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jeudi, 10 janvier 2019 10:04

Tipasa / L’esprit de Yennayer a flotté sur le complexe culturel du Chenoua

Écrit par Seddiki Djamila
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Le début des festivités marquant la célébration du nouvel an amazigh 2969, par l’Office national de la culture et de l’information a été, mardi, un moment festif pour de nombreuses familles accompagnées de leurs enfants habillés pour la circonstance de la célèbre tenue kabyle qui a donné une ambiance spéciale et colorée autour d’une gaâda organisée dans le hall du complexe. Cette fois, le nouvel an amazigh 2019-2969 est célébré sous le slogan « Notre patrimoine, notre identité ».


Les festivités ont débuté par une conférence animée par Abdelkader Bouchlaghem un universitaire, animateur radio et fervent défenseur du patrimoine local, précédée de la visite de l’exposition d’objets de l’artisanat local et national sans oublier les déclamations poétiques clôturées par un concert de musique chenouie connue sous le nom de Daynen.
Devant un public composé en majorité de familles et de leurs enfants, très dissipés créant une ambiance de récréation, Abdelkader Bouchlaghem s’est voulu pédagogique et a dû s’égosiller pour expliquer la signification du nom Yennayer, qui veut dire le premier mois de l’année en insistant sur le fait que cette journée est célébrée dans toute l’Afrique du Nord et coïncide avec le 12 janvier du calendrier grégorien.
Selon l’orateur, 2969 est donc l’année de Yennayer qui remonte à un événement très important pour les amazigh du temps de Shechnak, un roi de la tribu machaouch d’Afrique du nord, qui travaillait avec les pharaons d’Egypte. En 950 avant JC, il accède au trône et devient lui même pharaon et c’est cette date d’intronisation qui a été retenue comme année zéro pour débuter le nouvel an amazigh fêtée par tous les peuples de la région. Le calendrier berbère est lié aux saisons agraires, dira-t-il, car, à l’époque l’agriculture était le seul moyen de subsistance (figues, olives, céréales, oranges).
Depuis la reconnaissance de cette date par les pouvoirs publics, qui est devenue un jour férié célébré le 12 janvier de chaque année, le HCA (Haut Commissariat à l’Amazighité) a décidé de célébrer cette date chaque année du 08 janvier au 18 janvier.
Sur le plan culinaire, ajoutera le conférencier, cette journée est marquée par la préparation du berkoukess, et d’autres plats à base de plantes dont les fameuses « tikourine » ou « kouirettes » et les tables des familles sont achalandées de grandes corbeilles en osier composées de fruits secs oléagineux cacahuètes, noix, noisettes et autres Fruits forestiers sauvages tels que les glands et châtaignes connues sous le nom de trez, car composées de 13 fruits.
Les tikourine, connues ailleurs sous le nom de «Tikerbabine», est le plat par excellence pour accueillir le nouvel an amazigh dans la wilaya de Tipasa, un plat hérité et destiné à honorer les ancêtres que les familles ne peuvent pas ignorer pas car faisant partie de la tradition locale. Selon Abdelkader Bouchlaghem les tikourine sont un plat très prisé par les familles, très nourrissant car préparé à base de semoule mélangée à des plantes aromatiques diverses, dont le fenouil, le thym, et la menthe pouliot, entre autres, qui sont finement hachées, avec de l’ail et de l’oignon, également hachés et épicés, avant de mélanger le tout et en confectionner de petites boulettes qui sont cuites à la vapeur.
Les Tikourines et les Trez, un rituel de Yennayer
Selon Djamila, membre de la défunte association des amis du mont Chenoua, la cuisine à base d’herbes occupe une place prépondérante dans la nourriture des habitants du Chenoua, l’hiver et le printemps sont les saisons les plus indiquées pour cette consommation.
Les plus célèbres sont les fameuses Tikourine (boulettes d’herbes et de semoule cuites à la vapeur) composées de pas moins de treize espèces de plantes (Fliou, Izaâthrine, Minstha, El kasvar, Bibras, Mouther, Izlith, Averghenis, Sounadjam...) auxquelles sont additionnés la semoule, le piment fort et l’ail... Selon elle, les boulettes obtenues sont consommées chaudes, accompagnées d’une soupe à laquelle on ajoutera de l’huile d’olive qui composeront un repas pris, généralement le soir, les chenoui ont toujours pour coutume de s’interdire la consommation d’eau, au moins pendant la durée de la digestion pour laisser le temps aux plantes de faire leurs effets bénéfiques sans en altérer les vitamines.
Pour la population locale, ce plat traditionnel, fait essentiellement de semoule et d’herbes, est le reflet vivant de l’esprit de la célébration de Yennayer, car exprimant la relation profonde liant les Amazighs à la terre et à l’agriculture que ce soit au Chenoua, à El Beldj, Cherchell, et tout au long du littoral Ouest, de Sidi Ghilés à Damous et vers le Sud à Sidi Amar et Menacer.
Yennayer, c’est aussi la fête chez les commerçants et au niveau des marchés de Tipasa, Hadjout, Koléa et Cherchell, dont les ruelles et étals sont apprêtés pour l’occasion, par les commerçants de la place, qui redoublent d’ingéniosité pour achalander leurs locaux et tables, où trônent des pyramides de fruits secs et friandises (Trez), et autres tas d’herbes aromatiques fraîches nécessaires pour les tikerbabine lesquelles confèrent véritablement aux rues un esprit de Yennayer.
Toujours selon Djamila chez les familles chenouies de la région de Tipasa la célébration de Yennayer, le nouvel an berbère, qui correspond à l’année 2969, est un rituel auquel on se consacre du 10 au 14 janvier de chaque année avec à la carte un menu spécial et une soirée où les personnages des contes et légendes fantastiques régnaient, autrefois, en maîtres.
Le passage à la nouvelle année représente pour les habitants du Chenoua (Ichenouiyene) et des autres zones berbérophones de la wilaya, une date importante en ce sens que les familles se préparaient, avant, pendant toute une semaine, à partir du 1er janvier, en procédant au chaulage des maisons, et en parsemant les entrées de leurs demeures, la veille de la célébration, de diverses plantes récoltées sur place dans la forêt pour parfumer, d’une part, et éloigner les «ondes négatives» quelles soient liées à des maladies ou aux «mauvais esprits» errants, selon les croyances locales. D’autre part ce rituel sert, également à fructifier le ménage et nettoyer les lieux en se préparant à sortir des longues nuits hivernales et sombres ce qui n’est, hélas, plus le cas aujourd’hui.
C’est une fête familiale, par excellence, mais aussi celle des enfants qui reçoivent leurs petits paniers en osier (autrefois) ou en plastique (aujourd’hui) plein de victuailles et de sucreries pour aborder symboliquement le nouvel an dans les meilleures conditions et le ventre plein de bonnes choses.
En ville les commerçants, pour qui la fête est une occasion pour faire bonne recette, se mettent aussi de la partie en plantant, plusieurs jours à l’avance, le décor offrant des étalages des meilleurs fruits oléagineux (noix, noisettes, amandes et autres cacahuètes) sans oublier les confiseries diverses et les paniers de fruits secs et frais qui créent une ambiance festive.
Le nouvel an berbère, célébré du 08 au 18 janvier 2017 qui correspond à l’année 2969, cette année, colle au calendrier berbère, découpé en 12 mois, et utilisé depuis l’Antiquité par les peuples d’Afrique du Nord (les Kabyles, les Chaouias, les Rifains sans oublier les Touaregs...). Bon Yennayer et Assegaz Amegaz est le mot d’ordre durant ce week end.

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