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dimanche, 03 juin 2018 06:00

Paiement en ligne : Les Algériens font de la résistance

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Commerce en ligne, paiement en ligne, hébergement dans le «Cloud»... autant de bouleversements à mettre à l’actif de ces deux dernières années mais passés quasiment inaperçus.

Promis à un avenir radieux depuis au moins une décennie, le commerce en ligne semble végéter et éprouver quelques difficultés à émerger malgré toutes les bonnes intentions qui l’ont entouré jusqu’à présent. Mais rien n’est pour autant perdu ! Les plus optimistes parmi les observateurs et les spécialistes de la scène numérique parient sur un destin similaire à celui de la téléphonie mobile : il y a maintenant presque 20 ans, le téléphone mobile était un produit élitiste; inaccessible ! Ce qui n’est plus le cas aujourd’hui tant il s’est démocratisé jusqu’à donner naissance à des écosystèmes économiques qui se renforcent jusqu’à présent. Et c’est ce qui est attendu du e-commerce justement, c’est d’atteindre un seuil critique en mesure de créer de l’employabilité multisectorielle et de faire jaillir, à son tour, son propre écosystème. Certes, il y a quelques années, une multitude de sites Web marchands fleurissaient sur la Toile, qui ne manquaient ni d’arguments de vente ni de produits à proposer à leur clientèle. Certains sites offraient même de récupérer le produit acheté auprès d’un point relais à proximité du lieu de résidence de l’acheteur.
Seulement, ils avaient tous en commun ceci : l'impossibilité de payer en ligne ou alors seulement par mandat postal, ce qui prenait beaucoup de temps et nécessitait tout même au client de se déplacer à une agence postale pour régler son achat ! Un coup d’épée dans l’eau en somme... La plupart de ces sites sont aujourd’hui inaccessibles et ceux qui ont résisté souffrent toujours de l’incapacité d’offrir à leurs clientèles un moyen, disons consensuel, de payer en ligne.

Et le paiement en ligne fut !
En tout cas, pas avant la date d’octobre 2016, quand, officiellement, le paiement sur Internet par carte CIB a été lancé. A l’époque, il s’agissait, dans une première phase, de tenter la chose avec les grands facturiers que sont les compagnies de téléphonie, les services des eaux et d’énergie, les compagnies d’assurances et le transport aérien.
Ces derniers étaient devenus des Webmarchands; et ils sont maintenant un total de 19 à avoir adhéré au système de paiement en ligne interbancaire, mis en place en 2017 par le GIE-Monétique, composé de 19 membres adhérents, dont 18 banques et Algérie Poste. Et durant douze mois, ils ont généré un total de 102 534 transactions. On se réjouit même que le total mensuel des transactions soit passé de 1 000 à 10 000 opérations/mois, soit un multiple de 10. Dans le détail, 82% des opérations de paiement en ligne sont réalisées depuis les sites Web des opérateurs télécoms, 11% auprès de grands facturiers, 6% sont des opérations d’achats de billets de voyage en ligne et 2% sont des contrats d’assurance. Ce n’est pas l’eldorado mais il est clair qu’un moyen de paiement en ligne existe bel et bien.

