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jeudi, 28 décembre 2017 06:00

Economie nationale : Le poids encore trop lourd des hydrocarbures

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A quasiment 67 dollars, mardi, le baril de Brent, qui est revenu le lendemain dans sa fourchette des 65 dollars, peut paraître comme un « sursis » à l’économie nationale qui a encore besoin de la rente pétrolière pour son développement.

Le Premier ministre Ahmed Ouyahia l’a admis lui-même, il y a un peu plus de dix jours, lorsqu’il visitait un complexe gazier à Adrar, reconnaissant que bien que l’Algérie soit engagée dans la voie de la diversification de son économie, et, partant, de ses sources de revenus, les hydrocarbures préserveront tout leur poids dans l’avenir économique et financier du pays. Pour l’instant, le pays use d’instruments souverains divers pour contrôler et maîtriser la dépense depuis l’intérieur : suspension d’importations, contrôle des opérations de commerce extérieur, encouragement à l’exportation... Mais le gouvernement a conscience que des facteurs extérieurs auront une incidence directe sur l’épaisseur des gains tirés par l’Algérie des hydrocarbures. Le résultat de l’accord Opep-non Opep sur la réduction de pétrole sourit pour l’instant au pays, mais tout dépendra de la capacité des pays engagés dans cet accord à maintenir la pression sur les marchés mondiaux. Il y a peu, l’Opep avait estimé que le marché du pétrole devrait trouver son point d’équilibre d’ici à la fin 2018, une année qui sera marquée par une solide hausse de la demande, et donc un raffermissement des prix. Le processus de rééquilibrage du marché est en bonne voie, soutenu par des niveaux de conformité historiquement élevés de la part des pays participant aux accords de limitation de la production, mais jusqu’à quand ? Ce qui est certain, c’est que les hydrocarbures continueront encore à assurer à l’Algérie les devises nécessaires pour financer les chantiers socioéconomiques et la survie des ambitieux plans de développement industriel déjà engagés. Le gouvernement le sait, mais un peu moins à quel moment les exportations hors hydrocarbures parviendront à commencer à prendre le relais : ciment, automobile, produits agricoles, minerai... Tous réunis, ils arrivent à peine à engranger le milliard de dollars. Mais bien avant le Premier ministre Ouyahia, d’autres membres du gouvernement et hauts responsables, notamment de l’énergétique, ont clairement démontré la « dépendance », pour quelque temps encore, de l’économie nationale à la rente pétrolière. Tour à tour, M. Guitouni, le ministre de l’Energie, M. Ould Kadour, le président de Sonatrach, ont annoncé la révision de la loi sur les hydrocarbures pour la rendre plus flexible, plus attractive, car le pays a besoin de voir les investisseurs pétroliers revenir afin de produire plus, et donc de vendre plus. Même le gaz de schiste y passe et n’est plus une question taboue, mais de survie économique. Le Premier ministre a été le premier à rappeler l’impératif de réviser la loi sur les hydrocarbures car il est question « d’améliorer les recettes » du pays, non sans rappeler un autre impératif, celui d’investir dans le domaine des gaz de schiste, loin d’être « une démarche aventurière ». C’est une « option » rendu nécessaire pour garantir l’avenir énergétique du pays. Plus près de nous, il y a tout juste une semaine, lors de la signature de la Charte sociétaire entre le gouvernement, l’UGTA et le patronat, M. Ouyahia avait alors rappelé l’amère dépendance du pays aux hydrocarbures. Des difficultés qui se reflètent à travers un déficit budgétaire important, un déficit sensible de la balance des paiements, accompagnés d’une érosion préoccupante des réserves de changes. Le tout, à cause d’un prix du baril divisé par deux depuis 2014. Selon ses prévisions, les devises du pays devraient s’établir à 85,2 milliards de dollars à fin 2018 et continuer à baisser à 79,7 milliards puis 76,2 milliards en 2020. Le gouvernement Ouyahia joue particulièrement serré pour inverser la tendance : diminuer le poids des hydrocarbures dans le financement de l’économie nationale et les remplacer par une économie diversifiée et exportatrice.

Dernière modification le vendredi, 29 décembre 2017 10:14

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