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jeudi, 17 mai 2018 06:00

Khaled Bentounès, le soufisme contre le salafisme Spécial

Écrit par Selma Allane
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Cheikh Khaled Bentounès, un soufi qui revient de loin. Le guide spirituel de la confrérie Alawiyya n’a pas toujours eu la visibilité et l’audience dont il jouit aujourd’hui.

Par le passé, il était dans l’effacement qui était celui des zaouïas durant les années soixante-dix. Leur réhabilitation dès le milieu des années quatre-vingt, lorsque le pouvoir de l’époque s’en est souvenu pour faire barrage -sans succès- contre la montée de l’islamisme politique, ne lui a pas réellement profité non plus. Il a fallu le tournant des années 2000 pour que cheikh Bentounès apparaisse sur la scène confrérique nationale et s’affirme comme l’un des soufis les plus en vue. Cette affirmation doit beaucoup au travail qu’il a effectué pendant longtemps à l’international et en France, un pays où il s’est installé jeune avant d’y tisser de solides contacts, en participant à des actions clés comme la structuration des instances du culte musulman en France, la création des scouts ou à la participation active à des initiatives en relation avec le dialogue des cultures et interreligieux. En Algérie, Cheikh Bentounès, un Mostaganémois de naissance, une personnalité internationale par la diversité et la richesse de ses relations dans de nombreux pays, a commencé à faire l’actualité à partir des années 2000 avec l’organisation de rencontres et de colloques en relation, déjà, avec les thèmes du vivre-ensemble et de la tolérance. Un parcours dont le repère-clé a été la création, en septembre 2007, de la fondation méditerranéenne du développement durable, plus connue sous la dénomination de «Djanatu Al Arif». Cette fondation, dont le siège est à Mostaganem et qui dispose d’un bureau à Alger, mène des actions associatives dans le domaine du développement durable. Elle œuvre également pour la sauvegarde du patrimoine culturel et l’apprentissage de la musique andalouse aux jeunes et aux enfants. Elle est également à l’origine de l’instauration du Prix Emir Abd El Kader pour la promotion du vivre-ensemble et de la coexistence pacifique en Méditerranée et dans le monde, en partenariat avec le programme MED 21 qui regroupe un bon nombre d’universités du bassin méditerranéen. Pour la chronique, Cheikh Bentounès a fait beaucoup parler de lui, en 2009, à la parution de son livre «Soufisme, l’héritage commun», critiqué à l’époque par l’ex-président du Haut conseil islamique (HCI), cheik Bouamrane, et du président de l’association des oulémas musulmans, Abderrahmane Chibane. Tous les deux disparus aujourd’hui, ces dignitaires religieux avaient alors critiqué l’ouvrage pour ses illustrations jugées peu orthodoxes. Leurs avis, bien que jugés moins rigoristes, auraient pu être ceux d’un cheikh Ferkous, présenté comme l’incarnation locale du salafisme wahhabite en Algérie. De cet épisode lointain, on rapporte que c’est le président Bouteflika qui l’a personnellement défendu en prenant également la défense du colloque organisé en ce temps-là pour le centenaire de Tariqa Alawiya. Cet évènement, on s’en souvient, avait obtenu le parrainage du chef de l’Etat. Pour se défendre, voici ce qu’il disait il y a presque dix ans : «Ce ne sont pas ces miniatures qui sont visées, elles ne sont qu’un prétexte. Ce qu’on me reproche, ce sont ces photos du XIXe siècle, prises pour perpétuer les instants les plus précieux de notre patrimoine commun. Ce sont les photos des mausolées qu’on a détruits (…) C’est ça qui dérange, en réalité ! Cette histoire que l’on nous cache, dont on ne veut pas parler. C’est notre histoire, et nos enfants sont en droit de la connaître pour mieux se préparer à un monde qui ne pardonne pas aux faibles.
Sous prétexte d’une religion qu’ils ont transformée en une idéologie manipulable…» Depuis, le chef spirituel de la Alawiyya passe pour être l’un des critiques les plus assidus du salafisme. «Regardez d’où vient le salafisme et vous comprendrez tout», affirmait-il. Avant d’ajouter que «les Algériens ont envie de retrouver l’Islam de leur terroir, celui de leurs aïeux, tolérant, ouvert, qui prépare l’homme par une éducation responsable, ouverte sur la modernité sans rien renier de son patrimoine».Très actuel, le Cheikh.

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