«98 vs 2» !
Pourtant; si l’on revient au commerce en ligne, il est intéressant de s’attarder sur une indication qui en dit long sur ce que préfèrent les nôtres. Ce que dit Nouha Benkouider, directrice de la communication pour Jumia Group, détenteur de plusieurs plates-formes de vente en ligne à l’international et en Algérie, est sans appel : «Le mode de paiement préféré en Algérie, entre ceux qui paient avec la CIB et ceux qui préfèrent payer à la livraison est le suivant : paiement à la livraison 98%;  autre 2% !» Il ne s’agit nullement de dire ici que le commerce en ligne ne s’épanouira jamais en Algérie tant que son corollaire, le paiement en ligne, ne deviendra pas le canal de paiement adopté par le plus grand nombre. Mais seulement de comprendre le pourquoi du comment et y apporter les réponses appropriées. Dans ce sillage, Mme Benkouider apporte un éclairage précieux : «Pour le consommateur, le paiement à la livraison est une garantie, 90% des consommateurs interrogés dans le cadre d’une étude que nous avons réalisée affirment que même après la généralisation du paiement en ligne, ils continueront à payer cash à la livraison [car] tous estiment qu’une procédure pour récupérer son argent en cas d’insatisfaction n’est pas garantie (dans le cas d’un pré-paiement), ni sans ‘’cassement de tête’’ – pour reprendre leur expression –, ce qui justifie leur décision de maintenir le paiement en dernier», affirme-t-elle. A ses yeux, c’en est même une question de mentalité ! «Cette tendance n’est pas propre à l’Algérie. Le paiement à la livraison est le mode préféré sur le continent africain. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, cette méthode est préférée et dépasse 60% de pratique même dans des pays où d’autres modes de paiement existent en Afrique», enchaîne-t-elle. A une question sur le pourcentage des achats en ligne à l’international depuis l’Algérie, là aussi, «seulement 6% de la population algérienne pratique l’e-commerce à l’international». C’est dire qu’il y a encore loin de la coupe aux lèvres ! Quoi qu’il en soit, il semble que ceux parmi les acteurs, institutionnels surtout, du numérique qui mettaient sur le compte du «blocage d’ordre culturel» la lente émergence du commerce en ligne dans le pays aient... tout compte fait... raison.

Hébergement en ligne, l’autre transformation
Si l’horizon du e-commerce et du e-paiement dans le pays semble se dessiner peu à peu, coup de tonnerre, en revanche, dans le ciel, jusque-là dégagé et plutôt clément, de l’informatique dans les nuages ! Hébergeurs Web et toute entreprise qui, dans son catalogue d’offres, est appelée à stocker les données de ses clients, seront dorénavant tenus de le faire ici-même en Algérie, dans des infrastructures implantées sur le sol national. L’Autorité de régulation de la poste et des télécoms (ARPT) l’a décidé, en approuvant et en publiant le nouveau cahier des charges relatif aux services d’hébergement et de stockage de contenus informatisés au profit d’utilisateurs distants dans le cadre des services dits d’informatique en nuage, lire en anglais le Cloud Computing. Des services qu’elle assujettit à une autorisation, soit dit en passant ! Mais au-delà du caractère réglementaire et formel que revêt le document, il est intéressant de s’attarder sur les obligations du titulaire de l’autorisation de fournir ce genre de services : il est désormais obligé d’implanter son infrastructure d’hébergement et de stockage de données sur le territoire national et de garantir que celle-ci soit établie au moyen d’équipements intégrant les technologies les plus récentes et les plus avérées; mais surtout de garantir que les données des clients soient hébergées et stockées sur le territoire national. Mais pourquoi une décision, a priori ordinaire, pourrait avoir des conséquences « chaotiques » sur tout un pan du secteur de l’économie numérique ? Simplement parce qu’à la lumière de ce texte, les entreprises algériennes qui proposaient des services d’hébergement de contenu informatisé ne peuvent plus recourir, en sous-traitance, à des sociétés d’hébergement localisées en dehors du territoire national, principalement en Europe et aux Etats-Unis. Ces «mastodontes numériques», des références en la matière parce qu’elles ont ce qu’il faut - des équipements hautement technologiques en taille et en qualité que ne possèdent pas nécessairement toutes les entreprises algériennes - étaient devenues le «réflexe» des nôtres, qui vendaient en dinars méga et giga-octets d’espaces de stockage pour héberger un site Web ou une solution de gestion distante à leur clientèle, après les avoir initialement achetés à coups de cartes de paiement crédités eu euros ou en dollars. Evidemment, là n’est pas le propos, mais toujours est-il que cette pratique pouvait sembler préjudiciable sur le plan technologique : devenue systématique, elle encourageait ce qui pourrait s’apparenter à une « fainéantise numérique » de la part de nos entreprises qui finissaient par ne plus chercher à investir un centime dans l’acquisition d’équipements ou de technologies dédiés à l’informatique dans les nuages. Le propos, véritablement, est dans l’accueil fait par les acteurs du numérique de ce nouveau cahier des charges et, bien plus, dans son impact sur leur survie ainsi que celle de l’économie et de l’écosystème numériques encore balbutiants.

