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jeudi, 08 novembre 2018 06:05

Rabat propose à l’Algérie un dialogue « direct et franc » / Mohammed VI : une ouverture et des interrogations

Écrit par Adlène Badis
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Le roi du Maroc a surpris, lors d’un discours télévisé, en invitant l’Algérie à un dialogue « direct et franc» et en proposant la création d’un «mécanisme politique conjoint de dialogue et de concertation» pour «dépasser les différends».


Cette sortie impromptue du monarque marocain habitué à des diatribes anti-algériennes dans ses différents discours dénote par un ton de convenance inhabituel. Suscitant des interrogations. Dans ses mots concernant l’Algérie, Mohammed VI a longuement évoqué les relations entre les deux pays voisins qui, selon lui «échappent à la normalité», affichant une volonté de dépasser un blocage qui dure entre les deux pays enterrant presque la question du Maghreb. « Depuis mon accession au trône, j’ai appelé avec sincérité et bonne foi à l’ouverture des frontières, à la normalisation des relations maroco-algériennes », a insisté Mohammed VI dans ce fameux discours. Les frontières entre les deux pays demeurent fermées depuis 1994 suite aux évènements de Marrakech que les autorités marocaines ont trop vite imputés à l’Algérie. Avec pour conséquence l’instauration du visa par Rabat et une réplique en escalade par Alger qui a décidé d’appliquer la réciprocité et de surenchérir en fermant les frontières terrestres. Depuis, les rapprochements ont été particulièrement rares entre deux pays voisins qui, désormais, se tournent le dos, avec rappels sporadiques d’ambassadeurs. Du côté marocain, le ton anti-Algérie est même monté d’un cran, une situation de dénigrement entretenu par le discours officiel qui s’est soldé par exemple par un acte surréel comme en octobre 2013 lorsqu’un manifestant marocain a arraché le drapeau algérien du consulat d’Algérie à Rabat. Ce dérapage grave a très mal été reçu à Alger, d’autant plus qu’il a été perpétré le 1er novembre.

« Mécanisme de dialogue »

Les frontières fermées entre les deux pays ne feront que maintenir la situation de froid existante entre les deux pays que les médias, très souvent des deux cotés, ne feront que perpétuer par des écrits souvent acerbes où le voisin est accusé de vouloir déstabiliser l’autre. Cette fois Mohammed VI semble être allé vers un chemin inexploré (du moins dans le discours) en proposant un nouveau « mécanisme politique conjoint de dialogue et de concertation » en précisant que « le niveau de représentation au sein de cette structure, son format, sa nature » serait à mettre en place d’un commun accord ». « Le Maroc est ouvert à d’éventuelles propositions et initiatives émanant de l’Algérie » pour asseoir les relations entre les deux pays « sur de solides bases de confiance, de solidarité et de bon voisinage », dira le roi du Maroc.
Cette allocution au ton étonnamment ouvert du roi du Maroc a coïncidé avec le 60e anniversaire de la conférence de Tanger qui avait vu les mouvements de libération des pays du Maghreb se prononcer pour l’unité du Maghreb. Fait nouveau, le roi du Maroc a évoqué l’Algérie sans l’associer à la question du Sahara occidentale. La question du Sahara qui relève de la décolonisation depuis plus de quarante ans constitue un sujet de discorde entre les deux pays voisins. Cependant, le Maroc fait une fixation sur l’Algérie à propos de cette question lui dénigrant sa solidarité avec les Sahraouis. Bloquées depuis 2012, des discussions doivent débuter les 5 et 6 décembre à Genève sous l’égide des Nations unies et réunir le Front Polisario et le Maroc. Il est à rappeler que durant la période 1988-1994 lorsque les frontières étaient ouvertes les responsables de l’époque ont pu déconnecter la question sahraoui, qui relève de l’Onu, du bilatéral dans le cadre de l’UMA devenue depuis une quasi coquille vide. Le discours du roi du Maroc envers l’Algérie pourrait bien être un exercice de communication lui permettant de montrer qu’il a de « l’initiative » et que c’est bien à Alger que ça bloque. Du côté d’Alger, c’est bien une occasion, en explorant la faisabilité, de confronter cette invitation et ses « intentions » aux faits du terrain.

Dernière modification le mercredi, 07 novembre 2018 23:48

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