une reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël «ferait le jeu des groupes terroristes». Le président turc Recep Tayyip Erdogan veut réunir un sommet des dirigeants des principaux pays musulmans le 13 décembre à Istanbul. Une réunion d’urgence de la Ligue arabe pourrait avoir lieu samedi. La Chine, le Royaume-Uni et le Pakistan ont joint leur voix au concert de réprobation. n

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