Simple quiproquo...
Avant d’entrer dans le vif du sujet, il faut savoir que cette décision ne constitue pas un précédent. La même condition est contenue dans la loi sur le commerce électronique, votée en février dernier, veut que les webmarchands hébergeront leur site d’e-commerce en Algérie. Cependant, contrairement aux webmarchands, dont la voie semble avoir été balisée, c’est le destin de centaines d’entreprises spécialisées dans l’hébergement de sites Web ou dans le stockage de données clients qui risque de leur filer entre les mains. De cet avis, Issam Bekhti et Djamel Khelifati, tous deux à la tête d’entreprises de services informatiques depuis plus d’une décennie, ils ont en commun de parler de la « disparition » de bien de leurs semblables. M. Bekhti étaie son propos : « Ce cahier des charges a un caractère souverainiste ; il vise à garder les données algériennes en Algérie, ce qu’on peut comprendre pour des ministères ou des sociétés étatiques ayant des informations très sensibles, mais pour le reste, si on veut entrer dans le grand jeu mondial du Big Data [d’importants volumes de données échangés, Ndlr], ce n’est pas en obligeant les sociétés à héberger leur contenu ici, mais en devenant plus attractifs en matière d’hébergement. » Au final, aux yeux de M. Bekhti, ce n’est pas la décision en elle-même qui pose problème. « Le plus gros du problème en Algérie, ce n’est pas les data centers [fermes de données dédiées au stockage ; Ndlr], mais c’est surtout le monopole d’Algérie Télécom sur la bande passante. C’est un monopole qui, conjugué à un management très bureaucratique, fait fuir les compétences et cause beaucoup de retards au secteur ». En filigrane, cette dernière explication renvoie à la raison qui pousse, quasi systématiquement, les entreprises algériennes d’hébergement de sites Web à solliciter les services de leurs homologues étrangères. « Internet ne connaît pas de frontières et l’Etat n’a ni les moyens ni les compétences pour orienter le marché du [Cloud Computing] qui n’obéit qu’à une seule logique, celle du prix et de la qualité de la prestation. En Algérie, on ne pourra pas être concurrentiel avec les géants mondiaux parce qu’ils ont les meilleurs administrateurs système qu’ils payent très bien. Sans parler des infrastructures. Tout cela oriente le choix des clients et des agences web vers les meilleurs en qualité de prestation afin de ne pas avoir de problèmes avec leurs clients au quotidien », dit-il. Et pour ceux qui pourraient encore avoir quelques doutes : « Il faut connaître ce qu’est le stress que génère une panne de serveurs contenant des centaines de sites et leurs e-mails dont les propriétaires appellent tous en même temps !» Et d’insister en particulier sur le fait que « si le gouvernement veut relancer le secteur des TIC, il faudrait régler le problème central au sein de la matrice qui consiste à apporter des réponses concrètes à la question : qui s’occupe de la fourniture de la bande passante ? ; pour le moment, c’est Algérie Télécom et le résultat est catastrophique parce que la décision est politique, mais économiquement, ce n’est pas viable. Donc, ou bien on réforme le système de management d’Algérie Télécom en débureaucratisant et en donnant beaucoup de privilèges aux compétences ou alors, on multiplie les fournisseurs de bande passante avec les conséquences qui pourront en découler ». Et le mot de la fin : « Le texte ne prend pas en considération le cas des revendeurs de services d’hébergement qui constituent une grande partie des commercialistes de services d’hébergement, ce qui risque de créer un vide juridique […] ». En ce qui le concerne, M. Khelifati, taciturne, n’en pense pas moins et résume la chose en ces mots : « C’est la mort subite !» Néanmoins, l’Arpt, auteur du texte, se défend de vouloir porter atteinte à un pan de l’économie numérique. Au contraire, elle dit vouloir protéger les investisseurs et leur garantir un environnement de travail réglementaire et transparent.
D’autant que l’Arpt a travaillé sur cette réglementation depuis au moins 2012. Et le temps a fini par lui donner raison, puisqu’il y a à peine un mois, c’est toute l’Union européenne qui a reconsidéré sa politique de gestion et de protection des données personnelles des utilisateurs, en renforçant leur protection. Une chose est certaine, le numérique en Algérie est loin d’être un fleuve tranquille; et c’est tant mieux !
Dernière modification le dimanche, 03 juin 2018 23:28

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